Communiqué
L’ancien député Abel Descolllines déclare exprimer sa consternation face à l’attitude des autorités dominicaines vis-à-vis de la République d’Haiti. Le porte parole de la Concertation politique pour un compromis historique se dit scandalisé par la tournure que prennent les événements dans le cadre des relations entre les deux pays. Abel Descollines dit attendre les explications des autorités sanitaires du pays au sujet des pochettes de sang contaminés qui proviendraient de la République dominicaine. Si cette affaire est confirmée, il conviendrait pour le gouvernement haïtien de porter plainte par devant des instances internationales, conseille Abel Descollines.
Il faudra déterminer la provenance des pochettes. S’agirait -il d’un laboratoire qui relève de la responsabilité directe du ministère dominicain de la santé, se demande l’ancien représentant de Mirebalais ? Sinon, quel serait le niveau de complicité des autorités de ce pays ? Pour monsieur Descollines, Il est indispensable d’établir Les circonstances.
Entre temps, le porte parole du CADOA et de la concertation politique réaffirme son soutien indéfectible à l’initiative de la population de Ouanaminthe concernant le processus de construction du canal.
Par ailleurs, l’ancien parlementaire dit déplorer le comportement des membres du gouvernement haïtien qui n’ont jusqu’à présent pris aucune initiative visant à consulter les forces vives de la nation autour de la problématique des relations haitiano-dominicaines. De l’avis du dirigeant de la concertation politique, pendant que la partie haïtienne agite dans l’émotion et la sensation, les dominicains quant à eux, prennent des initiatives et entérinent des actions.
À ce propos, monsieur Descollines fait référence à l’initiative du président Luis Abinader qui a déjà réuni des représentants de partis politiques et d’autres secteurs de son pays en vue d’un nouveau pacte devant définir les relations avec Haïti. Pour Abel Descollines, il est plus que nécessaire pour Haïti de redéfinir ses relations avec la république voisine. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’il propose à l’Etat haïtien de dénoncer de façon formelle, le traité d’amitié de 1929 liant les deux pays. Peuvent être également concernés, des accords bilatéraux signés entre Haïti et la République dominicaine.
« Nous ne pouvons pas continuer à subir les violations systématiques d’un pays avec lequel nous avons un traité d’amitié », a scandé l’ancien député de Mirebalais. Il est irréversible pour la république d’Haïti de revoir les termes de sa coopération bilatérale avec les voisins dominicains. Sans se moquer de la République dominicaine pour ses progrès considérables en matière de développement, Haïti devrait pouvoir fixer de nouvelles règles. C’est pourquoi, la concertation conseille au gouvernement haïtien de constituer un comité d’experts devant formuler des recommandations à tous les niveaux des relations entre les deux pays.
Il est absolument souhaitable de privilégier la voie diplomatique pour résoudre des différends avec l’Etat dominicain, concède monsieur Descolllines. Néanmoins, l’ancien parlementaire estime que nous devons prendre le temps de nous préparer à l’exercice des négociations diplomatiques. À en croire monsieur Descollines, l’agenda des médiateurs de l’organisation des États américains ( OEA) dans le cas qui concerne Haïti et la République dominicaine pourrait être défini suivant l’articulation des objectifs.
Dans la même veine, Abel Descollines propose au gouvernement haïtien de prendre des dispositions afin de faciliter la disponibilité des produits alimentaires sur le marché national. En effet, Pour pallier au blocage de l’importation des produits dominicains, la concertation demande à l’Etat de passer directement des commandes à travers d’autres pays. Une fois que les produits auront été livrés, le gouvernement négociera la vente et la distribution auprès des grossistes à travers les dix départements géographiques. De l’avis d’Abel Descollines, le peuple haïtien qui est déjà en proie à un phénomène d’insécurité sans précédent ne doit pas être livré aux émeutes de la faim. Le boycottage des produits dominicains sur le marché haïtien peut être un trompe l’œil si rien n’est fait pour compenser la rareté de certains produits indispensables à la consommation.
Pour Abel Descollines, le gouvernement haïtien serait bien inspiré s’il parviendrait à mobiliser des fonds d’urgence en faveur de la relance effective du secteur agricole. Une telle disposition pourrait nous aider à contredire la Prophetie humiliante du ministre dominicain de l’Agriculture. Ce dernier a en effet prédit que les haïtiens ne pourront pas résister plus que deux mois sans avoir recours aux produits dominicains. Il faut croire que les sanctions internationales visant des nantis du monopole dans le secteur de l’importation et du commerce pourraient entraîner une carence des produits sur le marché national. Il convient pour l’Etat de se montrer proactif.

