20 mai 2026
L’ambassadeur de France au Niger de retour à Paris après des tensions avec le gouvernement militaire
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L’ambassadeur de France au Niger de retour à Paris après des tensions avec le gouvernement militaire

Paris, France – L’ambassadeur de France au Niger, Sylvain Itte, est de retour à Paris après des semaines de tensions avec le nouveau gouvernement militaire du pays ouest-africain. Le gouvernement militaire avait demandé son expulsion à la suite du renversement du président élu démocratiquement, le président Mohamed Bazoum.

La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a rencontré Sylvain Itte « pour le remercier, ainsi que son équipe, pour son travail au service de notre pays dans des conditions difficiles », a déclaré le ministère dans un communiqué adressé à l’agence de presse AFP.

Itte a quitté Niamey avec six de ses collègues aux alentours de 4 heures du matin, selon une source diplomatique citée précédemment par l’AFP.

Dimanche, le président français Emmanuel Macron avait annoncé lors d’une interview télévisée que l’ambassadeur quitterait le pays « dans les prochaines heures ».

Les dirigeants militaires du Niger, qui avaient demandé à Itte de quitter le pays après avoir renversé Bazoum le 26 juillet et lui avoir retiré son immunité diplomatique et son visa, ont salué cette annonce.

Cependant, malgré un ultimatum de 48 heures qui lui avait été donné en août pour retourner en France, il est resté, car Paris refusait de se conformer ou de reconnaître les nouveaux dirigeants militaires. Paris avait déclaré que seul le gouvernement destitué de Bazoum pouvait ordonner le départ de l’ambassadeur.

Plus tôt ce mois-ci, Macron avait déclaré qu’Itte vivait comme un otage à l’ambassade française et avait accusé les dirigeants militaires de bloquer les livraisons de nourriture à la mission.

Né dans la capitale malienne Bamako en 1959, Itte était ambassadeur au Niger depuis un an. Il avait précédemment été ambassadeur en Uruguay et en Angola.

« Retour à l’ordre constitutionnel »

Par ailleurs, le bureau de Macron a réitéré le soutien de la France à l’ancien président Bazoum.

Il avait déclaré à Hassoumi Massaoudou, ministre des Affaires étrangères du gouvernement renversé, que la France continuerait à œuvrer « pour un retour à l’ordre constitutionnel au Niger », a indiqué le palais de l’Élysée.

Macron avait également déclaré lors d’une interview télévisée dimanche, en plus de l’annonce du départ de l’ambassadeur Itte, que les troupes françaises se retireraient du Niger « dans les mois et semaines à venir » avec un retrait complet « d’ici la fin de l’année », une autre demande du régime nigérien.

Dans l’interview, le président français avait également déclaré que la coopération militaire entre les deux nations était « terminée ».

À Niamey, des milliers de personnes ont organisé quotidiennement des manifestations près d’une base militaire abritant des soldats français pour exiger leur départ. La France compte environ 1 500 soldats dans le pays dans le cadre de la lutte plus large contre les groupes liés à al-Qaïda et à l’État islamique.

Le coup d’État contre Bazoum était le troisième coup de ce type dans la région en autant d’années, suivant des actions similaires dans les anciennes colonies françaises du Mali et du Burkina Faso en 2021 et 2022 respectivement.

Les coups d’État précédents avaient également entraîné le retrait des troupes françaises.

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