10 octobre 2026
Me Luckson Dantès : Lettre historique ouverte à l’Afrique
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Me Luckson Dantès : Lettre historique ouverte à l’Afrique

Me Luckson Dantès, Avocat 
//Barreau de St-marc// 
Le Paysan des Verrettes 
lucksondantes12@gmail.com 
Tels: (509) 38544723 (WhatsApp) // 41071457

Verrettes, Haïti, le lundi 14 Août 2023  

Lettre historique ouverte à l’Afrique  

Chers (es) tantes et oncles, cousines et cousins consanguins, consœurs et confrères  professionnels, sœurs et frères spirituels, filles et fils de notre patrie lointaine, l’Afrique, nous vous  saluons avec amour, fraternité et patriotisme.  

Au Grand Architecte de l’Univers qui a entendu et fait suite à nos Cris au secours, nous  brûlons de l’encens et allumons des cierges d’honneur.  

Nous avons beaucoup prié et gardé l’espoir. Nous croyions fermement que nous ne  partirions pas pour l’orient lointain et éternel sans vous rencontrer un jour. Vous avez passé  beaucoup de temps à nous rechercher. Nous le savons très bien. Traditionnellement, nos vieux  parents ont toujours témoigné de votre générosité envers eux. Et nous, nous gardons les bons  souvenirs de ces choses.  

Lorsque les sauvages insensibles de l’Europe avaient enlevé de force nos bons vieux parents  de l’Afrique, certains n’ont pas eu le temps même de dire adieu à leur famille, voire rendre une  dernière visite aux petits voisins et amis des villages. Alors que les moyens de communication de  l’époque n’étaient point accessibles à tout le monde. De fait, nos mères et pères étaient privés de  tout. On a enlevé des fillettes de dix ans et des garçonnets de douze ans; parfois, au retour de l’école.  Ne voulant pas vous faire pleurer au réveil d’une histoire tragique, nous nous réservons. Mais  laissez nous vous dire tout simplement que l’enfer a commencé le jour même de leur enlèvement  brutal.  

Il n’y a pas eu vraiment de traites parmi vous au sens que des historiens racistes et égoïstes,  ardents défenseurs des idéaux coloniaux de l’époque à l’exemple de Moreau de St-Méry,  voudraient-ils nous l’apprendre. Nous les noirs, nous nous aimons trop pour trahir nos sœurs et  frères, cousines et cousins, tantes et oncles, nièces et neveux voire nos filles et fils. Nous avons la  peine de voir des contemporains éclairés se glissant sur les mêmes pentes que les historiens aux  idées préconçues dont certains d’entre eux furent propriétaires de terre et d’esclaves et d’autres  travaillant pour la Couronne de France.  

Bien que nos ancêtres aient été enlevés de l’Afrique à destination inconnue, ils gardaient  l’héroïsme africain au point qu’ils ont vaincu les colons jusqu’à fonder en Amérique la Première  République Noire libre de la Sphère humaine. Vous vous souvenez de François Dominique  Toussaint, le Prince des Aradas? Oui, le fils des époux Pauline et Hyppolite. Jean-Jacques  Dessalines lui-même naquit d’ici à Cornier dans la grande Province du Nord. Eh bien, c’étaient eux mêmes en compagnie des braves gens comme Henri Christophe, l’incendiaire du Cap; François  Capois, le héros de Vertières; Magny et Lamrtinière de la Crête-à-Pierrot et autant d’autres qui, à  peine de sang, ont tué l’espoir de Napoléon Bonaparte consistant à pérenniser l’entreprise servile.  Il y avait beaucoup de héroïnes à l’œuvre, entre autres Claire Heureuse, l’impératrice; Marie Jeanne,  la confidente de Dessalines; Catherine Flon, la couturière de l’Arcahaie; le Manbo de Sainte  Suzanne; Sanite Belair, la lieutenante des Verrettes etc. Vous avez bel et bien partagé leur histoire.  

Femmes et hommes de la race intelligente, la nouvelle de votre prochain voyage dans les  Antilles américaines a fait écho dans le monde, connaissant la destination principale. Nous, les  patriotes fidèles au nationalisme dessalinien, avons honte des motifs de ce voyage. Oui, nous  avions à cœur de vous retrouver et nous ne pouvons pas attendre de ce jour. Mais nous aurions  préféré d’aller vous voir chez vous ou chez un voisin. Telles déclarations vous surprennent, n’estce  pas ? Nous sommes persuadés que vous savez les raisons mieux que nous.  

Race! La vie n’est pas bonne ici. Nos anciens parents ont eu de mauvais modèles: les maîtres  stupides de l’Europe. Les héritages honteux à nous léguer ne garantissent pas notre bonheur. À  Quisqueya Bohio, nos entrailles n’étaient ni éduquées ni instruites à l’exception de quelques rares  sang-mêlé. Quant aux bossalles, c’était de la bestialité. L’historien Jean Fouchard nous apprend  qu’ils étaient «mal nourris, mal vêtus et mal logés». La moindre infraction était punie de mort.  Disons, en effet, que le Code noir fût strictement appliqué.  

 Vos parents enlevés injustement d’Afrique étaient contraints à l’amplification de la barbarie  européenne répudiée par toutes les civilisations. Ils vivaient à Saint-Domingue dans une ambiance  d’enlèvement et de séquestration contre rançon des personnes comme il a été le cas des bossalles. 

Vous vous en souvenez ? Les blancs violaient nos marabouts d’Afrique : dames mariées, servantes  de maison, fillettes domestiques etc. Tout se faisait au vu et au su des esclaves. Ceux qui  maîtrisaient les armes ou ayant l’art de la guerre étaient fréquemment utilisés dans des conflits  terriens opposant les maîtres entre eux. Et par conséquent, beaucoup de terrains ont été accaparés  de force. Pour ceux qui ont eu la vertu des Divinités africaines, ils étaient impliqués dans des  pratiques sorcières. Bref, ils prenaient des terres, incendiaient des industries, enlevaient et tuaient  des blancs pour blancs. Voilà donc les meilleures écoles de nos Héros de Liberté.  

Race, ce sont là les héritages sacrés de notre passé colonial. Tels maîtres, tels esclaves.  Nous avons du mal à divorcer des pratiques bestiales de nos anciens bourreaux français. Des efforts  ont été faits au cours des ans. A chaque pas, on infiltre nos mouvements populaires. Nombreux  sont-ils. Que dites-vous du «Bwa Kale»? Ça aurait pu marcher, n’est-ce pas ? Mais hélas, les  néocolons noirs, serviteurs à gage de la Métropole battue par les armes Dessaliniennes, sont aussi  nombreux et puissants que nous. Un mal pour un bien quand même ! Car, si le «Bwa Kale »  marchait, nous ne pourrions pas vous voir facilement. Là où vous viendrez sous peu, même un  passeport est réservé aux chefs et aux plus offrants.  

Vos sacs sont prêts. Bientôt vous prendrez les mers. Des millions de dollars américains sont  prévus pour votre mission. Alors que notre Police et notre Armée puissent résoudre le problème  des gangs travaillant sans repos pour des patrons de tous horizons, toutes couleurs et toutes langues;  ayant des fois l’autorité politique, civile, policière ou militaire. Vous les connaissez aussi bien que  nous, car les secrets de l’insécurité haïtienne, principal motif de votre prochain voyage, sont censés  connus de tous.  

Nous pouvons former en Haïti, d’aussi bons policiers et soldats que ceux de nos oppresseurs  occidentaux. Nous en avions la bonne habitude. Rappelez-vous de notre histoire révolutionnaire.  Quoique cela, des semblants collaborateurs sans honte osent traiter nos valeureux guerriers de  vanu-pieds. Attention Race! Vous viendrez participer à la résolution d’un problème dont les  coauteurs sont encore là. Donc, veuillez les solliciter la bonne formule et les demander aussi d’en  participer activement. Ainsi, vous sortirez têtes hautes dans l’allégresse de nous visiter et enfin  retourner en Afrique avec les sentiments d’un travail bien fait, du problème résolu et de la mission  accomplie.  

Race, veuillez -vous demander l’autorisation de travailler sur des dossiers criminels tels que  les assassinats des étudiants dont Grégory Saint-Hilaire, le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de  Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, le feu Président Jovenel Moïse, l’ex sénateur Yvon  Buissereth, le leader du RDNP Érick Jean-Baptiste sans compter les crimes d’État sur les  populations de la Petite-rivière de l’Artibonite, de Liancourt,… et des Verrettes; des dossiers  financiers tels que les dépenses de la CIRH de Bill Clinton, l’utilisation des Fonds Pétrocaribe, la  collecte des 1.50 sur les transferts internationaux de l’ancien président Michel Joseph Martelly, …  et les 25 stades du PM Laurent Lamothe; des dossiers de corruption impliquant des hauts gradés  de l’État au travers de FAS,ONA, OFATMA, ODVA, CNE etc.  

 En tout cas Race ! Loin de nous l’idée développer chez vous une psychose de peur par une  estimation idiote de votre génie politico-militaire. Notre démarche consiste seulement à vous en  attirer l’attention. On en parlera profondément lorsque vous serez là. Dès votre arrivée en Haïti, au  son des canons nous chanterons à votre honneur les plus fraternelles chansons de bienvenue. Tenez  bon, Race ! 

Me Luckson Dantès, Avocat  
//Barreau de St-marc//  
Le Paysan des Verrettes  
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