10 octobre 2026
Lutte contre les gangs au Salvador : Une méthode forte critiquée par des analystes occidentaux
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Lutte contre les gangs au Salvador : Une méthode forte critiquée par des analystes occidentaux

Dimanche 5 aout 2023 ((rezonodwes.com))–

Au Salvador, les gangs de rue exercent depuis longtemps une terreur implacable avec leurs trafics, agressions, menaces et extorsions. Le président actuel, Nayib Bukele, a adopté une méthode forte en proclamant l’état d’exception en mars 2022 et en déclarant la « guerre » aux groupes criminels. Cependant, cette approche suscite des critiques car elle a entraîné des arrestations massives et l’adoption d’une nouvelle loi permettant des mégaprocès, ce qui soulève des inquiétudes quant aux droits des accusés.

Jusqu’à présent, 72 000 personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette lutte contre les gangs au Salvador. Récemment, le gouvernement a renforcé la pression en déployant des milliers de militaires et de policiers pour boucler tout un département soupçonné d’abriter des criminels. Cette mesure inédite s’ajoute à la nouvelle loi autorisant des procès criminels regroupant jusqu’à 900 accusés, suscitant des préoccupations quant aux droits de la défense.

Certaines spécialistes, comme Christine Wade et Ellen Moodie, estiment que cette approche n’est pas une solution durable. Selon elles, les problèmes fondamentaux du pays, tels que la pauvreté, les inégalités sociales et le sentiment d’impuissance, favorisent l’allégeance aux gangs. Malgré cela, la méthode forte de Bukele jouit d’une grande popularité et pourrait lui permettre de remporter un nouveau mandat en février prochain.

Des analystes craignent que cette approche répressive puisse être exportée vers d’autres pays d’Amérique latine, entraînant une dégradation des droits de l’homme en échange d’une lutte accrue contre les gangs. Il est également révélé que les politiciens salvadoriens ont par le passé négocié avec les gangs pour diminuer la violence en échange d’incitations financières et d’un soutien politique.

L’état d’exception actuel permet des arrestations sans mandat et a soulevé des allégations d’abus, de torture et de disparitions forcées. Certains experts s’inquiètent de ce qui se passera lorsque cette période exceptionnelle prendra fin et que les personnes ayant traversé ce processus retourneront dans des communautés sans ressources pour les aider.

Par ailleurs, la violence règne également dans les prisons salvadoriennes, où les gangs exercent leur pouvoir. La construction d’une mégaprison pour 40 000 personnes soulève des inquiétudes quant à l’aggravation de cette dynamique existante.

En somme, la lutte contre les gangs de rue au Salvador suscite des débats sur l’efficacité et la durabilité de la méthode forte adoptée par le gouvernement, ainsi que sur ses implications en matière de droits de l’homme et de conditions carcérales.

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