11 octobre 2026
Officiers, sous-officiers et soldats
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Officiers, sous-officiers et soldats

« Officiers, sous-officiers, soldats, êtes-vous prêts à rejoindre la bataille contre l’insécurité ? »

C’est la question embarrassante et tragi-comique que le PM Ariel Henry avait adressée le 17 mars dernier aux 1500 membres de la nouvelle armée. Bataille contre l’insécurité ? « Kisa ? Sa w di la a ? » 

Lecteur badin et malicieux, vous aurez deviné la surprise, la réaction effarouchée de la soldatesque khaki face aux propos alarmants, belligérants et quichottesques du PM Ariel à l’endroit des bandits amis (ennemis potentiels, en cas de violation du pacte de non-agression.) 

Le lodyanseur en vous aurait ajouté : « Les soldats répondirent en chœur : Non ! On n’appelle pas ces gens-là kidnappeurs pour grand merci ! Pour nous, de l’Armée, la peur des bandits est le commencement de la sagesse ! »

Derechef, de 2017 à nos jours, on ne sait pas si un seul bandit a été « pichecanné » par un membre de l’Armée, si un seul kidnappeur a été toisé par un militaire aux abords de Martissant, si un membre de l’Armée a reçu en retour une égratignure (un petit bobo) depuis la remobilisation.

On ne sait pas combien coûte cette nouvelle armée aux deniers de l’État. 

Qui ne voudrait pas d’une armée patriotique, une vraie, dévouée à la sécurité de la population ? Pour « protéger et défendre » tout de bon. Peu de gens intelligents et décents diraient non à la sécurité pour tous. 

Néanmoins, la remobilisation de l’Armée en 2017 n’aura été qu’un acte nostalgique du président inculpé. Pour la fanfare du Palais. Pour le défilé du 18 mai. Pour la beauté du tissu. 

Au mois de mars 2023, le PM Henry aurait mieux fait d’aller visiter le local des Boys Scouts of America ou encore le local de l’Armée du Salut. Les membres de cette congrégation savent chanter. Ils ont des cymbales. Ils ne coûtent rien à l’État haïtien. 

En définitive, à quoi sert aujourd’hui la nouvelle armée ? Elle est en réserve. Pour les situations similaires à celle qui s’est déroulée devant l’Ambassade. En cas de dérapage. Pour combattre les proies faciles. Pour éviter un « pèlerinage » dans la cour du roi. Pour servir de garde prétorienne à sa Majesté Henry dans sa tentation monopoliste et totalitaire.


Castro Desroches

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