Près de 8 mois après l’assassinat de 6 policiers à Liancourt, la population civile est livrée à elle-même, dans l’indifférence des autorités du gouvernement de facto. Cette réalité laisse le champ libre au gang de Gran Grif opérant à Petite Rivière-de-l’Artibonite pour assassiner, kidnapper et rançonner les résidents.
Des résidents de Liancourt ont eu ce vendredi leur sommeil troublé après l’envahissement de la commune par plus d’une dizaine de civils affiliés au gang Gran Grif.
Selon des témoins, 5 personnes sont décédées sur place et plus d’une dizaine de blessés ont été recensés dans le camp de la population civile . Les bandits ont attaqué des résidences, pillé des entreprises commerciales et incendié des maisonnettes.
L’offensive menée par les hommes armés dirigés par le caïd Luckson Élan a provoqué une situation de terreur sans nom. À Moreau-Douet, des images de corps sans vie allongés sur la voie publique et gisant dans leur sang inondaient les réseaux sociaux. Un témoin contacté par Rezo Nodwes raconte avoir vu la mort en face. Des citoyens sont assassinés en tentant de prendre la fuite et un membre de la coalition de Ti-Mepri est sorti grièvement blessé par balle.
En milieu de journée du vendredi, la situation était restée tendue. Des tirs nourris et des menaces à la vie des citoyens ont contraint des riverains à se mettre à l’abri en lançant des appels de détresse.
La presse locale fait état d’une intervention criminelle exécutée pendant la nuit, une offensive qui a surpris la population. La mobilisation enclenchée depuis plusieurs semaines par la coalition armée de Jean-Denis, essoufflée, semble avoir renforcé les criminels.
Depuis le 26 janvier dernier, la Police est absente à Liancourt, comme à Petite Rivière-de-l’Artibonite. L’assassinat de 6 policiers affectés dans le Sous-Commissariat de la commune a bouleversé la chaîne de commandement de la PNH dans l’Artibonite avec des cas de rébellion interne.
Hervé Noël
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