12 octobre 2026
Appel Urgent de la Société Civile pour une Réponse Internationale fondée sur les Droits à la crise en Haïti
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Appel Urgent de la Société Civile pour une Réponse Internationale fondée sur les Droits à la crise en Haïti

En tant qu’organisations haïtiennes et internationales de défense des droits humains et de la société civile travaillant en Haïti et sur Haïti, nous tirons la sonnette d’alarme sur la situation catastrophique que connait le  pays  en  matière  de  droits  humains  et  sur  le  plan  humanitaire.  Nous  faisons  un  appel  aux  acteurs régionaux et internationaux à se mobiliser dans le but de d’apporter une réponse urgente, fondée sur les droits de la personne humaine.

Cette réponse doit être multiforme et ayant pour but de chercher explicitement à éviter les préjudices causés  par  les  interventions  internationales  abusives  réalisées  par  le  passé.  Une  première  étape essentielle consiste à cesser de soutenir l’ensemble des acteurs qui ont créé les crises auxquelles le pays est confronté, y compris ceux qui sont actuellement au pouvoir.

Toute   nouvelle   approche   devrait   respecter   la   souveraineté   haïtienne   et   contribuer   de   manière significative   à   l’autonomisation   du   peuple   haïtien   dans   sa   quête   d’une   véritable   gouvernance démocratique,   d’investissement   dans   la   sécurité   publique   et   la   résilience   des   communautés,   la restauration de l’État de droit et de la sécurité, la fin de l’impunité pour les violations graves et garantir l’accès aux produits de première nécessité à tous ceux et à toutes celles qui en ont besoin.

La réponse internationale fondée sur les droits devrait comprendre les éléments suivants :

Appuyer la mise en place d’un Gouvernement de Transition Légitime

•        Faciliter la mise en place d’un gouvernement de transition dirigé par des technocrates qui s’engageraient  à  ne  pas  participer  aux   futures  élections  et  qui  travailleraient  à  créer  un environnement  permettant  l’organisation  d’élections  libres,  équitables  et  crédibles  dans  un calendrier clairement défini. Ce gouvernement de transition devrait d’abord s’efforcer d’instaurer une sécurité minimale, le respect des droits humains fondamentaux et de l’État de droit, ainsi que l’accès aux produits de première nécessité à tous les Haïtiens.

Appuyer le Rétablissement de la Sécurité

•        Fournir une assistance technique adéquate en matière de sécurité à la Police nationale pour rétablir la sécurité de base dans la capitale, Port-au-Prince,  et  dans la zone métropolitaine ainsi que partout sur le territoire national. La forme de ce soutien peut couvrir des domaines tels que  la  formation,  l’équipement,  la  logistique,  le  renseignement,  l’orientation  tactique  et  le commandement, comme cela sera déterminé par le gouvernement de transition qui sera établi.

•        Supporter une surveillance indépendante sur la situation des droits humains y compris une surveillance réalisée par la société civile haïtienne ainsi que des rapports sur le comportement des experts qui seront appelés à appuyer l’institution policière haïtienne.

•        Contribuer  à  mettre  en  place  et  soutenir  un  mécanisme  indépendant  et  crédible  de contrôle au sein de la police nationale haïtienne, sous l’autorité des dirigeants de transition, dans le  but  d’identifier,  d’écarter  et  de  déférer  aux  autorités  judiciaires  les  officiers-ères  de  police,

impliqués  dans  des  actes  de  violence,  la  corruption  à  grande  échelle  ou  qui  soutiennent  des groupes criminels violents.

•        Contribuer à la mise en place de programmes spécialisés pour soutenir la réconciliation communautaire,  le  désarmement  et  la  réintégration  des  personnes  associées  à  des  groupes criminels  violents,  tout  en  ayant  une  attention  particulière  axée  sur  le  support  à  fournir  aux mineurs et jeunes adultes associés à ces groupes, tout en tenant compte de leurs traumatismes.

Soutenir la Justice et Reddition de Comptes

•        Apporter une assistance technique au système judiciaire pour renforcer les capacités de gestion des dossiers et de conduite d’enquêtes pénales, notamment la poursuite des personnes impliquées  dans  des  activités  de  grande  criminalité  telles  que  les  homicides,  les  enlèvements suivis de séquestration contre rançon avec promesse de libération, les violences sexuelles et tout autre acte de violence, la corruption et d’aide à des groupes criminels.

•        Apporter une assistance technique spécifique à la lutte contre la corruption en vue de la réalisation de procès exemplaires contre les auteurs-es et co-auteurs-es des crimes financiers.

•        Soutenir les programmes du gouvernement légitime de transition visant à améliorer les conditions carcérales et à réduire la détention provisoire.

•        Dans  toute  la  mesure  permise  par  la  loi,  demander  des  comptes  dans  toutes  les juridictions  disponibles afin  de  traduire  en  justice  les  responsables  d’incidents  de  violence,  de corruption à grande échelle et qui fournissent un support à des groupes criminels violents.

Arrêter le Flux d’Armes

•        Encourager l’adoption de mesures fortes, particulièrement  de la part du gouvernement américain, pour mettre fin aux  flux  et à la vente illicites  d’armes  et de  munitions aux  groupes criminels  violents opérant en  Haïti,  notamment  en agissant   davantage  pour faire  respecter la législation américaine en matière de ventes d’armes et les expéditions de celles-ci à partir d’une juridiction américaine, y compris les ports de Floride, en soutenant le renforcement du travail de la  police  et  des  autorités  portuaires  en  Haïti,  et  en  augmentant  le  partage  d’informations respectueuses des droits entre les gouvernements régionaux pour lutter contre le trafic d’armes dans les Caraïbes.

Soutenir le Processus de Réparation mené par les Haïtiens et Haïtiennes

•        Encourager une reconnaissance explicite par les Nations unies, les États-Unis, la France et le  Canada  de  leur  responsabilité  dans   les  préjudices  subis  lors  des  précédentes  interventions internationales en Haïti et prendre un engagement public à déployer des efforts délibérés pour s’assurer que les échecs et les abus causés lors des dernières interventions ne se reproduiront pas et à œuvrer à l’élaboration d’un processus de réparation dirigé par les Haïtiens et les Haïtiennes (la garantie de non-répétition est l’un des cinq éléments en matière réparation).

Accompagner l’Etat Haïtien en vue de Répondre Adéquatement aux Besoins Humanitaires Urgents

•        Augmenter  de  manière  substantielle  et  durable  de  l’aide  humanitaire  d’urgence  pour s’assurer que les Haïtiens, en particulier ceux des communautés les plus vulnérables, aient accès à une alimentation adéquate, à de l’eau propre, à des installations sanitaires, à des soins de santé,

à l’éducation et à l’électricité. Cette aide devrait être fournie en tenant compte du renforcement des capacités des Haïtiennes à long terme.

•        Œuvrer pour l’octroi des soins de santé spécialisés tenant compte des traumatismes subis, un  support  juridique  et  psychosocial  pour  les  victimes  de  violences  sexuelles,  qui  soit  fournis directement ou par le biais d’un support à des organisations haïtiennes.

Signataires :

Bureau des Avocats Internationaux (BAI)

Commission Episcopale Nationale Justice et Paix (CE-JILAP) Ensemble Contre la Corruption (ECC)

Institute for Justice and Democracy in Haiti (IJDH) Kay Fanm

Nègès Mawon

NouPapDòmi

Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Pierre Esperance, Directeur du Réseau National de Défense des Droits Humains – RNDDH (+ 509 37762101)

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