13 octobre 2026
CARDH : Du 24 avril au 24 juin, 204 présumés bandits et proches de gangs ont été exécutés dans le cadre du mouvement «Bwa Kale»
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CARDH : Du 24 avril au 24 juin, 204 présumés bandits et proches de gangs ont été exécutés dans le cadre du mouvement «Bwa Kale»

« Bwa Kale » : deuxième bilan et urgente ogligation de protéger

I. En guise d’introduction

Ce  document  présente  un  bilan  actualisé  des  présumés  membres  et  proches  de gangs exécutés dans le cadre du mouvement « Bwa Kale » pour la période allant du 24 avril au 24 juin 2023 et propose de nouveaux commentaires, complétant ceux du premier rapport publié le 24 mai 2023.

À date, le « Bwa Kale » a atteint huit départements sur dix. Deux-cent-quatre (204) présumés membres et proches de gangs ont été exécutés.

Dans le premier rapport, le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH)  avait  observé  un  important  ralentissement  de  toutes  les  formes  de manifestations du mode opératoire des gangs, particulièrement le kidnapping et les tueries. Le Centre avait plaidé pour un encadrement du mouvement « Bwa Kale » afin  de  contenir  les  éventuelles  dérives  (consultez  les  recommandations  dudit rapport sur : www.cardh.org).

Tout en réaffirmant la nécessité d’encadrer ce mouvement, le CARDH veut, dans sa      conclusion, attirer l’attention des autorités policières, judiciaires et gouvernementales  sur  cinq  (5)  observations  générales  (un rapport détaillé sera publié) et recommande que, de manière urgente, elles mènent des investigations et protègent les personnes et familles exposées.

II. Présumés bandits exécutés du 24 avril au 24 juin 2023

Du  24  avril  au  24  juin  2023,  204  présumés  bandits  et  proches  de  gangs  ont  été exécutés dans le cadre du mouvement « Bwa Kale » reparti sur huit départements du pays sur 10 :  Ouest : 155, soit 77.45 % ; Artibonite : 24, soit 11. 76 % ; Grand’Anse : 12, soit 5. 88 % ; Centre : 5, soit 2.45 % ; Nord Est : 2, soit 0.98 % ; Nord :

1, soit 0.49 % ; Sud : 1, soit 0.49 % ; Sud Est : 1, soit 0.49 %.

Graphique présentant la répartition géographique des présumés bandits et proches de gangs exécutés du 24 avril au 24 juin 2023.

III. Conclusion et recommandations

Les travaux d’enquête du Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH)  sur  le  mouvement  «  Bwa  Kale  »  lui  portent  à  attirer  l’attention  des autorités (police/justice/gouvernement) sur six observations.

Observation 1. Dans certains cas, le mouvement « Bwa Kale » aurait été utilisé à des  fins  revanchardes.  S’alliant  à  des  policiers  et  d’autres  inconnus,  des  gens auraient utilisé ce mouvement pour régler des comptes avec des tiers par rapport à des conflits antérieurs de nature diverse.

Observation 2. Exécutions et disparitions. Des personnes et familles auraient été exécutées et portées disparues parce qu’elles avaient des liens parentaux avec des présumés  membres  de  gangs  ou  parce  ces  derniers  auraient  utilisé  leur  espace (restaurant,  club…).  Dans  certains  cas,  des  policiers  semblent  être  complices  ou passifs. Cette observation est une conséquence directe de la première.

Observation 3. Familles vivant dans la clandestinité. Des familles ont dû fuir leurs maisons et vivent dans la clandestinité par peur d’être victimes, ce qui complique davantage leur situation.

Observation  4.  Violation du droit à la propriété. Sous  prétexte  du  « Bwa  Kale », certains biens, particulièrement des maisons, ont été détruits. Fondamentalement, la raison serait des règlements de compte.

Observation  5.  Des  familles  réduites  au  silence.  Des  familles  vivent  la  peur  au ventre. En conséquence, leurs droits d’expression, de circuler et autres sont bannis.

Le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) :

i)         alerte l’opinion publique sur cette réalité très inquiétante ;

ii)       recommande à l’inspection et la direction générales de la police d’enquêter sur certains commissariats et sous-commissariats ;

iii)       encourage les parents des victimes à alerter l’opinion sur leurs situations et à porter plainte ;

iv)        réaffirme l’obligation des autorités d’encadrer le mouvement « Bwa Kale » en vue d’une sécurité durable, respectant les principes de l’État de droit, et  d’éviter  que  la  justice  expéditive  remplace  la  justice  (la  tendance observée est que la première tend à pallier les carences de la seconde).

* Encadrement est utilisé ici dans le sens que le  gouvernement, agissant pour le compte de l’État (premier détenteur d’obligations en matière de droits humains), la police dont la mission est de « protéger et servir », les autorités locales, représentants de l’État dans leur commune et section communale respective et  les notables, jouissant d’une autorité, doivent assumer leurs responsabilités pour structurer les quartiers dans le respect de la loi.   La société civile et les leaders politiques ont aussi une responsabilité dans cette dynamique.

CARDH (Centre d’Analyse de et de Recherche sur les Droits Humains)

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