14 octobre 2026
Démantèlement des gangs : Do or Die !
Actualités Société

Démantèlement des gangs : Do or Die !

Depuis la stratégique alliance de la vaillante population avec la Police Nationale d’Haïti (PNH) pour déstabiliser les criminels qui squattérisent les villes et les bidonvilles, un vent de panique a soufflé sur Haïti. Tandis qu’il mérite des corrections, le mouvement « Bwa Kale » a déjà atteint un point de non-retour. Qu’il soit provoqué d’une force interne ou par une immixtion externe, un divorce forcé de ce mariage décent entre la population et la PNH aurait à nouveau transféré les angoisses et les répercussions y afférentes dans le camp de la population vulnérable. Une volte-face de la population serait donc fatale puisqu’elle accorderait le champ libre à ces criminels notoires qui auraient une option de résurrection alors qu’ils comptent leurs dernières heures. Eux-aussi, ils savent que l’exercice de cette fonction illicite de kidnapper et tuer des citoyens paisibles envoie de manière précoce au cimetière ou à la prison.

Sous pression locale ou internationale, la société ne peut se permettre d’accoucher l’énorme bêtise de rebrousser chemin pour laisser le terrain encore une fois au contrôle des forces ténébreuses. Sans drastiquement neutraliser ces forces démoniaques une fois pour toute, une guerre civile serait pointée à l’horizon. Haïti ne doit pas en arriver là. Avec de meilleures façons de procéder, notamment en cessant les effusions de sang, le « Bwa Kale » doit faire son petit bonhomme de chemin pour épurer les territoires que le PM impotent et la garde des sceaux invalide croyaient perdus.

Une kyrielle de vidéos devenues virales sur la toile exhibent l’exécution sommaire de plusieurs présumés assassins qui semaient le deuil au sein de la société. Également, une panoplie de publications TikTok étalent des femmes inquiétées que la clameur publique aurait accusées de maîtresses complices des chefs de gangs et qui seraient dans l’œil du cyclone du « Bwa Kale ». Innocents ou coupables, de telles images déposent des souvenirs traumatisants dans la psyché de tous ceux qui ont eu la malchance de les visionner. En dépit des torts et tortures commis par ces va-nu-pieds, la société doit en permanence garder à l’esprit que l’humanité est à un stade de progrès humain et social qui requiert que la justice soit octroyée de façon institutionnelle. Reconnaissons tout de même que c’est en raison de la complicité des leaders-bandits combinée de la perfidie des faux partenaires internationaux qui encensaient la fédération des gangs que de telles vengeances populaires se sont radicalisées.

Le Bwa Kale, à prendre avec pincette

Un courant de pensées perçoit dans cette dynamique revancharde contre des créatures cruelles une lueur d’espoir vers le rétablissement d’un climat de paix avant de festoyer la restauration de l’autorité de l’État. Puisque les bandits à sapattes et les couches vulnérables de la population sont entremêlés particulièrement à cause de la promiscuité qui prévaut dans les bidonvilles, un autre courant redoute une guerre civile ou un génocide à la Rwanda. Parallèlement, Haïti évolue depuis des années sous la domination d’une farouche acéphalie politique qui donne de la céphalée. Pas un seul élu dans la Cité truffée de détraqués, c’est un signal suffisant pour s’inquiéter de l’écoute d’une juste parole qui pourrait faire autorité.

Ce moment historique caractérisé par une absence cuisante de leadership depuis le plus bas échelon jusqu’au sommet de la représentation de l’État invite à la maturité de tous les acteurs, notamment de celle du peuple martyrisé. Dans ce vide abyssal favorable à des opportunistes politiques qui occupent les sièges prestigieux des ministères et de la primature, comment éviter le scénario génocidaire tout en améliorant l’approche « Bwa Kale » vers d’heureuses conclusions ? Une réflexion même périphérique présume que la minimisation des dégâts peut passer par la vigilance de la société civile à déléguer des responsabilités aux leaders communautaires crédibles. Les interventions des représentants religieux, des maîtres, des professeurs et directeurs d’écoles jouissant de crédit moral adéquat au sein de chaque zone peuvent contribuer à éviter des effusions de sang avant de porter les cas par devant la justice.

Les tenants positivistes qui projettent un tableau reluisant à récolter de cet intrépide mouvement « Bwa Kale » soutiennent leur position dans le fait que les bandits s’affaiblissent et deviennent aujourd’hui des proies faciles pour la population exaspérée. De nombreuses familles souffraient amèrement aux intimidations quotidiennes de ces criminels notoires. La population coulait des larmes et se surendettait pour leur apporter des rançons en contrepartie de la libération des victimes du kidnapping. « Un jour pour chasseur, un jour pour gibier », le revers de la médaille tourne en faveur de la population qui était prise en otage dans son propre espace de vie. À ce stade critique, la société doit faire montre d’intelligence en se dépassant pour éviter de prononcer des verdicts sous des impulsions revanchardes. Par cette magnanimité, c’est Haïti qui en sortira gagnant.   

Feu-Vert au Canapé-Vert pour brandir carton rouge

Par les fruits succulents de cette révolte populaire qui fait taire les sons tonitruants des mitraillettes des assassins, les esprits en quête de préoccupations sociales et des aventures touristiques s’en raffolent. Pour une fois, la diaspora nourrit l’espoir de pouvoir vaincre sa nostalgie en fantasmant de visiter sa famille et ses amis sans encourir le risque de se faire kidnapper ou tuer. Des commerçants rêvent de renouer avec le négoce entre les villes et les provinces, dans les supermarchés, à la Croix des Bossales. Élèves, étudiants, professeurs et professionnels projettent de revivre les pratiques salutaires d’aiguiser leurs savoirs pour améliorer leur capital humain dans un climat serein.

À la fin du mois dernier, le kidnapping se conjuguait uniquement au passé au point que dans certains foyers du banditisme de nombreuses personnes séquestrées ont été libérées quasiment de façon miraculeuse. Entre-temps, la justice populaire s’amplifie vraisemblablement sans exception de genre, mais aussi avec d’énormes risques d’une vengeance plus que proportionnelle qui n’écarterait pas l’erreur capitale de tuer des innocents. Les images transmises chaque jour par les tenants du « Bwa Kale » font état d’un mouvement « Muscadin » quasiment généralisé qui tend à neutraliser les bandits qui semaient la terreur au pays. Par sa portée pragmatique, le mouvement est efficace. Par exemple, il va au-delà du paradigme du Petro-Challenge. Mais, c’est dommage qu’il ne soit pas piloté par un leadership responsable afin de mieux le guider dans une tendance de justice irréprochable.  

Le compte à rebours de la fin du banditisme musclé a été déclenché au Canapé-Vert, peu après le voyage en enfer du chef de gang Ti-Makak qui assassinait un grand nombre de citoyens dont plusieurs policiers. D’autres quartiers de Port-au-Prince et des villes de province en ont emboîté le pas pour stopper les assassins dans leurs projets lucifériens. Malheureusement, il manque des analyses en profondeur avant l’implémentation du « Bwa Kale » pour éviter d’éventuels dommages collatéraux. Partant du postulat de Voltaire, il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. L’exécution d’un innocent constituerait une grave erreur que tout mouvement devrait s’atteler à éviter. Sinon, la portée salvatrice du mouvement serait hypothéquée.

Le signal paraît prometteur. Cependant, il devient aussi inquiétant en absence d’un minimum de leadership. C’est bien malheureux de constater que le PM actuel dépourvu de qualité et d’autorité à ce poste ne savait pas ouvrir la boîte au moment crucial où il le fallait. De nombreux policiers exhalaient leur dernier souffle sous les balles des criminels alors qu’Ariel Henry ne le jugeait pas nécessaire d’envoyer des sympathies aux familles victimes. Aujourd’hui, quand il se permet d’ouvrir la boîte quand la PNH et la population ont atteint les 5m50 des bandits pour y marquer des buts, il ne fait que provoquer la colère populaire. Que ce « jobber » installé par un tweet étranger ne se prenne pas au sérieux quand il invite la population à des comportements révérencieux envers ce système judiciaire corrompu et donc ce gouvernement indécent dont il est le seul pilote à bord. Évidemment, un message de paix serait à sa place. Mais, venant du neurochirurgien impassible à la peine du peuple, il devient choquant.

En revanche, que la population se rende à l’évidence qu’il n’obéirait pas aux ordres de la communauté internationale perfide ni à leur PM cynique si elle adopte la bonne attitude du pardon et de l’observation des principes démocratiques. Sans nécessairement faire couler les hématies de ces déviants et traîtres fils du pays, le mouvement de brandir des cartons rouges aux bandits à sapates et à cravates ne doit jamais cesser. C’est par cette dynamique de contrecarrer l’impunité sans forcément salir nos mains dans le crime que notre Haïti renaîtra de ses cendres. Puisse Canapé-Vert se réitérer dans tous les coins et les recoins gangstérisés du pays, mais dans une version améliorée, celle qui évite l’effusion du sang. Malgré leurs multiples crimes, c’est en prison que les assassins doivent purger leur peine. La garantie de l’application du verdict prononcé contre les auteurs matériels et intellectuels des crimes nécessite de plébisciter des citoyens dignes aux axes stratégiques de la république.

Étendre le « Bwa Kale » tout en l’assortissant de l’excellence de l’âme

Tout en étant un mouvement porteur d’espoir, le « Bwa Kale » a des faiblesses qui méritent d’être adressées notamment, particulièrement celle d’éviter les effusions de sang. Le mouvement requiert un leadership, car la foule n’a pas toujours raison. En effet, il existe rarement de mouvement humain qui ne finirait pas en catastrophe s’il n’est pas contrôlé par un minimum de leadership. Qu’il me soit loisible d’indiquer qu’au niveau communautaire par exemple, des hommes et des femmes crédibles respectables et respectés peuvent faire office d’autorités. Les maîtres, professeurs, directeurs d’écoles et représentants d’église en sont des exemples probants. Des jeunes universitaires peuvent également offrir leurs services à titre d’agents communautaires aptes à éviter des jugements fallacieux et des décalages regrettables dans ce mouvement soudain de « Bwa Kale ».

La version améliorée de ce paradigme « muscadin » devra s’étendre sur les dilapidateurs des fonds publics puis sur les traîtres de l’Occident omniscient et omniprésent dans l’exploitation des ressources naturelles des pays du Sud. Il devient un secret de polichinelle que des parlementaires, présidents, ministres, directeurs généraux au service des malveillants de la communauté internationale sont les principaux commanditaires des actes de violences perpétrés par les criminels des cachés dans les ghettos. C’est d’ailleurs de telles intrusions qui ont toujours rendu inefficientes de nombreuses opérations policières souvent infiltrées d’en haut par des hommes et des femmes pernicieux qui sont au timon des affaires. C’est à dessein qu’ils livrent les secrets de la PNH aux bandits ciblés puisqu’ils tirent des gains politiques dans le chaos. Le « Bwa Kale » doit sévir contre ces traîtres filles et fils du pays pour les mettre hors d’état de nuire.

À ce stade de déconfiture d’une système judiciaire deux poids deux mesures, la confiance dans les autorités publiques est un état d’esprit en voie de disparition. La société a quasiment la garantie qu’un criminel ne serait jamais puni à la hauteur de ses infractions. Ainsi l’exécution sommaire de nombreux bandits et de leurs acolytes passés au fil de l’épée est surtout imputable à la faiblesse de cette justice partiale qui est une femme aux yeux bandés qui voit de toutes les couleurs. Remettre les criminels à la justice, c’est donc beaucoup demander à la population victime et à des policiers témoins de l’extermination de leurs frères d’âmes par ces détraqués protégés par le cartel politique en place. Toutefois, c’est vers ce niveau de dépassement de soi qu’il faut que la société converge.

Pour des raisons morales et stratégiques, un bandit notoire ne devait pas exhaler son dernier souffle dans l’indignité ; l’approche sociétale gagnante suggère l’intervention des officiers de la justice. Sauf en cas de rébellion ou de ripostes, il faudrait empêcher que le sang du criminel soit coulé par la fureur populaire. Il n’en est pas moindre de l’environnement immédiat du bandit, ses amis et sa famille qui peuvent être d’ailleurs à certains égards des victimes non consentantes. La sanction pénale étant personnelle, la fureur populaire ne doit aucunement faire subir des châtiments aux femmes ou aux fils des bandits.

Les dilapidateurs des fonds du PetroCaribe et de la CIRH seraient prêts à tout pour éteindre la flamme du « Bwa Kale ». À ce stade, la société ne doit jamais laisser ce mouvement se fragiliser par la menace et les intérêts cachés des faux-amis de la communauté internationale perfide et de leurs envoyés spéciaux qu’ils ont placés manu militari à la tête du pays.

En ce timing décisif, le « Bwa Kale » est proche du paradigme « Libète ou Lanmò ». Les signes montrent que la guerre civile serait imminente si les forces vives et conscientes optent de jouer à la défensive après de telles attaques qui mettent à genoux de nombreux bandits notoires. De concert avec la PNH, la population doit maintenir l’offensive Bwa Kale tout en évitant des offenses irréversibles. Tenez cette lampe allumée afin de débarrasser Haïti de ses faux-amis et de ses traîtres fils.

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.