Un réveil brutal de la population contre la passivité de la Police nationale d’Haïti (PNH) face à la multiplication des cas d’enlèvement à Port-au-Prince et ailleurs est plus qu’imminent. Le kidnapping de Chermeille Jean Brunel, un employé des Archives nationales, traduit un vaste complot entre le gouvernement de facto et les groupes armés afin d’anéantir la société.
La population haïtienne aborde le troisième mois de l’année 2023 avec les mêmes défis liés à l’insécurité sans des perspectives d’avenir optimistes. Ce mercredi 1er mars une employée des Archives nationales vient allonger la liste des victimes du kidnapping et de l’indifférence des autorités policières. Chermeille Jean Brunel a été kidnappé par des individus armés à Delmas 75, rapportent des sources proches de la victime.
Les inconnus armés ont conduit l’otage dans un lieu de séquestration inconnue. En signe de protestation, les employés du service des Archives nationales de Delmas 75, menacent d’observer un arrêt de travail pour obtenir la libération sans condition de leur collègue. À partir de ce mercredi, toutes les activités sont à l’arrêt dans le siège des Archives nationales afin d’interpeller le gouvernement de facto sur la gravité de la situation.
Les protestataires reprochent à la hiérarchie de la PNH son désengagement face à la terreur imposée par les gangs à Port-au-Prince comme dans certaines villes de province. Jusqu’ici, aucun cas d’enlèvement déjoué n’est à mettre à l’actif de la PNH, déplorent les manifestants, alors que les bandits ont le vent en poupe avec des cas d’enlèvement spectaculaires exécutés contre des hauts cadres de l’administration publique et des socioprofessionnels.
La plus grande reproche adressée au Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), présidé par le Premier ministre Ariel Henry est l’absence d’un plan stratégique visant à mettre les kidnappeurs hors d’état de nuire.
Dans l’intervalle, les bandits s’exposent, revendiquent leurs forfaits et communiquent leur adresse, sans un effort manifesté par la PNH pour les traquer. Avec une institution policière infestée de corrupteurs et de policiers ripoux, la fin des exactions des bandits contre la population civile n’est pas pour demain.
Hervé Noël
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