par Jean Garry Denis
Mardi 7 mars 2023 ((rezonodwes.com))–
L’idée partagée par la majorité des haïtiens dans le contexte actuel est que la communauté internationale à travers les diplomates extrémistes du Core Group met en œuvre une stratégie de chaos en Haïti. Depuis l’assassinat du président Jovenel Moise en 2021, la violence des gangs a augmenté de façon exponentielle et la crise politique parait de plus en plus être dans une impasse avec les agissements de la communauté internationale. Au lieu d’aider les Haïtiens à parvenir à un accord suffisamment consensuel pour une solution globale, ces diplomates ont préféré depuis plus de 20 mois soutenir sans réserve un gouvernement inapte, impopulaire et corrompu.
L’attitude de Macron
Dans ce Cadre, il est important de souligner le rôle moteur de la diplomatie française dans la consolidation de cette situation de crise tenant compte des nouvelles orientations de la France suite à de nombreuses visites du Président Macron sur le Continent Africain.
Le président cherche à définir un nouveau paradigme a travers la rupture des relations traditionnelles de la France Afrique et tous les corollaires de domination, d’arrogance, d’impérialisme, de pillage des ressources naturelles, etc.
Dans une déclaration au palais présidentiel de l’Élysée, le président a appelé à un partenariat renouvelé avec les pays africains face à l’influence croissante de la Chine et de la Russie en Afrique.
Dans une position d’humilité comme ce fut le cas dans la 27ḕme Commémoration du génocide rwandais de 1994 ou une commission d’historiens dirigée par Vincent Duclert le 26 mars 2021 a pointé du doigt les responsabilités accablantes de la France quoique soulignant l’absence de complicité dans ce génocide. Dans ce cadre, Macron pense que la France doit se réinventer et s’adapter en admettant de nombreuses erreurs historiques dans le passé. Il a prôné un partenariat plus respectueux avec l’Afrique et les autres pays du tiers monde et a même assumé des responsabilités militaires exorbitantes. Il faisait référence sans nul doute au chaos provoqué par l’intervention française de la Libye en 2012. Selon l’Élysée, la France opte désormais pour une redéfinition de sa présence militaire en Afrique. Après le retrait des troupes militaires au Mali et Burkina Faso, il n’y aura plus d’établissement de nouvelles bases militaires selon les nouvelles orientations de la diplomatie française. Ce nouveau modèle veut aider les autres pays a faire face à un ensemble de défis dans les domaines suivants : climat, sécurité, santé et démographie, etc.
Pourtant, dans cette conjoncture nous constatons que la mission diplomatique française en Haïti est en totale dissonance avec les nouvelles orientations définies par l’Élysée. Cette mission constitue le plus fort soutien international de l’actuel pouvoir. Elle ne rate jamais l’occasion pour parler de consensus entre les acteurs haïtiens, pourtant utilise toutes les stratégies pour entraver les efforts de consensus sincère entre les haïtiens et appuyer des solutions boiteuses comme ce fut le cas de l’accord du 21 décembre 2022 entre le pouvoir et son clan.
Dans ce cadre, nous n’avons pas été surpris de voir avec quelle rapidité l’ambassade de France a défendu cet accord à travers une note collective avec les ambassadeurs de l’Union européenne (UE) malgré les irrégularités, les fausses promesses, le manque de participation des secteurs vifs et l’impossibilité pour que cet accord de crée le minimum de consensus. Ils ne se préoccupent pas de la complicité des groupes économiques puissants avec la violence des gangs, de la corruption endémique sous ce régime, de l’impunité dont jouissent les criminels en col blanc sanctionnés par certains pays. Les notions de droits humanitaires et d’assistance aux personnes en danger face aux assauts des groupes armés n’en font pas partie de leurs vocabulaires. L’objectif c’est de maintenir la ligne de cette démocratie sur mesure pour l’organisation de fausses élections en vue de placer leurs laquais au pouvoir.
Nul besoin d’être magicien pour prédire les résultats qui sortiront de ces manœuvres diplomatiques dont la France est le principal artisan. Le chaos est semé pour récolter la pauvreté, la société d’exclusion et le renouvellement de l’instabilité institutionnelle pour un nouveau cycle de 30 ans avec de nouveaux parlementaires trafiquants de drogue, des maires liés à des gangs criminels, de chefs d’etat contrôlés par des oligarques contrebandiers, antinationaux et corrompus.
Le Président Abinader
Nous profitons de cette réflexion pour souligner la position du Président Abinader qui dans une déclaration affirme que la communauté internationale n’a aucune volonté d’aider les haïtiens à résoudre cette crise. En ce sens, nous pensons que les voisins proches d’Haïti, notamment les pays de la CARICOM et la République Dominicaine, de par leurs intérêts stratégiques, devraient anticiper la déstabilisation d’Haïti par les extrémistes du Core Group et prendre position pour une solution durable à cette crise ayant des répercussions régionales.
On se questionne sur les raisons qui motiveraient la Diplomatie Française a soutenir tout ce que le peuple haïtien a rejeté à travers ses différentes manifestations, et ce, malgré les nouvelles orientations diplomatiques de l’Élysée qui semblent être plus respectueuses de l’autodétermination des peuples ? Dans ce cas nous avons 2 hypothèses :
1- Haïti a été une ancienne colonie de la France pendant plusieurs siècles. Après son Indépendance, une double dette a été imposée par la France à Haïti pour reconnaître l’Indépendance. Haïti a pris plus de 150 ans pour liquider cette dette qui sacrifié le bienêtre de nombreuses générations de ses citoyens. Ce fait historique qui a un impact négatif Haïti constitue un poids moral pour l’image de la diplomatie française. Ainsi, rechercheraient-t-ils des laquais pour empêcher toute tentative d’agiter ce dossier et réclamer de compensations morales et financières.
2- La perte de l’influence française en Afrique est un symbole de l’échec de la diplomatie française. Après les Américains, les Français sont les acteurs les plus importants en Haïti en raison des facteurs culturels. Ils considèrent Haïti comme leur arrière-cour qu’il convient de maintenir sous leur emprise. Dans ce cadre, l’émancipation de la société haïtienne constituerait une menace et une désobéissance à leur droit d’ingérence naturelle.
Nous terminons en affirmant que le peuple haïtien aspirait à une amélioration de sa qualité de vie, a la sauvegarde de ses traditions et à la récupération de sa souveraineté. Ces aspirations justes et équitables ne constituent en aucune manière une menace stratégique ou géopolitique pour les intérêts de la France et de ses alliés du Core Group. Il est temps que ces alliés comprennent que ce peuple sacrifié, humilié et exploité ne renoncera jamais à son droit pour l’autodétermination. C’est un peuple qui veut être le moteur de son propre processus de développement en vue d’une existence digne.
Jean Garry Denis
L’auteur est Directeur exécutif de l’Institut Haïtien d’Observatoire de Politiques Publiques (INHOPP)
El papel de la misión diplomática francesa en Haití y las nuevas orientaciones de Macron
. https://listindiario.com/la-republica/2023/03/07/765890/el-papel-de-la-mision-diplomatica-francesa-en-haiti-y-las-nuevas-orientaciones-de-macron
Jean Garry Denis
Puerto Príncipe, Haití
La idea más compartida en la sociedad haitiana en la actual coyuntura es que la comunidad internacional a través de los diplomáticos extremistas del Core Group están implementando una estrategia del caos en Haití. Desde el asesinato del presidente Jovenel Moise en el año 2021, la violencia pandillera ha aumentado de manera exponencial y la crisis en que padece la sociedad haitiana parece que está en un callejón sin salida. En lugar de ayudar a los haitianos a alcanzar un consenso para una solución sostenida a esta crisis, estos diplomáticos prefieren desde hace más de 20 meses apoyar sin reservas a un gobierno inepto, impopular y corrupto.
Hay que destacar el papel protagónico de la diplomacia francesa en la consolidación de esta crisis, tomando en cuenta las nuevas orientaciones estratégicas del presidente Macron en el marco de una serie de visitas en el continente africano.
Francia quiere dar un nuevo giro a estas relaciones a través de la ruptura de las viejas relaciones tradicionales Francia-África y con todos sus corolarios de dominación, arrogancia, imperialismo y saqueos de recursos naturales.
Este nuevo paradigma quiere sentar las bases de un socio renovado con estos países frente a la influencia cada vez más creciente de China y Rusia en África.
La actitud de Macron
En una posición de humildad para Emmanuel Macron como fue en el caso de la vigésima séptima conmemoración del genocidio ruandés de 1994 donde una comisión de historiadores franceses dirigida por Vincent Duclert ha señalado las abrumadoras responsabilidades de Francia, aunque destaca la ausencia de complicidad. Para Macron, Francia tiene que reinventarse y adaptarse y admitió que cometió muchos errores históricos en el pasado. Él abogó por relaciones más respetuosas asumiendo responsabilidades militares “exorbitantes” y cuestionando su presencia militar en África. Después del retiro de las tropas militares en Mali y en Burkina Faso, no habrá más implantación de nuevas bases militares. Este nuevo marco de cooperación quiere ayudar a estos países a enfrentar un conjunto de desafíos en los aspectos siguientes: clima, seguridad, salud y demografía, entre otros.
Sin embargo, constatamos que la misión diplomática francesa en Haití está en disonancia con las nuevas orientaciones definidas por el Eliseo. Esta misión constituye el soporte internacional más activo que tiene el poder de Ariel Henry. Nunca pierde la oportunidad de hablar de consenso entre actores haitianos, pero utiliza todas las estrategias para entorpecer los esfuerzos de consenso entre los haitianos y apoyar las falsas soluciones como fue el caso del acuerdo del 21 de diciembre de 2022 entre el poder y su clan.
No fue ninguna sorpresa ver la rapidez de la Embajada Francesa para defender este acuerdo a través de una nota colectiva firmada por los embajadores de la Unión Europea (UE) a pesar de todas las irregularidades, falsas promesas, falta de participación de los actores y la imposibilidad para este acuerdo crear un ambiente propicio a un consenso fuerte. Pues, no hay preocupación por la complicidad de grupos económicos poderosos con la violencia pandillera, la corrupción endémica bajo este régimen, la impunidad de que gozan los criminales de cuello blanco, sancionados por la misma comunidad internacional. En este marco, los conceptos de derechos humanitarios y asistencia a personas en peligro ante los asaltos de los grupos pandilleros no tienen importancia para estos extremistas. La lógica dominante es mantener la línea de esta democracia a la medida para organizar falsas elecciones.
No se necesita ser mago para pronosticar los resultados que saldrán de estas maniobras diplomáticas donde Francia es el principal arquitecto. Están sembrando los insumos para reproducir el sistema de exclusión generadora de esta pobreza extrema y renovar el caos institucional por un período de 30 años más con parlamentarios narcotraficantes, alcaldes ligados a bandas criminales, Presidente dirigido por contrabandistas y oligarcas antinacionales y corruptos.
Presidente Abinader
Aprovechamos esta reflexión para resaltar la posición del Presidente Abinader que afirma que la comunidad Internacional no tiene voluntad para ayudar a los haitianos a solucionar esta crisis. Pensamos que los vecinos cercanos de Haití, especialmente el CARICOM y la República Dominicana en el marco de sus intereses estratégicos debe anticipar la desestabilización de Haití por los diplomáticos del Core Group y velar por una solución sostenida y definitiva a esta crisis.
Ahora bien, ¿cuál puede ser el motivo de este comportamiento de la Embajada de Francia para actuar como enemigo del pueblo haitiano y apoyar todo lo que este pueblo rechace, a pesar de las nuevas orientaciones diplomáticas del Eliseo que parecen más respetuosas de la autodeterminación de los pueblos? En este caso tenemos dos hipótesis:
1- Haití fue antigua colonia de Francia durante varios siglos. Después de su Independencia, una doble deuda que se acabó de pagar en su totalidad en 1947 fue impuesta por Francia a Haití para reconocer la Independencia. Haití ha tenido que pagar más del doble de las reclamaciones. Este hecho histórico que compromete el progreso de esta nación constituye un peso moral para la imagen de la diplomacia francesa. En este sentido buscan lacayos para impedir todo intento de ventilar este caso al nivel internacional y exigir reparaciones por este crimen histórico.
2- La pérdida de la influencia francesa en África es un símbolo del fracaso de la diplomacia francesa. Después de los americanos, los franceses son los actores más importantes por factores culturales. En este sentido, consideran al país como su patio trasero que debe mantenerse bajo su influencia. La emancipación de la sociedad haitiana puede considerarse como una amenaza y desobediencia a su derecho de injerencia natural.
Concluimos afirmando que el pueblo haitiano aspiraba a mejorar su calidad de vida, salvaguardar sus tradiciones y recuperar su soberanía. Estas aspiraciones justas y equitativas no constituyen en modo alguno ninguna amenaza estratégica o geopolítica para los intereses de Francia y sus aliados del Grupo Central. Es hora de que estos aliados entiendan que el pueblo haitiano quiere impulsar su propio proceso de desarrollo para una existencia digna.
El autor es Director Ejecutivo del Instituto Haitiano de Observatorio de Políticas Públicas (INHOPP)

