Haïti, ce pays fait de contraste saisissant et amer est défini par une insécurité galopante qui rivalise une soif de réjouissance exprimée pendant la période du carnaval par une population abandonnée par ses élites politique et économique. Les derniers cas d’enlèvement et de séquestration contre rançon perpétrés à Port-au-Prince contre des personnalités politiques et des socioprofessionnels en disent long sur l’état de délitement social haïtien.
Lundi 20 février 2023 ((rezonodwes.com))–
Le chef de protocole du Palais national, Yves Mazile a été enlevé dimanche par des inconnus armés à Delmas 31. Des sources familiales évoquent un cas de kidnapping planifié et exécuté par des hommes lourdement armés qui ont repéré le véhicule de la victime qui venait tout juste de conduire son épouse à l’Église.
Le responsable de protocole du Palais national sans Président, le diplomate Yves Mazile a été kidnappé en compagnie de son chauffeur dont le nom n’a pas été dévoilé. Il est rapporté que les deux victimes ont été localisées dans la 3ème Circonscription de Port-au-Prince, contrôlée par les gangs de Village-de-Dieu, de Ti Bois et de Grand-Ravine.
Il importe de souligner que des personnalités politiques, des socioprofessionels deviennent la cible des gangs armés à Port-au-Prince. Les derniers cas d’enlèvement perpétrés contre le journaliste Jean Thony Lorthé, l’ancien sénateur et médecin Louis Gérald Gilles et le chef de protocole du Palais national Yves Mazile confirment un certain confort bénéficié par les criminels pour commettre leurs forfaits.
Après l’enlèvement de Maritza Beaubrun Hérard, épouse du responsable de l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN), Dimitri Hérard, en novembre 2020 d’autres membres du personnel du siège de la Présidence dont les policiers Gabo Désilien (Mars 2021), Wilnor Louis (Septembre 2021), Gabriel Fils (Juillet 2022) affectés à cette unité ont du payer des rançons pour obtenir leur liberté.
En plein exercice carnavalesque de 2023 déroulé sur fonds de contestation des médecins résidents de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) qui exigent de meilleures conditions de travail, les cas de kidnapping ont explosé. Les bandits opérant dans l’entrée Sud de Port-au-Prince imposent leur loi en visant des civiles pour renforcer leur industrie prospère du kidnapping.
En dépit des appels lancés auprès des autorités policières compétentes afin de placer des séparateurs dans les axes conduisant aux lieux de séquestration des bandits, aucune suite n’a été donnée.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

