Sauf le carnaval fonctionne sans électricité et dans l’insécurité, et comme d’habitude Emmelie Prophète débloque des fonds publics sans avoir a fournir de rapports détaillés sur les dépenses effectuées. Une vielle habitude en vogue depuis l’ère Tete Kale PHTK1.
Médecins en grève, policiers très remontés, l’insécurité s’élargit, les kidnappings se multiplient, les exécutions sommaires font rage…Ariel Henry va-t-il une nouvelle fois tourner le dos au pays en crise pour aller effectuer des promenades aux Bahamas?
Mardi 14 fevrier 2023 ((rezonodwes.com))– Les larves ont glissé dans et hors de sa blessure. Sang, pus, asticots et désespoir ont infesté la chair pourrie de James Fennis, 21 ans, qui gisait sans défense sur un lit d’hôpital. « Le médecin a introduit sa main et les a retirés », a déclaré sa mère, Cecilian Solomon. « Il y avait encore des médecins à l’époque, mais nous devions acheter les médicaments, et je n’avais pas 5 000 gourdes [30 dollars] ».
C’était en novembre dernier. Le centre médical où James repose encore – l’hôpital universitaire d’Haïti – se trouve dans ce qui était la partie la plus agréable de Port-au-Prince, à deux blocs du Palais national. Puis, fin décembre, les médecins se sont mis en grève. Ils ne demandaient qu’un peu plus de salaire et de meilleures conditions de travail.
Les médecins sont toujours en grève, et James, admis en août dernier, se morfond toujours dans son lit d’hôpital. Sa chambre est sombre car l’électricité a été coupée. L’hôpital, comme les médecins, a été oublié. Pour tenter d’éloigner les asticots, la mère de James nettoie sa blessure avec des comprimés de chlore qu’elle réduit en poudre et frotte sur la plaie. La dernière fois qu’elle l’a sorti du lit, c’était la veille de Noël, lorsqu’un groupe chrétien est venu l’aider à se laver. En dehors de cela, James ne se lève jamais.
On a tiré sur James, dit Cecilian. Elle parle pour son fils car il n’en a pas la force. Il marchait dans l’une des rues qui relient les collines environnantes au centre-ville lorsqu’une balle lui a transpercé le bas du dos. « Elle a brisé sa colonne vertébrale et ses reins », dit Cecilian. Il n’y a pas grand-chose d’autre à dire – juste une balle perdue, un événement aléatoire. De nos jours, tout peut arriver dans la capitale d’un pays qui s’effondre.
Haïti se bat pour survivre. EL PAÍS a interrogé des médecins, des militants des droits de l’homme, des organisations internationales et des victimes de la violence qui sévit à Port-au-Prince, la capitale d’Haïti. Personne ne peut se souvenir d’une période pire que les six derniers mois, pas même après l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021. « La situation ne cesse d’empirer », déclare Benoit Vasseur, le responsable local de Médecins sans frontières (MSF), qui gère l’un des plus grands réseaux de cliniques et d’hôpitaux à Port-au-Prince. « Toutes les institutions sont en train de s’effondrer. Le système éducatif, le système judiciaire – c’est un pays qui se meurt. »
Des dizaines de gangs criminels contrôlent une grande partie de la capitale et de ses environs, où vivent un quart des 12 millions d’habitants du pays. La force de police de 10 000 personnes semble impuissante à les contrôler.
En décembre 2022, les Nations Unies ont signalé que les gangs contrôlaient 60 % de Port-au-Prince. En d’autres termes, la ville est dans un état de guerre de facto. Les preuves sont partout. La principale cour de justice du pays se trouve à quelques rues de l’hôpital universitaire et du Palais national. Les mauvaises herbes ont envahi le bâtiment, un monument inachevé du bicentenaire de l’indépendance commandé par l’ancien président Jean Bertrand Aristide. Vu d’en bas, il ressemble aux ruines d’un cimetière abandonné. À une centaine de mètres à l’est, les gangs se retrouvent dans les décombres de la cathédrale détruite lors du tremblement de terre de 2010 qui a fait plus de 200 000 morts.
Personne n’est autorisé à s’approcher du territoire des gangs sans leur permission. Divers groupes criminels contrôlent toutes les routes qui entrent et sortent de Port-au-Prince et ont transformé la ville en bunker. Il est rare d’obtenir la permission de qui que ce soit, sauf de Jimmy « Barbecue » Cherizier, l’un des chefs de gang les plus célèbres. Cherizier est un ancien policier qui aime faire visiter aux journalistes les bidonvilles de la côte de Port-au-Prince. En général, il les emmène à Cité Soleil et leur explique qu’il n’est pas un meurtrier, mais simplement un leader local qui veut mettre fin à la corruption.
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