Cela fait plusieurs décennies depuis que l’éminent professeur Leslie F. Manigat poussait ce cri perçant pour fustiger des concitoyens, particulièrement de l’élite, qui ont failli à leurs responsabilités de s’impliquer de manière proactive dans la vie politique pour servir la République en toute loyauté.
Mardi 7 février 2023 ((rezonodwes.com))–
Cette noble figure emblématique du RDNP dont un ensemble d’interventions savantes dotées d’une dose patriotique deviennent virales après son voyage vers l’au-delà qualifient de dégénérés les personnalités indignes qui déshonorent cet héritage sacré légué par nos ancêtres. En contrepartie de privilèges mesquins, il y a une catégorie d’Haïtiens cupides et assoiffés de pouvoir qui seraient prêts à vendre leurs âmes à des cartels criminels. Pourtant que sert-il à un dirigeant de pavaner en sirène tonitruante pour amasser de l’argent facile quand de toute évidence il hypothèque sa paix intérieure ? Le jeu ne vaudrait certainement pas la chandelle.
Désaccord posthume
Lorsque Leslie Manigat prononçait ses discours tranchants pour fouetter la conscience citoyenne de l’élite, il ne faisait sûrement pas allusion à une probable trahison en son sein. Puisque le feu professeur n’était pas détenteur de la faculté d’omniscience, il ne pouvait aucunement augurer que celle avec laquelle il se levait et se couchait au quotidien appartiendrait à cette couche myope d’une petitesse sinon d’un délire patriotique. Sans doute madame Manigat, en véritable disciple de l’époux éloquent, murmurait en son cœur : « Maître, maître, je ne cracherai jamais sur tes œuvres en m’associant à un cartel politique criminel ».
Mais encore, le maître n’aurait pas ce potentiel de prédire l’avenir pour répondre à sa dulcinée : « Je te le dis en vérité, Mirlande ; avant que le PHTK s’effondre, tu feras équipe avec ce parti démoniaque pour finir ignoblement dans les annales de l’histoire ». Si seulement les morts bien vivants par leurs œuvres anthumes détenaient un pouvoir posthume d’influencer les alternatives, ce Leslie aux yeux de lynx se réveillerait de son tombeau pour ouvrir les yeux naïfs de son épouse égarée. Contrairement à ce faux-confort que cherche Mirlande en leurrant de rassurer la société de l’approbation posthume de Leslie au HCT, le discernement nous invite plutôt à vivre la colère du professeur. Leslie s’énerve.
Leslie Manigat ne validerait jamais cette fâcheuse option que prend Mirlande Hyppolite qui salit un héritage politique construit via la renonciation, le sacrifice et l’intégrité. Si les morts savaient réexpérimenter l’évènement ultime du diagramme de Lexis, Leslie et Erick auraient avalé leurs extraits de naissance, une deuxième fois, ce 6 janvier 2023 ; sinon depuis le 21 décembre 2022.
Coup traître
Au cri du professeur Manigat dans sa prédiction de la trahison des dégénérés dépourvus des chromosomes de Toussaint et de Dessalines, madame Manigat se demandait sans doute : « Eske mwen se youn lan yo, mèt la ? ». Encore, Leslie ne détenait pas l’omniscience du Sauveur pour détecter, en plus des coquins parmi la foule politique, un mauvais grain dans son intimité – déterminés à trahir les causes justes de la nation. Dommage ou plutôt tant mieux que ce soit dans un costume posthume que l’époux assiste au suicide anthume de son autre moitié impatiente de partir contrairement à lui dans une douce fin ultime.
Pourtant, au moment des paroles célèbres de Leslie, celle qui prenait le déjeuner, le diner, le vin et l’avion et qui nageait dans une intimité partagée avec l’illustre professeur de la Sorbonne, allait tristement embrasser une cause à la Judas Iscariote. En dehors d’une volte-face, l’infamie cette famille aura en héritage. Regrettable. Judas jeunait et prêchait auprès de Jésus. Mirlande enseignait et exposait au côté de Leslie. L’histoire se répète. Trahison contre la nation, Mirlande Manigat est en passe de devenir une dégénérée par qui est arrivé le scandale de la petitesse intellectuelle au service de la fourbe officielle.
Amnésie temporaire
Ce n’est pas par hasard que madame Manigat trébuchait à prononcer le sigle fétiche dont elle est la figure de proue. Quand le « HCT » a échappé à la mémoire de Mirlande qui demandait à l’audience de l’aider à trouver le mot juste, on sentait que l’esprit de Leslie perturbait la salle du MCI. « Je croyais à ce moment que Ti-André allait intervenir pour accompagner la présidente à terminer ses propos de circonstance ». Comme lors du discours du mercenaire de la Cassation « pris en otage » par l’opposition sans conviction.
Ce discours chimérique de promesse électorale honnête et inclusive ne colle point avec la réalité PHTKiste. En raison de leurs atrocités et de leurs gabegies administratives, il y a des êtres qui ne peuvent respirer que l’oxygène de la bulle officielle. Ils se révèlent champions des bourrages d’urnes et des négociations souterraines en vue de gagner les élections per fas et nefas. Les principaux dealers du PHTK appartiennent à cette classe d’individus pernicieux tourmentés par la paranoïa provoquée par l’escroquerie.
Les parrains feraient sortir les mitraillettes qu’ils avaient distribuées aux assassins des bidonvilles pour le besoin de la cause électoraliste. Ils mobiliseraient les « Galils » de leurs bases à Pétion-Ville et dans toutes les hauteurs de la Capitale pour menacer les responsables du Centre de tabulation. Ils lâcheraient des prisonniers pour semer la panique dans les centres de vote. Ils approuveraient l’exploitation arbitraire de toutes les ressources naturelles du pays pour que le « blanc condescendant » change les résultats à leur avantage. Ils invoqueraient même Lucifer afin de rester au pouvoir, pour cinquante ans et plus. N’est-ce pas Lafontant ?
Dans cet engrenage, l’idéal pour Mirlande consisterait à ne pas perdre son minimum de lucidité dans ce cercle mafieux dont les dilapidateurs seraient prêts à tout afin d’étouffer le procès Petrocaribe, la mort du président et bien d’autres crimes de sang et de lèse-patrie. Subrepticement, Mirlande devrait penser à quitter le terrain miné tout en partageant à l’avance un acte testamentaire qui révèlerait des secrets qu’elle découvrirait lors de ce périple éphémère dans les secrets des diables. Si ces escadrons de la mort peuvent trucider de manière si sauvage un président pondu par leur propre famille politique, à quoi renonceraient-ils quand ils doivent défendre leurs intérêts ? Si Mirlande se trompait de bonne foi, il n’y a pas moyen que sa relation perdure avec ces bandits qui ont perpétré tant d’infractions condamnables au sein de notre société.
Risque d’un suicide avant la mort
Dans une extrapolation contagieuse, la société a constaté que seule une exception de cadres supérieurs auraient remonté la tête du bassin toxique après y voir étés plongés pendant quelques mois. Les stratégies de sortie ne se révèlent pas toujours efficaces. Dans ce mariage avec la mafia, certains y ont été submergés et noyés sans avoir eu la chance de montrer de signes vitaux. De tels contextes convient à la renonciation. Car ne pas signer un pacte avec le diable serait en permanence la bonne décision. Car cela évite plus tard la schizophrénie et bien de maladies d’ordre émotionnel. « Errare humane est ». Il existe une catégorie incrédule qui n’apprend les leçons que dans les expériences amères, en plein malheur. Cependant, le danger peut demeurer imminent si l’enfant prodigue alerté est obstiné à avancer en dépit de la découverte de sa décision erronée.
Dans ce cas précis des Manigat, il y a un patronyme politico-académique en péril à sauver et à sauvegarder. La faisabilité de tout projet requiert que celui qui l’implémente reste vivant. Madame Manigat s’engage dans une course contre la montre. Elle a encore du temps ; mais pas beaucoup de temps. Espérons qu’elle prendra la décision avisée de jeter le tablier en s’éloignant de ce projet chtonien de contribuer à enfoncer Haïti dans une sale crise électorale. Puisse cette option de retour à la raison ne s’opérer trop tard dans un monde trop vieux.
Il existe des choix politiques de détresse qui ne permettent de nuancer quant à l’échec imminent de leurs protagonistes. Le PHTK est passé champion dans le pillage du trésor public et le gaspillage de plusieurs belles têtes de l’université. C’est regrettable que l’histoire soit sur le point de se réitérer avec cette autre figure intellectuelle dont la probabilité de sauvetage de l’image converge vers un zéro absolu. Nous faisons le vœu qu’une insomnie salvatrice réveille la constitutionnaliste de sa léthargie catatonique pour soumettre sa démission dans ce désastre d’un Haut Conseil de la Trahison (HCT).
Point de départ du sauvetage national
Le ver est dans le fruit. Le PHTK est le problème ; il ne peut donc y apporter la solution. Une transition de rupture est incontournable afin de restaurer la confiance avant toute entreprise d’envergure, notamment celle d’organiser des élections crédibles et inclusives. Dans les prochains mois, que ce soit par la boutade de la Tornade du PM impassible ou des stratagèmes des plénipotentiaires du Core-Group, ces bandits au pouvoir feront croire à la société que la vie normale est reprise dans la Cité. Deals, distributions d’argents, promesse d’amnistie, le PHTK, ses familles et alliés détraqués sortiront toutes les cartes pour produire un calme apparent au pays.
Pourtant, ce tableau manipulateur que les capitaines du PHTK et du Core-Group planifient de peindre sera favorable uniquement aux bandits des bidonvilles et ceux à cravate qui auront la latitude de se porter candidats et surtout de faire campagnes. Madame Manigat aurait-elle perdu son sens de discernement en ignorant l’objectif de ce projet macabre qu’elle tendrait à valider au profit des responsables de l’assassinat du Secrétaire général de son parti politique ? Dans un contexte d’injustice, de misère, d’insécurité extrême, il n’y a que des sadiques et des comiques qui inviteraient un peuple en ses comices.
Alors que la restauration du pouvoir régalien et particulièrement la production d’un climat de sécurité imperturbable sont des prérequis essentiels à des initiatives nationales ambitieuses, on n’y perçoit aucune volonté manifeste du pouvoir en place à assurer la sécurité des vies et des biens. Par la complicité et l’impotence des membres du CSPN, c’est en des nombres effarants que les agents spécialisés de la PNH tombent sous les balles assassines des criminels garnis en armes et munitions notamment par le PHTK et des oligarques corrompus.
Le silence des armes voire l’éradication des criminels notoires qui orchestrent et séquestrent au sein des bidonvilles serait une réponse en aval à ce banditisme musclé. Il faudra une solution en amont, c’est-à-dire, une approche qui vise à exterminer le concepteur. Ce n’est pas cette Police nationale pourrie de gangs par le cartel PHTK qui en trouvera une solution soutenable. Haïti a perdu trop de temps, d’argent et de talents. Il n’y a pas moyen de marquer un retour à l’équilibre politique sous la domination des dealers de ce régime criminel. Il faut changer une équipe qui perd et qui détruit le bien-être de la collectivité.
Carly Dollin
carlydollin@gmail.com

