Ecrit par Ives Isidor
Maudit soit le 12 janvier 2010. Qu’il soit rayé du calendrier. En
effet, le 12 janvier 2010, un tremblement de terre de magnitude 7.3 à
l’échelle de Richter a frappé de plein fouet Haïti laissant en ruine Port-
au -Prince et plusieurs villes de province. C’est un jour
porte malheur. Il a apporté la souffrance, la désolation, la douleur, le
stress, le traumatisme et la mort à la communauté haïtienne.
C’est la catastrophe la plus horrible pour notre cher pays qui n’a pas
même eu le temps de se relever des séquelles des ouragans de 2008.
Ce séisme vient de ravir le calme à notre esprit. Et, nous sommes
abasourdis et impuissants face à ce déferlement féroce de la nature.
Mardi, mercredi et jeudi ont été les jours les plus angoissants pour les
haïtiens notamment ceux de la diaspora qui n’ont
pas eu de nouvelles de leur famille, proches, et amis, du à
l’effondrement des réseaux de communication. L’équation « pas de
nouvelles, bonnes nouvelles » en ces jours-là n’a fait pas bonne
recette, mais a été en revanche un facteur multiplicateur d’angoisse et
de désespoir.
12 janvier 2010, un coup de massue pour notre chère Haïti qui n’était
pas prête à accueillir ce séisme dévastateur. On a entendu des cris,
des cris de douleur, plus aigus que les douleurs de l’enfantement, de
toutes parts à travers le monde. Haïti pleure ses enfants. Un nombre
qu’on arrivera jamais à compter. Haïti pleure la perte de ses
infrastructures.
C’est l’effroi, l’indignation et consternation. Une véritable
hécatombe. Un événement apocalyptique qui s’apparente à la
situation telle que décrite par le romancier américain George R.
Stewart dans son roman « Earth Abides ». On a vu le palais national,
le palais des ministères, les maisons, les cathédrales, les églises, le
bureau des impôts, les établissements scolaires et universitaires
voler en éclats. Une situation qui a mis à nu l’absence de
l’état haïtien. Un état dysfonctionnel et confus. Un véritable vacuum
institutionnel.
Aujourd’hui Haïti se trouve à la croisée des chemins, sous la coupole
de la communauté internationale. Le malheur a frappé, mais la nation
doit rester debout. Nous sommes un peuple courageux et résilient.
Le roseau plie mais ne rompt pas. L’une des leçons à tirer de ce
débordement de la nature c’est que la reconstruction d’Haïti doit se
faire autour d’un programme effectif de décentralisation. En effet, le
déplacement massif de la population vers les villes de province est le
signe annonciateur que l’heure de la décentralisation a enfin sonné.
Ives Isidor
18 janvier 2010

