Pour justifier la décision d’augmenter le prix des produits pétroliers, le gouvernement de facto avait annoncé en décembre 2021, la mise en application d’un programme de subvention ciblée dans le secteur du transport en commun afin de soulager la population. Un an après, aucune nouvelle de cette initiative, alors que le gouvernement vient d’enfoncer le clou en éliminant la subvention sur les produits pétroliers.
Vendredi 16 décembre 2022 ((rezonodwes.com))–
Le gouvernement de facto semble avoir réussi son coup en annonçant l’élaboration du programme de subvention ciblée qui jusqu’ici reste un canular. On dirait un projet mort-né ou une tentative du pouvoir d’Ariel Henry pour embobiner l’opinion après la décision de revoir à la hausse en décembre 2021, le prix du carburant.
Le coordonnateur du Mouvement unifié des transporteurs d’Haïti (MUTH), Duclos Benissoit, interrogé par Rezo Nòdwès, vendredi, confie avoir été berné par les autorités du régime. Il évoque la phase pilote du projet qui reste encore sans suivi.
La compagnie BANDARI Haïti S.A, dans le cadre du programme avait bénéficié d’une enveloppe pour démarrer les opérations, mais jusqu’ici les lignes n’ont pas bougé. Des discussions ont été engagées, des bons de carburant ont été envisagés, mais rien n’a été concrétisé dans le réel.
Le Ministère du Commerce, instance chargée de conduire et de faire appliquer le programme, demeure discret en ce qui concerne l’avenir du projet. Dans le même temps, le responsable du MUTH révèle que le programme avait reçu la bénédiction de l’Ambassade américaine et de la Banque mondiale (BM).
Considérations quasi similaires du coordonnateur de la Force syndicale pour sauver Haïti (FOSSA) Jacques Anderson Desroches, sur l’échec du programme de la subvention ciblée. Il impute au gouvernement et à une frange du secteur privé haïtien la responsabilité dans les contraintes liées à l’exécution du programme. Il dénonce des compagnies pétrolières qui tirent les ficelles dans l’impasse de ce chantier social.
Par ailleurs, le syndicaliste appelle à l’application de la loi du 9 mars 1995 relative au contrôle du carburant selon l’évolution des prix sur le marché international. En témoigne la réalité de l’essence sur le marché international dominée par une chute du prix de l’or noir.
Entre-temps, le gouvernement de facto a procédé à l’élimination de la subvention sur le carburant accélérant l’inflation et fragilisant la situation des couches les plus vulnérables.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

