Aucune disposition n’a été adoptée par la hiérarchie de la Police nationale d’Haiti (PNH) pour faciliter la remise en état de service de l’antenne de Police établie non loin du Centre olympique de Canaan et du Poste de Controle de «Titanyen» désertés par les policiers depuis moins d’un an. Les bandits en profitent pour terroriser usagers de la route nationale numéro 1 et résidents des quartiers environnants.
Jeudi 17 novembre 2022 ((rezonodwes.com))–
Les différents témoignages d’usagers de la route nationale numéro 1, à hauteur de Canaan, échappés de justesse à la mort donnent froid dans le dos. À travers une note vocale, le récit d’un policier, contraint de se fier à un motocycliste pour transporter son arme de service et ses bagages avant de traverser seul l’axe de Canaan scandalise. Il fait état de plus de trois points à franchir occupés par au moins 500 hommes lourdement armés.
À chaque point, il est soumis à un contrôle stricte caractérisé par des opérations de fouille de déshabillement complet imposées par les bandits. Cependant, son téléphone cellulaire aurait pu faire basculer le check.
L’agent du Corps d’intervention de maintien d’ordre (CIMO), qui a voulu garder l’anonymat, révèle avoir vu la mort en face quand les criminels lui ont exigé d’allumer son portable sur lequel une de ses photos en uniforme de police définit son fond d’écran. Tremblant de peur, il a justifié aux agresseurs des difficultés rencontrées pour faire démarrer son cellulaire. finalement, les hors-la-loi l’ont autorisé à traverser le barrage après de longues supplications.
Moins d’une semaine plus tôt, un autobus assurant le trajet Port-au-Prince/Gonaives a essuyé des tirs des bandits, des passagers sont sortis blessés. Le véhicule immobilisé à Canaan 70, sous la menace des gangs, a vu ses occupants rançonnés et dépouillés. Des jeunes passagères violées lors cette attaque armée ont restitué la panique et le traumatisme vécus.
Le secteur du transport en commun paie le lourd fardeau de l’insécurité à Canaan validée par les autorités policières. Un propriétaire d’un minibus, interrogé jeudi par Rezo Nòdwès, confie avoir misé sur d’autres alternatives pour relier Port-au-Prince à Gonaives.
Les chauffeurs sont déconseillés de traverser l’axe compris entre la Prison civile des femmes à Cabaret jusqu’au Centre olympique de Canaan. En conséquences, ils sont contraints d’emprunter Morne-à-Cabris jusqu’à Mirebalais pour atteindre l’Artibonite. La qualité des routes, le trajet fatiguant et éreintant oblige les passagers à débourser le double du tarif régulier évalué à 3 mille gourdes par passager.
En outre, des policiers retranchés dans des blindés qui patrouillent la zone sont accusés d’être de connivence avec les gangs.
Des éléments de la PNH mobilisés sur le tronçon de la route font peu de cas des exactions des bandits, mais taxent des entrepreneurs de l’Artibonite pour accompagner leurs marchandises, ont dénoncé des commerçants de Saint-Marc. Une situation qui risque de perdurer en raison des intérêts générés, craignent des opérateurs du secteur du transport public.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

