Le gouvernement de facto conduit par Ariel Henry et son directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Frantz Elbé, semblent se ficher complétement des victimes du banditisme et de la criminalité sévissant à Martissant. Quinze jours après les engagements pris aux Cayes, le 1er juin dernier, par les ministres Liszt Quitel, Ricardin Saint-Jean, pour juguler l’insécurité, rien n’a été fait. Au contraire les gangs s’octroient plus de territoires.
Vendredi 17 juin 2022 ((rezonodwes.com))–
La vie des citoyens haïtiens importe peu pour le régime de facto, dit-on. Les bandits armés de Martissant continuent de terroriser les usagers de la route nationale numéro 2, de paralyser la circulation automobile et de défier l’autorité de l’État.
Ariel Henry, pour laver l’opprobre et casser l’élan de la mobilisation du 1er juin dernier visant à exiger des actions contre la violence armée, a instruit une délégation composée du ministre de l’Intérieur Liszt Quitel, du ministre du Commerce, Ricardin Saint-Jean et de l’inspecteur général en chef, Fritz Saint-Fort.
Aux Cayes, la délégation gouvernementale s’était engagée à donner une réponse, dans moins de 15 jours, à la situation qui prévaut dans l’entrée Sud de Port-au-Prince. Il a été question de mater les gangs, faciliter la reprise de la circulation automobile, permettre le retour de la paix dans les zones limitrophes, ont révélé des commerçants, à la suite de la rencontre.
Au final, rien n’a été fait. Les gangs de Village-de-Dieu et de Grand-Ravine poursuivent sans crainte leurs exactions contre la population et se permettent de conquérir d’autres territoires.
Le Palais de justice de Port-au-Prince a été, le vendredi 10 juin, attaqué puis occupé et le bâtiment logeant l’Autorité portuaire nationale (APN) a été, le jeudi 16 juin, également pris pour cible lors d’une offensive armée qui a couté la vie à deux agents de sécurité.
Le gouvernement de facto s’affiche dans un déni total, à l’instar de la note du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jacques Lafontant, réclamant un accompagnement militaire pour mettre en déroute les gangs qui prennent en otage le Palais de justice de Port-au-Prince.
Pour l’opinion, les commerçants et la société civile du Grand Sud se sont laissés berner par un pouvoir qui promettait de résoudre le problème au bout de 15 jours, alors qu’il est resté passif depuis environ un an face à la fureur des gangs de Martissant.
Hervé Noel
vevenoel@gmail.com

