Une nation ne vaut que par la qualité de ses représentants. Cette mise en garde logique pour préserver les valeurs sociétales demeure une utopie au sein de notre patrie pétrie par une anomie singulière. En conséquence, une avalanche de brillants et de Bryant sont atrophiés par les vagues bruyantes de cet empire kakistocratique qui mise sur le pire pour se pérenniser aux dépens de la justice et de la paix.
Samedi 4 juin 2022 ((rezonodwes.com))–
Le paradigme de la méritocratie libératrice de la créativité et génératrice de l’épanouissement des talents a bu la ciguë. Le viol est assis en toute fierté aux salons politiques et diplomatiques. Sans gêne, les tonneaux vides, des « têtes pétées », des corps sans têtes, des cerveaux sans matières grises et des « pétadors prédateurs » sont acharnés à faire du vedettariat, à solliciter la parole pour se faire entendre, pour se vendre, pour se pendre.
Au bercail, à l’étranger, en public, sur les ondes mal ondulées par une presse prostituée, in limine litis, ces figures politiques comiques passent du chapitre trois au chapitre « ivre » du grand livre de la médiocrité et de la risibilité. Hier, à titre de présidents indécents aux « dwèt long », des figures emblématiques de la bêtise salissaient le drapeau en des vagues de mégalomanie et de cleptomanie. Aujourd’hui, ce sont ces mêmes têtes de mule qui misent sur l’amnésie des victimes pour prétendre être des Haïtiens dignes de Toussaint et de Dessalines. « Ils inviteraient à la réconciliation populaire » pendant qu’ils jouissent des « Vakans » avec leurs familles dans les ressources nationales qu’ils extorquent et sauvegardent dans les paradis fiscaux dans la Caraïbe, en République Dominicaine et en Floride. « Alatraka papa » !
L’empire des cons condescendants descendant d’une lignée atavique damnée, la médiocrité et la bêtise personnifiée croient pouvoir faire la leçon à la sommité et à l’honnêteté. « Bouki au pays des lettres confuses, les parrains les plus audacieux et les plus malicieux se croient les plus malins. Du bruit, du vide, du nul, du bouilli-vidé ! Les dieux de la stupidité sont tombés sur la tête.
Les références assassinées
Par les temps d’ineptie qui courent en zigzag, les postes stratégiques de la république sont attribués à des imposteurs, des flagorneurs et des sans pudeur. La médiocratie a mis ses stupides empreintes sur toutes les institutions prestigieuses. Le désordre se déchaîne à vitesse de fusée pour anéantir les valeurs tangibles et intangibles de toute une société. Charlatanisme, chauvinisme, narcissisme, on observe que des grades de doctorat peuvent être usurpés même par le rectorat qui devait pourtant en constituer un dernier rempart sur le chemin des fraudeurs pour sévir avec la plus grande ardeur. Dans le déshonneur, les contrats de la promotion des valeurs et de la consolidation de la méritocratie sont sur le point de rendre les derniers honneurs. L’enfance, la jeunesse, la famille, l’université ; toutes les structures et superstructures sociales en paient les conséquences au prix fort.
La déloyauté toise l’intégrité qu’elle catalogue d’égarée de rare espèce. Le négoce du trafic de visas et du narcotrafic s’exerce en sirène officielle. Les récentes investigations ont révélé que des « grands noms », « des grandons » -pharaons de la contrebande économique, patrons macarons de banques commerciales – sont plutôt des barons du kidnapping et de la cocaïne. Tous y sont trempés jusqu’au cou même dans les crimes de sang. « La vocation de l’élite » serait inversée dans la quête exclusive de la richesse effrénée. Trop triste pour une nation.
Le vase de la débâcle politique se déverse pour inonder toutes les illustres institutions dotées de la vocation légale et morale de tenir la véhémente plaidoirie en faveur du respect de l’éthique. Aujourd’hui, la force contagieuse de la tricherie et de la barbarie a contaminé l’église, l’école, le sport, la famille. Tel est le triste héritage que nous a légué le dernier cartel politique sanguinaire supporté par Sola pour garder tout un peuple en otage, en solo, avec la complicité intéressée d’une communauté internationale moralement déboîtée. Urgence dans la demeure ! La dignité et l’intrépidité doivent se donner la main en vue de prendre en main l’avenir de la société pour stopper illico cette course débridée de la perversité.
Option destructrice
Convergence certaine vers la dégénérescence maximale, dans cette léthargie catatonique, la bêtise a atteint un stade paroxysmique qui tutoie la fin apocalyptique dans une fine proximité. Alors que les faits anecdotiques et les recherches empiriques aboutissent à l’évidence que le sport – devenu aujourd’hui profession – éloigne aux jeunes trois grands maux : « l’ennui, le vice et le besoin », notre société n’offre pas cette alternative prometteuse à notre jeunesse robuste et talentueuse. Merci Olivier !
Les saines ambiances, les incitations aux activités éducatives, les clubs littéraires et les concours peaufinant la matière grise tendent à disparaître au profit de la débandade sociétale. Les jeunes – traités en parents pauvres – seraient plutôt évincés sinon invités à se faire enrôler par les « bases » criminelles de Martissant, Croix-des-Bouquets, Belair, etc. Un mélange indigeste de Krèy, Makrèl, Ti-Sourit, Ti-Mamoun, sous le leadership répugnant de chefs de gangs garnis de mitraillettes et de kalachnikovs. « Men Gouyad » ! Merci Lamothe, Martelly et fous alliés qui ont perverti et gangstérisé même les artères les plus éloignés de cette fausse modernité offerte par un Occident de mauvaises dents.
La prudence sait avec pertinence que l’option immorale d’intégrer des groupes de gangs entraîne à coup sûr une fin tragique. Jeunes, résistez toujours à la tentation du chemin facile.
D’ailleurs, hormis les infimes exceptions, avant même d’exécuter leurs missions diaboliques, les bandits des rues exhalent leur dernier souffle dans l’ignominie, dans la trahison politique mafieuse ou en des raids spontanés face à la force de l’ordre quoiqu’infiltrée avec la connivence des « bandits à cravates ».
Un symbole dans la boue
« Protéger et Servir », tant de victoires seraient remportées par les braves gardiens de la sûreté et la sécurité publique. Ce ne sont pas les stratégies et l’intelligence qui manquent aux policiers honnêtes et bien formés. Mais, fort souvent, entre l’enclume et le marteau, les Swat, Kat, Bim, Cimo, Udmo et Co. sont pris à des pièges tendus par leurs supérieurs insensés au service de la déraison qui les livrent à des assassins des villes avilies et des bidonvilles décivilisés. Machiavélique. Il était un vendredi 12 avril, on se souvient comme si c’était hier que Martissant a vu du sang dans un rouge vif jonché le trottoir pour couler à flot sur des épaulettes à l’effigie du fier symbole du Palmiste national. Et pourtant, l’ancien chef traître de la PNH, Léon Charles comme un lion dressé contre les siens, a été récompensé par l’OEA. Écœurant !
Malgré le cachet culturel mythique du mort qui reçoit toujours un dernier hommage familial et amical pour en faire le deuil, même les cadavres des courageux policiers n’avaient pas été récupérés. La sale reconquête du char blindé négociée en « 5 secondes » – en contrepartie d’une somme colossale – en aurait plus de valeur. Parlant de traîtrise, crime de lèse-patrie et fratricide au sommet, Haïti se souviendra toujours du crapule Léon Charles ! Entre autres.
Vous avez dit bandits des rues ? Alors, du papier hygiénique pour les malpropretés politiques concoctées par l’éminence criminelle officielle. Juste remémorez la façon ignoble dont Arnel a été « expulsé » du jeu vilain. Tôt ou tard, ses homologues connaîtront un verdict similaire. Ainsi va la vie. « Ce que l’homme aura semé, il le moissonnera aussi ».
Vers un projet salvateur, ce qu’il faut surtout à Haïti, ce sont les approches salutaires conçues en amont pour que les criminels officiels, en costume et à cravate, puissent périr entre les quatre murs ou entre les quatre planches avant d’être jetés à la géhenne.
Dans les méandres de cette indignité décennale, la dialectique se régale de la récente indignation exprimée par la diaspora haïtienne pour bannir Martelly de la scène publique. À maintes reprises, le véreux imposteur Michel Martelly, insensible aux douleurs de plus de onze millions d’âmes souffrantes au bercail et de cinq millions à la diaspora, a été déclaré persona non grata. Aux États-Unis, au Canada et récemment en France, ce malandrin a été refusé de performer pour continuer ses séries de blanchiment d’argent couplé d’antipathie et de misogynie. L’intelligence humaine a révolté et ne veut plus laisser faire la stupidité d’un clan répugnant dans ses dérisions. Bon signal !
C’est déjà une belle victoire de brandir carton rouge à des escrocs qui ont galvaudé les caisses du trésor public. Mais, en plus des actes de condamnation des comportements immoraux à travers l’annulation des concerts de ces pervers, en des gestes concrets il faut faire payer à la déloyauté ses dérives destructrices. La prison serait un minimum. Justice pour les familles des médecins, infirmières, commerçants, entrepreneurs, avocats, étudiants, professeurs et écoliers kidnappés et assassinés. « Kote Kòb CIRH a ? », « Kote Kòb Petrocaribe a » ?
Carly Dollin

