24 octobre 2026
Abel Descollines : La république du « Je m’en fous  » !
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Abel Descollines : La république du « Je m’en fous  » !

Par Abel Descollines 

Lundi 20 juin 2022 ((rezonodwes.com))– On doit être nombreux à penser que l’assassinat crapuleux d’un président de la république dans l’exercice de ces fonctions pouvait conduire les dirigeants haïtiens à une quelconque rédemption. 

Indépendamment des convictions politiques, l’assassinat d’un président au pouvoir n’est autre qu’un séisme politique. Un acte aussi odieux devait interpellé les consciences.

On oserait croire qu’un tel événement allait susciter les protagonistes du pouvoir politique à un changement de paradigme dans la manière de gouverner.

Toute la communauté nationale s’attendait à un nouveau départ. Mais non ! La réalité des faits prouve le contraire. La tournure des événements confirme l’entêtement et l’incrédulité des successeurs de Jovenel Moïse.

Le pays est au bord de l’asphyxie. C’est le statu quo ante. Personne n’est responsable de rien. La rupture tant prônée n’a même pas été l’objet d’une réunion ministérielle.

D’ailleurs, il semblerait que pour les heureux élus du « maître blanc », l’assassinat de Jovenel Moïse n’a été qu’un simple faits divers.

Dans la pratique, on ne change pas une équipe qui gagne. Comme dans le sport, le coach peut avoir décidé d’écarter un joueur de l’effectif. Et comme de fait, Jovenel Moïse n’est plus.

On dit que le pays à un gouvernement mais la gouvernance est quasi inexistante.
Haïti est devenue la risée du monde. Une république  de non-droit. Au point de faire penser que sa constitution est une chimère.

Les seuls chantiers qui marchent en Haïti sont les crimes de sang et les crimes financiers.
Les gangs sont en augmentation constante.  Ils sont devenus comme des acteurs au même titre que la communauté internationale qui décide de ceux qui doivent être à la tête du pays.

Les tenants du pouvoir utilisent les ressources financières de l’Etat comme s’il s’agit de leurs comptes en banque.

Les gangs procèdent en toute impunité à des kidnappings pour dépouiller les citoyens.
Les assassinats spectaculaires deviennent le quotidien des haïtiens. Un enfer !

Le désordre haïtien est systémique . Et nonobstant quelques exceptions, les détenteurs du pouvoir semblent travailler au maintien du désordre.

Le pays se transforme de plus en plus en une république abandonnée. C’est le règne du  » Je m’en fous « 

Comble du cynisme  !

Le maintien ou la durée au pouvoir des pseudos dirigeants haïtiens se détermine, non en fonction des résultats, mais  à l’aune des relations de dépendance qu’ils entretiennent avec des puissances étrangères.

« Loin, loin de toi , décide l’avenir de ton âme ». Cette pensée de l’intellectuel suisse Jean Zigler est révélatrice de la situation haïtienne. Il faut savoir, dans les démocraties occidentales, des manifestations populaires peuvent contraindre les gouvernants à changer de politique.

Quelques centaines de manifestants dans les rues, suffisent, pour influencer des décisions majeures au plus haut sommet de l’Etat dans ces démocraties tutélaires.
Dans la plupart  de ces pays occidentaux , certains dirigeants sont déjà contraints à la démission sous la pression populaire.

Malheureusement ! En Haïti, peu importe l’ampleur ou la durée, les manifestations populaires ne valent absolument rien dire aux décideurs. Quel que soit la justesse des revendications, tant que les décideurs étrangers n’auront pas choisir, les dépositaires du pouvoir se frottent les mains. Insensibles à la souffrance du peuple haïtien, ils s’amusent, bien au contraire, à ridiculiser les manifestations populaires. 

Partir à la recherche d’une photo de famille à l’occasion des sommets ou d’une réunion internationale semble avoir beaucoup plus d’importance pour les tenants du pouvoir haïtien. Doit-on désormais parler de l’anti-haitianisme de l’haïtien ? Tout compte fait, la République du  » Je m’en fous  » est insupportable. Influencer la politique d’un pays est discutable. Le rapport de puissance est une constance dans les relations internationales. 

Mais le fait de contribuer à mettre constamment un pays à genoux peut être interprété comme une forme d’humiliation ! Pour paraphraser l’autre, il ne faut pas « humilier » Haïti. Son peuple est résilient, travailleur, hospitalier, pacifiste…

Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est à l’indécence des élites qui ne cessent de compromettre l’avenir du peuple haïtien.

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