26 octobre 2026
Insécurité – Après la police, c’est la justice qui fuit le banditisme d’état en Haïti
Actualités Société

Insécurité – Après la police, c’est la justice qui fuit le banditisme d’état en Haïti

Insécurité : la justice fuit le banditisme, le juge Philippe Vincent évoque l’impossible cohabitation.

La décision du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) de transférer le décanat du Tribunal de première instance de Port-au-Prince au Tribunal de Paix section Sud de Port-au-Prince pour fuir le banditisme et la criminalité révèle d’un imbroglio, juge le Philippe Vincent.

Mardi 5 avril 2022 ((rezonodwes.com))– Moins d’une semaine après qu’un contingent d’environ une trentaine de policiers lourdement armés, instruits par le haut-commandement de la PNH pour partir sécuriser l’aérodrome des Cayes, après les événements du 29 mars dernier, ont dû emprunter, comme la population civile, le chemin rocailleux de Saint-Jude pour fuir la violence des gangs, la justice haïtienne abracadabra a emboîté le pas. Ainsi ne pourrait-on pas déduire que l’activiste Tèt Kale Fednel Monchéry et le chef des gangs G9 Jymmy Cherizier, accusés tous deux d’implication directe dans le sanglant massacre de La Saline, ne deviennent-ils pas non justiciables devant les tribunaux haïtiens ?

Le transfert de certains mobiliers du décanat du TPI de Port-au-Prince au Tribunal de Paix de la Section Sud provoque déjà la grogne. Le juge titulaire du Tribunal de la Section Sud, Philippe Vincent, quelques heures seulement après la décision du CSPJ d’autoriser la délocalisation du décanat, évoque l’impossible cohabitation entre les acteurs des deux instances judiciaires.

Espace exiguë, salles non appropriées, difficultés logistiques sont autant d’obstacles soulevés par le juge titulaire pour qualifier la mesure. Pour lui, les invités ne sont pas la bienvenue en raison des défis qui s’imposent. Il est question de trois espaces disponibles pour tenir les audiences, d’un environnement inadéquat, estime le juge.

Philippe Vincent, qui n’entend pas s’opposer à la décision, prévient les nouveaux venus que la tâche sera ardue et difficile. Dans la foulée, il charge le Conseil de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, instigateur de la démarche de pousser le CSPJ à délocaliser le décanat.

« Il y a d’autres espaces qui pourraient accueillir le décanat. Ici, la conscience doit guider les avocats et les acteurs de la chaine pour évaluer la mesure. C’est un imbroglio. C’est un État malpropre », a dénoncé Philippe.

À la suite de plusieurs sit-in et mobilisation tenus par le Barreau, le CSPJ a finalement cédé pour délocaliser le décanat. Cette disposition consiste à épargner les justiciables des dangers qui planent sur les usagers du Bicentenaire en proie quotidiennement aux cas d’assassinat, d’enlèvement, de braquage des gangs armés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.