Martissant: des affrontements entre gangs rivaux font des victimes, la circulation automobile paralysée. Tard dans la soirée du mardi, des crépitements d’armes automatiques ont résonné à Martissant, dans le conglomérat de l’entrée Sud de Port-au-Prince. Des affrontements entre gangs armés soldés par des victimes sont mis en cause dans ces escalades de violence.
Contrôler des territoires pour normaliser le crime, multiplier les cas de kidnappings, détourner les convois alimentaires entre autres motivent depuis les dernières 48 heures ces affrontements entre des fractions armées à Martissant. On ignore encore le nombre de victimes de ces conflits éclatés, cependant des sources font état des décès et des blessés dans les deux camps ennemis.
Dans la soirée du lundi, des rafales automatiques ont continué de troubler le sommeil des résidents des quartiers avoisinants de Savane-Pistache, de Carrefour-Feuille rapportent des témoins. Les détonations se sont prolongées jusqu’à l’aube du mardi avant de poursuivre dans le courant de la journée.
Parallèlement, les activités socioéconomiques ont été signalées au point mort. Le transport public, rare vecteur économique à tenir tête au milieu de ce chaos, a été mis à l’arrêt. Des conducteurs de véhicules renoncent à s’engager dans des initiatives à l’allure incertaine.
Les escalades de violence entre civils armés dirigés par «Ti lapli» et «Christla» interviennent dans un contexte critique de crise de l’essence. En raison des attaques, les compagnies pétrolières peinent à s’approvisionner dans le Terminal pétrolier de Thor. Un état de fait qui affecte grandement la distribution du carburant dans les pompes où la grogne se poursuit.
Par ailleurs, le kidnapping, lundi, des chauffeurs de camion-citernes, a contraint les membres de l’Association des chauffeurs des produits pétroliers d’Haïti (ACPPH) à rentrer en grève pour dénoncer les autorités policières et appeler à la libération des otages.
La Police nationale d’Haïti (PNH), sous le nouveau leadership de Frantz Elbé, demeure sans réaction en dépit des cris de détresse des hôpitaux, des compagnies de traitement d’eau potable face au risque de rupture de stock de carburant.
À ce tableau, le dysfonctionnement du Terminal pétrolier de Varreux interpelle. Les gangs de la coalition de «G-9 an fanmi» dirigés par Jimmy «Barbecue» Cherizier défient l’autorité de l’État en promettant de faire répandre la violence contre toute tentative d’approvisionnement dans ce site, sans la démission du premier ministre de facto Ariel Henry.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

