LETTRE OUVERTE AU COMITÉ DE RELIGIONS POUR LA PAIX
Vendredi 26 mars 2021 ((rezonodwes.com))–
Messieurs,
Je vous félicite d’avoir pris position en maintes fois en faveur du dénouement de la crise politique. Malgré vos succès antérieurs, le pays est toujours plongé dans un cercle vicieux délimité par le charivari de l’instabilité politique et l’hémorragie de l’insécurité urbaine. je vous invite à explorer une nouvelle stratégie pour mettre fin définitivement à cette crise permanente qui secoue notre société.
Premièrement, votre technique d’opération consiste jusqu’ici à servir d’intermédiaire entre les protagonistes, en l’occurrence le Pouvoir et l’Opposition. Malheureusement, les deux camps sont constitués d’éléments dangereux qui prônent la criminalité, l’injustice, l’immoralité, la corruption, l’incurie, la pauvreté, la stupeur et le désespoir. En interférant entre des organisations criminelles érigées sur des sacrifices humains, il faut éviter de donner l’impression que vous n’essayez de coordonner l’agressivité des vampires à la cruauté des ogres.
La gestion catastrophique de ces politiciens a plongé le pays dans l’improductivité, l’immobilisme, la prostitution, le banditisme tout en accélérant l’exode massif de nos jeunes vers les rives étrangères. En un mot, sur cette voie on entrevoit la fin imminente de la république.
Deuxièmement, il faut comprendre que l’instabilité politique émane en grande partie de notre régime politique, ce que la rue appelle « système ». Vous devez vous attaquer aux causes qui engendrent des crises récurrentes sans tenir compte de leurs effets pernicieux.
La solution passe par la redéfinition de l’État sous l’envergure d’une réforme générale.
Troisièmement, vous devez reconnaître que la potentialité nationale réside dans le camp de la majorité silencieuse, le secteur socioprofessionnel aussi bien que nos communautés externes.
Ainsi, toute action qui marginalise ces derniers dans le processus de changement conduira à l’échec, car la nouvelle élite politique émergera indubitablement desdits secteurs.
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Messieurs, face au péril national et l’effondrement systématique, je vous invite à repenser les négociations politiques en vous tenant cette fois-ci sur la bonne jambe non sur le mauvais pied.
Pour éviter que votre mission ne prenne l’allure d’une mise en scène, d’un cirque grimaçant, des pourparlers cyniques vous devez promulguer une alternative politique, motif de convocation.
A mon avis, il faut élargir le cercle des négociations en conviant un nouveau groupe d’interlocuteurs, soit les secteurs progressistes à la table de discussions.
Faut-il insérer à l’ordre du jour un volet sur l’avenir du pays et non des formules pour plaire les ambitions immédiates.
Ayez le courage d’aborder les chapitres comme le Développement national, l’Élaboration d’un nouvel pacte social, l’Édification d’un nouveau model d’État, l’Émergence d’une nouvelle classe politique, la Décentralisation administrative, la Délégation du pouvoir, la Reconstruction de l’unité nationale, le Lancement de l’action citoyenne l’Intégration sociale, pour conclure sur la Proposition de sortie de crise.
Je suis certain qu’un tel discours qui initie un nouveau dynamisme politique mettra en fuite les politiciens véreux, les malades du pouvoir en conviant les authentiques valeurs nationales au chevet de la patrie.
Pour cette conférence nationale, il faut retenir un nombre restreint, soit vingt et un (21) sièges, à raison de trois (3) pour le secteur universitaire, trois (3) pour le secteur socioprofessionnel, trois (3) pour le secteur syndical, trois (3) pour les policiers en difficulté. Les sièges restants seront ainsi répartis : trois (3) pour le Pouvoir en place, trois (3) à l’aile modérée de l’opposition, (3) trois à l’aile radicale dudit secteur.
Il revient à chaque secteur de sélectionner ses représentants. Mais, en cas de vacances, de conflits et de retard, les autres secteurs seront autorisés à remplir les fauteuils vides.
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Vu l’important d’une telle initiative, Religions pour la paix doivent engager des négociateurs professionnels, des experts indépendants, des personnalités apolitiques aptes à arrondir les angles, compenser les failles, trancher les différends.
Les audiences doivent être publiques et télévisées en faisant du français la langue officielle des négociations. Cette dernière disposition est dictée par le fait que les textes sont rédigés en français. En outre, cette préférence réduit la turbulence du populisme qui d’ailleurs est l’une des causes de nos malheurs.
Messieurs, le temps n’est plus à la démagogie mais aux actions concrètes. Votre instance ne doit plus négocier si ce n’est pour donner une nouvelle direction au pays, en faisant triompher la justice sur l’injustice, le développement sur le chaos, le progrès sur l’obscurantisme, la production sur la destruction enfin le courage sur la démission.
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Puisque la haine, l’ignorance et la passion déchirent notre pays, les documents savants que je publie sur la crise nationale passent le plus souvent inaperçus ou bien ont été clonés sur fond de malveillance et de malversation.
Dans votre quête de solution, je vous invite à consulter les documents suivants, Le Dossier de la transition, Le Manifeste de la nouvelle opposition nationale, Le Canon administratif, Le Guide du militant soit un ensemble de propositions que j’ai publié au cours des vingt dernières années.
En guise de récapitulation, j’invite votre organisation à redéfinir sa mission, de présenter une alternative cardinale, d’élargir le cercle de discussions en invitant de nouveaux interlocuteurs à la table de négociation afin de contrebalancer l’influence de la politique dans la recherche de solution.
Les points suivants ne sont pas négociables, à savoir l’Édification d’un nouvel État, l’Émergence d’une nouvelle élite politique tout en insistant sur la Nouvelle direction à donner au pays. Le mot d’ordre émane de la volonté de « rectifier nos contradictions politiques ».
En outre, il sera préférable que l’instance engage des négociateurs professionnels.
Je comprends que les responsables de Religions pour la paix jouissent d’un statut social élevé, disposent d’une source de revenu stable, héritent un certain niveau académique, ils sont pour ainsi dire « fils du système rétrograde ». Ces privilèges peuvent les empêchent de saisir l’ampleur de « la lutte des classes » et l’immensité du délabrement national.
L’heure est venue pour Religions pour la paix de prouver le poids de son utilité ou d’approuver l’envergure de sa nullité.
Veuillez agréer, Messieurs, toute ma considération.
Rony Blain
Initiateur de la Nouvelle opposition nationale
Auteur du Guide de la réforme haïtienne
New York, le 22 mars 2021

