18 octobre 2026
Des terrains de sport à la rue, la colère antiraciste gronde aux Etats-Unis
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Des terrains de sport à la rue, la colère antiraciste gronde aux Etats-Unis

Jeudi 27 août 2020 ((rezonodwes.com))–Les blessures infligées à l’Afro-Américain Jacob Blake par un policier blanc ont rallumé les braises de la colère antiraciste aux Etats-Unis, avec de nouvelles manifestations et une campagne de boycott du monde sportif, même si les basketteurs de la NBA semblent prêts à regagner les terrains.

Un calme précaire régnait jeudi à Kenosha, dans le nord des Etats-Unis, où des policiers fédéraux et des soldats de la Garde nationale ont été dépêchés après des violences qui ont fait deux morts et un blessé grave.

Un jeune de 17 ans, Kyle Rittenhouse, qui s’était joint à des groupes d’hommes en armes affichant leur volonté de « protéger » la ville, a été arrêté et inculpé pour ces meurtres. Il est soupçonné d’avoir ouvert le feu sur des manifestants avec un fusil d’assaut.

Pour rendre hommage à ces victimes, des centaines de personnes ont encore défié mercredi soir malgré le couvre-feu imposé par les autorités, sans laisser déborder leur colère contrairement aux trois nuits précédentes entachées par de nombreuses destructions. 

« Tout le monde s’attend à ce qu’on ait la rage, qu’on devienne fous, mais on va continuer à manifester dans le calme », a déclaré à l’AFP un musicien se présentant sous son nom de scène, Big Homie Trail.

« L’atmosphère a radicalement changé », a confirmé jeudi le shérif du comté David Beth lors d’une conférence de presse. « Il n’y avait que quelques centaines de personnes qui ont marché pacifiquement », a-t-il ajouté.

La nuit a été plus chaotique à Oakland, en Californie, où un tribunal a été pris pour cible, ou à Minneapolis, dans le Minnesota, où une vingtaine de commerces ont été pillés et vandalisés alors que circulait une rumeur de nouvelle bavure policière. 

La grande métropole du nord est à vif depuis la mort, le 25 mai, de George Floyd, un Afro-américain asphyxié par un policier blanc. Son calvaire, filmé par un témoin, a suscité la plus grande mobilisation antiraciste des dernières décennies aux Etats-Unis.

– « Organisation politique » –

Celle-ci s’était largement essoufflée ces dernières semaines, mais les plaies ont été rouvertes par l’affaire Jacob Blake. Ce père de famille de 29 ans a été touché, dimanche à Kenosha, de plusieurs balles dans le dos tirées à bout portant par un policier blanc. Selon son avocat, il restera paralysé.

L’auteur des tirs, l’agent Rusten Sheskey, a été mis à pied, mais n’a pas été arrêté ni inculpé. La justice fédérale a toutefois annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête en parallèle de celle menée par la justice locale.

Le drame a suscité une onde de choc et une mobilisation sans précédent des sportifs américains, enclenchée par l’équipe de basket-ball des Milwaukee Bucks. 

Ses joueurs ont boycotté un match et contraint la NBA à reporter plusieurs autres rencontres mercredi et jeudi. Assez pour que le président Donald Trump accuse la NBA d’être une « organisation politique » et de moquer leurs « très mauvaises » audiences.

D’après les médias américains, les joueurs ont toutefois décidé de reprendre la compétition dès vendredi.

La joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka a quant à elle refusé un temps de disputer la demi-finale du tournoi de Cincinnati, dont les organisateurs ont reporté d’un jour tous les matches prévus jeudi. Des matches de football et de baseball ont également été reportés.

– « De l’huile sur le feu » –

Sans un mot pour Jacob Blake, Donald Trump a mis l’accent sur les violences commises en marge des manifestations et juré qu’il ne tolèrerait pas « l’anarchie dans les rues américaines ».

Jeudi soir, il doit prononcer un discours depuis la Maison Blanche pour accepter la nomination de son parti comme candidat à la présidentielle du 3 novembre face au démocrate Joe Biden.

Ce dernier, que le président accuse de laxisme promettant le chaos s’il devait être élu, lui a renvoyé la balle. « Tout ce que fait le gouvernement c’est de jeter de l’huile sur le feu », a critiqué Joe Biden, en accusant Donald Trump de « vouloir détourner l’attention » de sa mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19.

Sa colistière, la sénatrice noire Kamala Harris, a enfoncé le clou, en appelant à ne pas confondre les manifestants pacifiques et ceux qui commettent des violences. « Et soyons clairs, nous ne laisserons pas les milices et les extrémistes faire dérailler le train de la justice », a-t-elle ajouté alors que le président a régulièrement soutenu le droit des Américains à l’auto-défense.

bur-chp/cjc

© Agence France-Presse

1 Comment

  • Endijen 28 août 2020

    Comprendre l’histoire…. la Longue Marche…. la Lutte Continue…

    Dès 1900, des démocrates au sein du Sénat empêchaient à un projet de loi anti-Lynchage d’atterrir sur le Bureau du président à la Maison Blanche. À l’époque, c’est le député républicain NOIR George Henry White qui avait introduit le Projet de Loi de faire du Lynchage un Crime fédéral.

    Quelques années plus tard, en 1918, le député républicain Leonidas C. Dyer marchait sur les traces de M. White, en venant avec le Projet Anti-Lynchage. Finalement, le 26 janvier 1922, le projet de loi avait passé le cap de la chambre des députés. Et le président républicain Warren G. Harding n’hésitait pas à apporter son soutien au politicien réformateur, officier de l’armée et activiste des droits civiques, M. Dyer. Vwa pwezidan an pat ase. Se konsa, Pwojè a MOURI nan Sena, les démocrates opposaient en disant de laisser cette tâche pour les États… De 1922 à 1932, des sénateurs démocrates ne voulaient pas voir l’aboutissement du projet de loi sur l’Anti-Lynchage.

    En 1932, l’association pour l’Avancement des Noirs mettait tout son poids dans la balance pour l’élection du candidat démocrate Francklin D. Roosevelt. En effet, ce dernier a été élu. En 1934, les démocrates Costigan/Wagner ne prenaient pas trop de temps en vue d’introduire le Projet de Loi Anti-Lynchage pour mettre le président face à ses responsabilités. Il refusait de se prononcer sur le projet de loi. Par la suite, il s’exprimait en disant, si toutefois il s’associait à un tel projet, les votants blancs dans le Sud ne l’oubliaient jamais et il risquerait de perdre la prochaine élection. La politique politicienne avait raison sur les questions d’intérêt national. Il paraît, l’association des noirs et leurs noirs eux-mêmes n’avaient pas tiré aucune Leçon dans les méandres de la politique… en mettant leurs oeufs dans un seul panier. La tragédie continue…

    Entre-temps de 1889 à 1918, plus de 2500 noirs ont été lynchés. Sa Poko Anyen, entre 1882 à 1968, à peu près 200 Projets de Lois sur l’Anti-Lynchage, seulement 3 passaient le cap de la chambre des députés. De 1890 à 1952, sept présidents demandaient aux membres du parlement de travailler à faire aboutir le projet de loi sur l’Anti-Lynchage. NIET. Les sénateurs démocrates dans le Sud ne le voyaient pas ainsi. JOU ALE, JOU VINI. On n’entendait plus parler de ce BILL pour utiliser le langage américain. Les parlementaires avaient d’autres chiens à fouetter. Et pourtant, ils allaient rater l’occasion de Prévenir l’assassinat du jeune EMMETT TILL par Lynchage et éviter le CHAOS à la George FLOYD. Te gen anpil KAO nan moman. Emmett Till se te 1e estasyon. George Floyd, 2e estasyon.

    Le 28 Août 1955, Emmett Till 14 ans, a été lynché dans l’Etat du Mississippi soi-disant pour avoir touché/flirté avec une femme mariée de 21 ans, Carolyn Bryant. Cette nouvelle allait mettre les États Unis en branle pendant plusieurs jours, jusqu’à l’inhumation de l’innocent TILL. La lettre C était à l’honneur: CASSES et CHAOS. Le monde entier avait découvert la face de l’Amérique antimoun nwè.

    Bien souvent les dates sont très édifiantes dans certains récits. Qui a parlé du racisme systémique et institionnel? Il ne s’agit pas de la Science Fiction, les démocrates et les républicains ont défilé au pouvoir de 1955 à 2018, aucun Projet de Loi n’avait vu le jour. Sa Fè 64 Tran! Tantôt les démocrates étaient en Majorité dans les deux chambres, tantôt les républicains avaient le dessus. Un activiste politique et ami de la famille d’ Emmett TILL agitait (LOBBY) le dossier Anti-Lynchage auprès de certains parlementaires. C’est ainsi, le 3 mars 2019, le démocrate noir Bobby L. RUSH (député de l’Illinois depuis 1993, 1e district) allait mettre sur la table, H.R.35- Emmett Till Antilynching Act. Un an plus tard, le BILL a été voté, soit le 26 février 2020. Il est bon de savoir comment les députés avaient voté: 188 républicains, oui. 6 républicains, abstentions. 222 démocrates, oui. 10 démocrates, abstentions, parmi lesquels JOHN LEWIS. Il reste à déterminer ses motivations. 1 indépendant, Justin Amash, NON.

    Dès le 27 février 2020, le Bureau de la chambre des députés avait déposé le Bill au Bureau du président du Sénat, le dur à cuir Mitch McConnell.
    Ce n’est pas encore le BOUT du TUNNEL. L’assassinat de George FLOYD ne fait pas bouger les lignes. Le 5 juin 2020, le Projet de Loi avait atterri dans l’assemblée pour des discussions/débats. À l’ « unanimité, » 99 sénateurs ne trouvaient rien à épiloguer. Le sénateur RAND PAUL exprimait ses réserves. « M. Paul said that he took lynching seriously, this legislation does not. » (1). Le sénateur noir républicain TIM SCOTT ne manquait pas de mettre ses empreintes dans la Legislation. Les sénateurs Cory Booker et Kamala Harris voulaient même prier pour demander à M. PAUL de laisser tomber ses Objections. Peine perdue. Les démocrates appelaient, « the episode a missed opportunity. » (2)

    Dans la foulée, les policiers continuent la chasse à l’homme noir. La leçon de George FLOYD ne servait à rien. Maintenant, c’est le tour de Jacob BLAKE de passer par les armes. L’ Amérique s’offre encore en Spectacle gratis ticheri. Le mal est très profond! Les sportifs se mobilisent pour dénoncer ces injustices raciales. Et pourtant, malgré M. BLAKE est déjà paralysé par les projectiles. Le 26 août, aux dires de son père, il était encore menotté. Ou moun ta di se manti wi. Rien que la vérité!

    Comme dans tous les cas, il y a des Lois qui protègent les policiers. Peu importe la Couleur Politique des autorités en charge dans tel ou tel État, cela ne fait aucune différence. Quatre jours plus tard, le présumé assassin de Floyd ne s’inquiétait pas. Le directeur général de la Police et le ministre de la justice sont des Noirs et des Démocrates.

    En décortiquant le Système Américain, en voyant le fonctionnement des acteurs tous poils confondus, il ne fait pas de doute, si les républicains avaient embrasé la cause des Noirs, la patrie de Donald Trump serait sur le point de divorcer avec le racisme systémique et institutionnel. Repibliken pa fo’ nan pale anpil, se foure men pran. Dans les années à venir, les Noirs les plus conscients et instruits finiront par être beaucoup plus des républicains. Ce n’est pas de la propagande, le président Donald Trump a bien servi la cause des noirs, en touchant certains dossiers que son prédécesseur devait plutôt donner des solutions. Ce n’est qu’un constat!

    Ce n’est pas la peine de s’éterniser sur le citoyen Jon Ponder. Ouf! La femme noire, ALICE JOHNSON était sans appel dans ses affirmations, « Trump’s compassion set me free. » Il y a de quoi réjouir l’analyste politique Laura Ingraham. Mme Johnson fait avancer son agenda…

    Il était nécessaire de partager certains faits historiques avec vous et mon vécu…

    Témoin historique

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