La conférence nationale est synonyme de dialogues continus entre toutes les différents secteurs d’une nation organisés dans l’intention d’aboutir à son autosuffisance économique tout en améliorant son système électoral, le fonctionnement des ses institutions, ses relations internationales et ses politiques publiques pour achever la justice sociale, le respect des droits fondamentaux de tous les citoyens, indépendamment de leur gendre, leur statut social ou leur orientation sexuelle. En Haïti, la conférence nationale a été, reste et demeure une utopie en raison de manques d’initiatives gouvernementales et d’absence d’engagement et de compétences des acteurs politiques.
Lundi 13 juillet 2020 ((rezonodwes.com))– Depuis 2005, les débats sur la réalisation de la conférence nationale ne réduisent pas les fossés profonds entre le gouvernement et le peuple, ni ont-ils ouvert les portes du dialogue entre les différents secteurs du pays pour conduire Haïti vers la voie de la paix, de la concorde et du développement durable.
Il semble bien que la conférence nationale n’est pas en vue parce que le gouvernement n’en démontre aucun intérêt et parce que les contrats néolibéraux pendent comme des boucles autour du cou d’Haïti. Les têtes d’affiches socialisant la tenue de la conférence nationale sont nombreuses ces récentes années si bien qu’elle devient un cliché tenu par plusieurs leaders politiques sans qu’ils n’aient une vision concrète des procédures, des participants ou des points de discussion pour sa réalisation.
En attendant qu’elle soit, voici une alternative qui englobe toute la colère, la frustration et l’espoir du peuple haïtien ainsi qui pourrait mener Haïti vers la durabilité sociétale, sociale, politique et économique ainsi que vers son indépendance de la communauté internationale :
1. Accès, disponibilité, abordabilité et continuité des soins médicaux pour que la santé en Haïti ne soit plus un luxe, un privilège, une sentence de mort ou un slogan, mais un droit fondamental au sens vrai du mot.
2. Accès, disponibilité, abordabilité et continuité de l’éducation pour qu’elle ne soit plus un défi pour certains élèves et un fardeau pour d’autres
3. Accès, disponibilité, abordabilité et fiabilité de l’électricité
4. Décentraliser le système électoral pour que chaque commune organise ses élections
5. Renforcer les gouvernements locaux avec des experts dans les domaines de l’administration, des politiques publiques et de la gestion des programmes pour que les collectivités territoriales deviennent des territoires d’opportunités
6. Décentraliser, déconcentrer et conclure des partenariats publics privés pour la distribution des services publics et pour que les taxes communales financent les projets locaux
7. Organiser des élections indirectes pour la formation d’assemblées municipales, départementales et interdépartementales
8. Revoir la diplomatie avec les forces étrangères pour s’assurer que les conventions internationales sont alignées avec la volonté du peuple et que la politique d’aide humanitaire profite à la souveraineté nationale
9. Renforcer les institutions du pays pour assurer la réglementation et la surveillance des dépenses publiques.
10. Obliger les partis politiques à présenter des plans d’actions fondés sur l’alphabétisation politique au niveau le plus bas du pays
11. Redéfinir la production nationale pour refléter non seulement les cultures, mais aussi la sous-traitance et la gestion des connaissances.
12. Appliquer les outils de la technologie numérique ou de l’intelligence artificielle pour renter le pays dans l’ère du e-gouvernement et de la e-gouvernance.
Une telle alternative est alignée avec la législation haïtienne et les conventions internationales signées par le pays. Elle procèdera à un inventaire de compétences, d’aptitudes, d’expertises et de capacités haïtiennes pour être réparties en clusters. Par exemple, les médecins formeront le cluster santé, les avocats formeront le cluster justice et droit, les professeurs formeront le cluster éducation, les ingénieurs formeront le cluster énergie, les entrepreneurs formeront le cluster emploi et industrie et ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les compétences soient mises en œuvre.
Chaque cluster organisera des séances au cours desquelles les membres réfléchiront pour identifier les problèmes dans leur domaine spécifique de responsabilités et développeront des plans d’actions pour résoudre les problèmes identifiés. Les clusters, en général, seront chargés de développer des stratégies qui, une fois mises en œuvre, relieront les communautés et réduiront le gouvernement central en tant que backup aux gouvernements locaux.
Les 12 points de politiques publiques de cette alternative promeuvent et assurent une représentation efficace de la population, des compétences et des problèmes persistants du pays. Contrairement à la conférence nationale, cette alternative ne requiert pas l’initiation, la convocation ou l’autorisation du gouvernement ; elle sera initiée par les partis politiques, les militants et les activistes politiques ainsi que par les investisseurs et les cadres du pays. Néanmoins, elle peut servir de plan ou de feuille de route à la conférence nationale souveraine au cas où elle serait tenue.
Les 12 points tournent autour de la communication sociale, l’harmonie, la sensibilisation et la bonne utilisation des compétences du pays au sens que chaque cluster interviendra dans les domaines dans lesquels ils en sont experts. A l’instar de la conférence nationale souveraine universelle développée en 24 points par l’auteur Gaston MAHOUNGOU et qui est en train d’être prônée pour Haïti par M. Patrick Pierre-Louis, cette alternative est aussi un programme politique pour établir une Haïti influente, puissante et prospère.
Les obstacles au dialogue national révèlent du fait que la formation de la commission pour organiser les états généraux sectoriels doit être initiée par le gouvernement central ; ainsi donnant au gouvernement l’autorité suprême d’orienter le dialogue national. Cette alternative est différente, meilleure et plus pragmatique que la conférence nationale au sens qu’elle est l’initiative du peuple et qu’elle peut être initiée au niveau local, par le citoyen le plus moyen ou par les assemblées municipales, pour identifier les problèmes locaux pour développer des solutions locales.
En outre, l’opposition, les partis politiques et la société civile ont l’ultime pouvoir de forcer le gouvernement à initier cette dite conférence. Il est question de changer la narrative pour exiger que le gouvernement se positionne publiquement sur les résultats des enquêtes et des plans d’actions communautaires.
Dr. Bobb RJJF Rousseau
509-204-2773

