Quand le président Jovenel Moïse se targue d’être vice-dieu d’Haïti et que même les malades mentaux le prennent pour un bouffon à nul autre pareil à la magistrature suprême de l’État.
par le professeur Antoine Nérilus.
Jeudi 23 juillet 2020 ((rezonodwes.com))–
En pleine crise socio-économico-politique aiguë à laquelle le peuple haïtien est en butte dans son apogée dangereuse depuis plus de trois ans, le président Moïse n’a de cesse d’envenimer la plaie à chaque fois qu’il a la malheureuse opportunité de s’adresser à la nation.
Le président fait pitié, du discours ridicule que le peuple a su intituler » POINT BARRE », en passant par Le fameux » SUIVEZ MON REGARD » tenu dans la cour du palais préfabriqué à la fin de l’an 2019, pour ensuite se faire chahuter par la population, à nouveau, dans ses errances élocutives du 19 juillet dans lesquelles l’ingénieur, auto-proclamé, déclare qu’après Dieu il a le « plein pouvoir » sur la terre de Jean Jacques Dessalines le Grand, le premier anti-esclavagiste et libérateur non partisan du monde.
» Pa gen moun apre bondje ki gen pouvwa pase m nan peyi a, paske se mwen ki prezidan », dixit Jovenel Moïse, dans un contexte où il est évident que le chef de L’État semble n’avoir de pouvoir que pour dire haut et fort qu’il est le président d’une République avilie à longueurs de journées sans faire preuve d’aucune autorité. Le président n’a jamais rendu possible l’organisation d’élections depuis sa prise de fonction. Résultat ? Pas de parlement. Il a le plein pouvoir. Le pouvoir sans autorité est futile, bouffon et vide. Une vacuité qui emplit la tête d’un président qui rappelle son titre à qui veut l’entendre, à chaque minute de sa vie, à chaque battement de cils, dirait-on.
Un président qui n’a aucune autorité même sur les ministres de son gouvernement, qui ne peut gagner la confiance de qui que ce soit de son entourage, un président esseulé, édenté politiquement, à nous baser sur les abandons dont il est l’objet par certains de ses hauts sbires et fins adulateurs ses trois dernières années, en cascade.
« Après Dieu, personne n’ose penser detenir plus de pouvoir que moi dans ce pays », en écarquillant les yeux comme un poisson sur le point d’être enlevé de l’eau douce dans laquelle il puise son aise. Un vice-dieu, point barre.
Vice, du substantif vicis, du latin. À la place de. Pour.
Quelle que soit sa croyance, on comprendra que dans l’imaginaire haïtien, à un très fort pourcentage, que le concept « Dieu » ou « dieu » marque la prescience, l’omnipotence, la Toute-Puissance, la bonté, l’amour, entr’autres.
Aucune de ses caractéristiques semble ne seoir au président Jovenel Moïse qui n’a pu rien faire pour tenir ses promesses de campagne électorale envers la population qui le surnomme de tout, sauf de bon.
L’ inexpérience du président de la République dans les affaires politiques de son pays l’a, sans doute, plongé dans un narcissisme présidentiel sans fin. Il a du mal à en croire ses yeux en voyant l’écharpe présidentielle en bandoulière sur sa poitrine sur-enflée d’orgueil et de folie. Je suis président. Je suis président. Un refrain lassant. Lassant par l’incapacité et l’immaturité politiques du sujet, par son manque de couilles face aux gangs armés dont il aurait les commandes, selon son ex-conseiller, Me Georges, lassant par sa mégalomanie ridicule et par son inaptitude à faire promouvoir un État de Droit où les prescrits démocratiques et humanocratiques seraient respectés sur les plans social, sécuritaire, civil et politique.
Aucun accompagnement social au peuple haïtien qui végète dans une misère plus noire que le black-out Jovenelien. Aucun effort pour relancer l’économie exsangue ou pour faire face à la dévaluation de la devise nationale face au dollar américain, mais, on doit se le rappeler, il se dit président.
Je suis président. Je suis président. Puis, sa langue a fourché, je suis celui qui vient tout de suite après Dieu dans ce pays, en dépit de la crasse dans laquelle vit son peuple, en dépit des turpitudes diverses, de toutes sortes.
Un vicaire nul ? Certaines gens ont pensé à la hiérarchie céleste telle présentée dans certains récits cabbalistiques et rient du premier citoyen de la nation qui utilise des thèmes ou des images dont il en ignore le sens.
Un président bouffon, drôle, qui se répète sans cesse, sans gêne aucun et la nation continue sa descente vers l’abîme de la honte économique, vers l’avilissement et la ganstérisation officialisée sous le règne imaginaire d’un demi-dieu dont les bras et les pieds politiques sont amputés par son ignorance en matière de gestion d’État.
M. Moïse croit dur comme fer que le « pouvoir » à lui conféré vient de Dieu, maintenant il déclare succéder à Dieu, en termes de grandeur et de pouvoir.
Ne parviendra-t-il pas à détrôner ce Dieu dont il est si près ouqui donc sera le prochain vicarius filii Dei sur la terre d’Haïti dans les ans à venir d’autant qu’il veut à tout prix, contre vents et marées, organiser des élections ou des sélections dont il en connaîtrait déjà les résultats?
« Plus personne ne peut nous ravir ce pouvoir, quelle que soit la date des élections et peu importe qui les organisera », Jovenel Moïse. »Le pouvoir est une forme de folie, certaines personnes sont prêtes à tout pour l’avoir et le garder », Averroès.
En Haïti, ce semble être la démence à son comble.
Professeur Antoine Nérilus
Enseignant, politiste, poète.

