Aux doléances visant de meilleures conditions de travail et d’augmentation de salaire viennent s’ajouter la libération du policier Jean Pascal Alexandre (agent de la BLTS incarcéré) et la fin des persécutions à l’encontre de Yanick Joseph, coordonnatrice du syndicat. Dans le sillage du 25ème anniversaire de l’institution policière, les policiers du Syndicat de la Police nationale d’Haïti menacent de poursuivre le mouvement à Port-au-Prince les 11, 12 et 13 Juin prochains
Dimanche 7 juin 2020 ((rezonodwes.com))– Une foule de protestataires, composée majoritairement d’agents de l’ordre encagoulés, partie du Champs-de-Mars, dévalait ce dimanche 7 juin, l’Avenue Martin Luther King au centre-ville de Port-au-Prince. La large banderole, au message de solidarité envers des travailleurs de presse, déroulée par les organisateurs dirigeait le mouvement, pouvait-on observer.
Parallèlement, au Carrefour de la Résistance, un impressionnant dispositif sécuritaire instruit par le Haut-Commandement de la Police nationale d’Haïti mettait à exécution ses premières offensives. Des regroupements épars de militants ont vite été réprimés par les agents en poste sous le viaduc. En recourant au gaz lacrymogène, des policiers accompagnés de blindés y ont dispersé plusieurs tentatives de rassemblements de militants politiques.
À l’arrivée des premières vagues de manifestants conduits par les policiers protestataires, un vent de tension a soufflé dans les parages du Carrefour de l’Aéroport.
Des agents de l’ordre retranchés dans des véhicules blindés ont fait usage à profusion de gaz lacrymogène sur la foule de gens. Au moins 3 personnes s’en étaient sorties blessées dont deux journalistes (Jessica Jourdain et Johnson César). Les policiers du SPNH-17, visiblement déterminés, ont dû braver ces épreuves ayant été au-dessus de leur force. D’un geste de solidarité, ils se sont joints les mains pour vaincre cet épisode en dépit des assauts répètes de gaz lacrymogène lancés par leurs pairs.
Jusqu’à Delmas 32, le tableau d’une autoroute de Delmas en état de siège s’imposait. Des flammes consécutives aux barricades de pneus érigées noircissaient le ciel de la commune, a-t-on constaté. Des militants politiques outrés par le comportement des policiers en charge de la sécurité de la marche, ont au passage, érigé des barricades avec des pierres, des carcasses de véhicules et des amas de détritus sur la chaussée, paralysant, du coup, la circulation automobile. Des usagers de la voie publique et des automobilistes se bousculaient en vue de se soustraire à cette violence.
À l’avenue Lamartinière, au centre-ville de Port-au-Prince, l’horizon incandescent de pneus en flammes dominait le panorama. Des sections pratiquement occupées par des militants chauffés à blanc devenaient inaccessibles aux piétons et automobilistes. Pour une rare fois, les policiers s’étaient abonnés au mouvement pacifique sans agresser des citoyens et sans attaquer les édifices publics.
Au final, les organisateurs envisagent de poursuivre la mobilisation. Un policier encagoulé, requérant l’anonymat, annonce 3 nouvelles journées de manifestation à Port-au-Prince les 11, 12 et 13 juin prochains pour se solidariser avec les proches de l’afro-américain George Floyd et exiger de meilleures conditions de travail.
Hervé Noel
Crédits photo : Evens Legrand


