« A quoi bon d’être riche sans être respecté; un riche malhonnête est plus pauvre qu’un honnête pauvre. Sans dignité, vous vivez tête baissée et vous ne valez absolument rien. La dignité vaut plus que toutes les richesses de ce monde ». Tropicana1 (Kenbe diyite w (1993).
Dimanche 17 mai 2020 ((rezonodwes.com))– Aux directoires des offices, au répertoire des cadres publics et derrière les comptoirs des bureaux de l’Immigration, la DGI, l’ONA, l’APN, l’ONI, l’OAVCT, la Douane, l’Aéroport, le Parquet, les Consulats, la Poste, les Archives nationales et les ministères, vous êtes le con, le mauvais larron et le dindon de la farce de vos collègues espiègles quand vous jurez d’honorer les principes sacro-saints de la méritocratie, la démocratie et les enseignements des Saintes Ecritures qui préconisent « Tu ne voleras point ».
Quand vous respectez les lignes de la droiture, la loyauté et la probité pour épouser les vertus et les valeurs intrinsèques, qui exigent alors abnégation, modération, régulation, sanctification et renonciation aux malversations jusqu’à l’éventualité de subir des souffrances physiques mais au profit du bien-être spirituel ; par sophisme et paralogisme, le commun des mortels vous taxe d’égarés, d’arriérés et d’hébétés. En vertu des facultés magnanimes à prendre des reculs pour ne pas s’immiscer dans des affaires louches, les dignitaires sans dignité font des amalgames en y voyant chez le cadre intègre des gènes d’arrogance, de trisomie mosaïque et de Syndrome de Klinefelter. Les collègues qui se la coulent douce en se tournant les pouces, vous repoussent, vous éclaboussent et vous poussent à jeter l’éponge quand la culture du travail bien fait, la franchise, la qualité et la quête de l’excellence sont vos boussoles.
La perversion sous toutes ses facettes
A la Capitale du jeu pervers de la corruption effrénée, le technicien est perçu comme un extraterrestre, un mutant et un travesti quand il jure de ne jamais faire main basse dans les coffres-forts et le trésor public pour assurer son confort sans effort aucun. Le gestionnaire de projets qui ne manigance pas des stratagèmes pour corrompre son comptable dans des détournements de fonds des projets publics, est indexé de Tom et tagué de Bouki. S’il reçoit une invitation à un diner de son supérieur véreux, ce n’est que dans l’objectif de l’exposer comme le champion des cons de la soirée.
Le ministre qui ne se soûle pas au frais de la princesse, qui ne roule pas le véhicule le plus luxueux, qui ne détient pas un compte bancaire de plus de dix chiffres dans les paradis fiscaux et qui ne construit pas, après sa prise de fonction, une maison valant millions de dollars, serait passé pour un crétin et un « kokorat » aux yeux de ses homologues et de la population.
Le sénateur qui ne remporte pas la palme en semant le drame, vendant son âme dans des missions infâmes, des trafics d’influence, des délits d’initiés et des entreprises déloyales pour sucer les organismes autonomes, serait catalogué de cerveau percuté par l’hémochromatose, la mucoviscidose et la drépanocytose. La bigamie, la polygamie et la polyandrie étaient comme officialisées sous le règne de ces derniers pères-conscrits décriés du Grand-Corps dépourvu de cœur et de tête, qui vendaient des postes ministériels en contrepartie de concubinage et de mariage clandestin avec des heureuses élues au timon des affaires, sans expérience, sans science, sans conscience et sans vergogne. De manière pernicieuse et insidieuse, ils déclarent avoir reçu l’aval du familial, du pontifical, du cathédral et de leur rival dans de tel acte bancal et asocial ? Un comportement tout à fait médiéval !
Le député qui n’approuve pas des contrats de conflits d’intérêts, de surfacturation et pluri-facturation, serait traité de champion des imbéciles. Les gouverneurs, présidents de banques et représentants d’associations non impliqués dans le blanchiment d’argent, des rackets, des deals souterrains, des ventes de visas et des pots de vin, seraient casés de « gwo nanm » par leurs congénères souillés dans les malversations et les prévarications. L’honorable citoyen soucieux du bien public qui ne se déprave pas dans l’usage abusif du véhicule immatriculé SE ou OF pour ratiboiser la fraîcheur, l’honneur et la dignité des jeunes filles et planifier des missions mercantilistes mesquines, est jugé d’ignorant et de déchu de la névrose hystérique.
Les conseillers, directeurs généraux et « directeurs d’opinions » qui n’auraient pas avalé leur personnalité dans la flatterie pour badigeonner l’administration publique et notre diplomatie d’imposture et d’usurpation avec des corps sans têtes, des têtes sans cerveaux et des cerveaux sans matière grise, sont méprisés par leurs camarades pourris comme s’ils étaient des retardés d’une rare espèce.
Les patrons de médias et les journalistes qui ne marchandent pas leurs micros pour prendre la défense des kidnappeurs, violeurs, voleurs, bandits et corrompus pour leur soutirer de l’argent dans des chantages et des menaces de dénonciations, seraient classés de Martiens et de bossus déformés par l’inversion péricentrique et paracentrique des chromosomes. Les musiciens, artistes, diplomates et présidents de clubs qui ne se font pas médiateurs et ambassadeurs des contrebandiers et dealers de cocaïne, étonnent les esprits emprisonnés et possédés par les démons de la richesse facile. De fidèles serviteurs de Mammon !
Les avocats et les juges qui n’enfilent pas leurs toges pour brandir « In limine litis » des expressions ampoulées pour camoufler, trahir la patrie, défendre des causes du diable, s’enrichir illicitement en emportant sur leurs passages délictueux, terrain et argent sale, seraient étiquetés par leurs pairs, d’individus tombés de la dernière pluie. Objection votre honneur, la prison est plutôt réservée aux petits voleurs de poules ; mais pas aux gros poissons qui ont rempli leurs poches, construit des entreprises et des maisons privées valant plusieurs millions de dollars en fourrant leurs longs doigts dans les fonds du Petrocaribe, de la CIRH, des dollars cinquante-FNE, des caisses des ministères et des organismes autonomes. Au sein de la plupart des OI et ONG, la BID, l’OEA, la Banque mondiale et l’Union européenne, s’attisent les mêmes jeux, enjeux et anti-jeux déloyaux de la corruption avec des clans nationaux, régionaux et internationaux.
Dans notre pays imbibé de flagornerie, convoitise et cupidité, la justice est cette femme aux yeux bandés qui voit de toutes les couleurs.
Au cours de ce règne répugnant de médiocrité, rapacité et avidité à vive allure, la dignité et la personnalité sont périclitées, banalisées et ridiculisées par des bandits, criminels, imposteurs et usurpateurs qui prennent en otage les sphères des institutions clés de la République. De Martelly à Jovenel, la Cité est pervertie en passant à vitesse TGV du stade de la médiocratie à celui de la kakistocratie. Ca va de mal en pis dans tous les secteurs clés de la vie nationale.
Triste inversion des références
Autrefois, le petit escroc du quartier s’était lui-même interdit des sièges à côté de la table des jeux amicaux de dominos, de cartes, dans les clubs de sport, sur le terrain de football, de volleyball et de basketball. Au cas où il aurait bénéficié du pardon de la communauté, devait marcher tête baissée celui qui chipait une patte de bananes, des œufs, une poule, des épis de maïs ou un cabri.
Idées folles et bizarres qu’une jeune fille de la zone aurait décerné sa fleur de pucelle à un malandrin qui aurait monté le train malsain des actes inhumains même s’il avait marraine et parrain pour l’épauler dans son baratin. Même la pute dans le besoin, défendant son pain dans le pétrin, n’aurait pas livré son sein à un malsain ni ses mains à un malin qui aurait rempli son panier de mauvais butin. Le même refrain entonné par les copains, les prochains, les mondains, les chrétiens et les souverains du temps ancien : « Eviction sociale du vilain en un tour de main ! » Mais, putain, où sont passées ces références de la décence, de la phosphorescence et la magnificence ? Les actuelles crises de valeurs désacralisent les institutions, atomisent les balises et enlisent le pays dans une dégénérescence pluridimensionnelle.
En violation des lois républicaines ; aujourd’hui, la cleptomanie s’assoit confortablement sur les fauteuils bourrés, au palais, à la primature, dans les salons des ministères, dans la diplomatie nationale, internationale et au sein des directions générales.
L’imposture défile avec arrogance, dans une fière allure, au son de sirène tonitruante, exposant plaques officielles, kalachnikovs, mitraillettes, billets rouges et billets verts dans tous les coins et les recoins du pays. Hier, la bêtise était rejetée d’un revers de main par les jeunes filles et leurs parents ; aujourd’hui, tapis rouge est déroulé pour les dealers, les bluffeurs, les usurpateurs, les criminels moyennant qu’ils soient pleins aux as, peu importe les conditions d’acquisition de leurs fortunes.
La marque familiale et le nom de famille, sacrés jadis, sont aujourd’hui vilipendés et cloués au pilori, par des sans scrupule plongés dans des projets de braquage, banditisme, kidnapping et trafic illicite. Les valeurs universelles sont menottées et éclaboussées avec dédain par des requins, des mesquins et des coquins de grand chemin.
Autrefois, la femme de César ne devait même pas être soupçonnée pour la déguerpir du palais royal. Présentement, cette figure officielle, prise la main dans le sac dans l’infidélité, la connivence avec le banditisme, la déloyauté, le délit, le conflit, l’injustice et le culte de personnalité, monte l’estrade pour être couronnée et honorée par les dégénérés au contrôle des clés de voute de la Cité.
Décennie de la victoire insolente de la voyoucratie, la mégalomanie, la pyromanie, la toxicomanie, l’érotomanie et la boulimie officielle à outrance; le snobisme, le manfoubinisme, l’égocentrisme, le clientélisme, l’antipatriotisme, l’atavisme et le banditisme règnent en maîtres et seigneurs au sein des médias, au parlement, à la présidence et aux ministères. Une véritable grossesse ectopique en perdition !
Si carton rouge n’est pas brandi avec véhémence à ces charlatans, racketteurs et cyniques contrebandiers politiques, la santé, le loisir, l’éducation, la paix et la sécurité auront rendu les derniers honneurs pour se retrouver entre quatre planches et à six pieds au-dessous du sol.
Le retour à l’équilibre
Des réponses soutenables à cette dérive multiforme de la décadence des valeurs fondatrices qui distinguent l’être de raison des animaux, nécessitent des changements drastiques de mentalité, l’application rigoureuse des normes institutionnelles et une nouvelle alliance avec les anciennes mœurs. En ligne avec les directives et les prescrits des instances de promotion des droits de l’homme qui fondent leur existence sur la sauvegarde de la dignité et la défense de la personnalité de tout humain, le renforcement des institutions doit être amorcé et des sacrifices personnels doivent être consentis pour remettre à l’heure les pendules de la justice, la rectitude et l’intégrité.
Les électeurs ne doivent plus s’ébranler devant les billets de mille gourdes pour banaliser leurs bulletins de votes ; ce comportement ignoble de marchander sa carte électorale pour un job indécent, des marmites de riz, des bidons d’huile et des bananes pourries, ne sied pas avec notre mentalité de peuple fier issu des chromosomes de Toussaint et de Dessalines. D’ailleurs, le constat catastrophique saute aux yeux ; les billets de mille gourdes s’évaporent dans un simple déjeuner et sont volés en fumée comme une fusée propulsée à vitesse d’évasion. Par la même occasion, l’insécurité, l’instabilité, la misère et la pauvreté se sont amplifiées. Les poches sont coulées et les assiettes ne reçoivent même pas un morceau de banane pourrie. Mieux valait refuser les billets rouges et billets verts pour plébisciter la dignité et l’intégrité dans les décisions stratégiques de la nation. On aurait eu la satisfaction de jouir durablement des soins de santé, du pain de l’instruction, du loisir et du bien-être collectif.
Le glas a sonné pour que les marchandes cessent de verser dans les approches trompeuses de remplir un panier d’oranges davantage de pailles que de fruit. Cessez de remplir d’eau une bouteille de lait pour en faire deux. Le candidat du bac doit se divorcer de cette pratique de corruption prématurée d’assurer son passage aux examens officiels par le biais d’accordéons mal accordés avec le décor de l’intégrité et de l’honneur. A quoi sert une victoire sans gloire !
Les managers et les pompistes doivent arrêter de fausser les balances de métrologie dans les stations d’essence, les marchés et les supermarchés, en se livrant à des fraudes par le camouflage des unités de mesure. Les pots de vins et les commissions sur les contrats publics tels que ceux planifiés avec le Dermalog qui visent en outre à fausser les résultats des élections, sont des crimes graves qui mettent en péril la justice et la paix dans la Cité. Que soient bannies les ingérences de l’internationale dans les résultats des scrutins qui imposent des crapules à la plus haute magistrature du pays. Le CEP doit se doter d’hommes et de femmes aux colonnes vertébrales idoines, capables de brandir cartons rouges aux dealers de cocaïne, aux criminels et kidnappeurs pour ne plus hypothéquer l’avenir des enfants et des jeunes.
Les faux experts, dépourvus d’expertise, de maîtrise et de matière grise doivent être renvoyés au bercail par leurs petits copains à la tête des OI qui doivent également cesser les pratiques de parapher des contrats de consultations onéreuses avec des firmes bidons nationales et étrangères non qualifiées.
Très forte est la corrélation positive, voire la causalité directe entre honnêteté et développement inclusif. Les pays scandinaves en sont les exemples les plus éloquents. En raison de leur très faible inégalité sociale, la Finlande, la Suède, la Norvège et le Danemark sont classés parmi les pays les plus heureux du monde, selon le « World2 Happiness Report 2019 ».
Les personnalités placées aux postes ministériels de ces pays sont de nobles serviteurs qui font des prestations dans la dignité et l’intégrité. Ils ne versent pas dans la corruption, la mégalomanie et la sitiomanie dans le denier public. Sur le plan global, les comportements dignes et honorables des dirigeants apportent ainsi d’énormes satisfactions au profit de toutes les classes sociales.
De surcroît, sur un angle individuel, celle ou celui qui respecte sa personnalité et qui porte la marque de la probité, vit comme un poisson dans l’eau au regard de sa conscience qui est un juge infaillible. De hauts dignitaires sans dignité, de grands commis épinglés de tous les comportements et actes ignobles, n’arrivent point à savourer convenablement les feelings du sommeil, de l’appétit et d’autres plaisirs épicuriens. Ils ne vivent plus.
Au final, que sert-il à des hommes et des femmes de remplir leurs poches dans la cupidité et l’avidité quand ils n’arrivent même pas à jouir des plaisirs naturels de la vie. Autant s’accrocher à cette richesse de la dignité et d’une forte personnalité même au prix du confort économique et social.
Carly Dollin
carlydollin@gmail.com
1 https://www.youtube.com/watch?v=UGJguNKU1V8
2 https://lepetitjournal.com/stockholm/les-pays-scandinaves-pays-les-plus-heureux-du-monde-254931

