15 octobre 2026
Pestel, éternelle victime de l’Etat (suite)
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Pestel, éternelle victime de l’Etat (suite)

Jeudi 14 mai 2020 ((rezonodwes.com))– Ce papier est pour faire suite à mon article que j’ai publié il y a quelques jours sur http://xn--rezondws-70a1h.com/ à travers lequel j’ai étayé la thèse selon laquelle Pestel serait victime d’un vaste complot de l’Etat. J’ai argumenté dans un premier temps pour dire que les différentes luttes tournant vers le renversement du « projet social » anti-national des Hommes de Port-au-Prince auxquelles elle prit part activement aurait été grandement la principale cause de sa mise à l’écart continue dans les projets de développement du pays. Pour ainsi dire, Pestel gaspilla des décennies de développement qu’elle aurait du mal à rattraper.

J’ai ensuite évoqué que les recettes prélevées directement sur les principaux sacs de café que nos spéculateurs en denrées, ont eu à annuellement embarquer en direction de Port-au-Prince, ne furent jamais retournées sous forme de services sociaux ou autres, à Pestel. 

Dans ces mêmes lignes d’idées, je veux mentionner que la commune a raté en deux fois la chance de se sortir du bourbier par la mise en valeur de la Petite Cayemitte, sa principale richesse. Mais à cause de la gloutonnerie de nos dirigeants, elle vit  passer à côté son espoir. Ce projet aurait pu créer des emplois et rapporter beaucoup de devises et d’autres investissements. 

La première fois que ce projet fut présenté, ce fut sous l’administration du feu René Préval. Selon ce que le défunt Jean Claude Fignolé m’avait confié lors d’un tête à tête, un milliardaire Italien aurait manifesté son intérêt à investir des millions de dollars pour exploiter la beauté de l’Anse Blanche, mais le projet n’aboutira jamais parce que le chef du cabinet du président aurait voulu que l’argent de l’investisseur rentre dans le budget national, mais pas dans les caisses de Pestel. Quelle absurdité! 

La seconde fois, ce serait le groupe Cayemittes Investissement qui se soit présenté au gouvernement Martelly-Lamothe afin de leur partager leur intention de développer la petite Cayemitte. Il semblerait que tout n’était pas bien négocié. Pour les détails que nous ne connaissons pas clairement, le projet fut une deuxième fois bloqué sur les Iles. L’explication qui aurait été donnée voudrait que le premier ministre Lamothe ne voulait que ce méga projet éclipse son projet d’exploitation de l’Ile à Vache que nous connaissons. Tout cela s’inscrit d’emblée dans le vaste complot de l’Etat que j’ai évoqué dans mon précédent article. 

Par ailleurs, on doit comprendre ce vaste complot de l’Etat se fait sous toutes formes. Ne serait ce pas la mauvaise foi de l’Etat, la fête de la mer aurait pu devenir un projet national et comme tel annuellement budgétisé. Qui sait combien de retombées positives ceci aurait pu avoir pour la communauté? Sans l’aide de l’Etat la Fête de la Mer a pu maintenir son rendez-vous annuel mais hélas a dû être interrompu depuis 1992 en raison de l’instabilité du pays qui lui-même découle directement de l’appareil de l’Etat. Bernard Lefèvre, le principal promoteur de la Fête de la Mer, dut retourner en France par mesure de précaution pendant la période du coup d’Etat . À cause de cela, Pestel rata sa plus grande opportunité de développement économique. Voyez-vous! 

Je dois mentionner que pendant tout le régime des Duvalier à l’exception de Yoland Gilles, tous nos députés de la circonscription furent des élus non Pestelois. Ils etaient tantôt de Jérémie, tantôt des Roseaux ou de Beaumont. Ils se firent toujours briller par leur absence dans la commune. Vingt-huit ans de complot contre Pestel, imaginez-vous! Ce n’était pas parce que nos candidats issus de la commune de Pestel n’étaient pas populaires qu’ils eurent perdu les élections. C’était de la machination politique pour continuer l’acte d’humiliation entamé par  Duvalier pour continuer de se venger de son rival politique Daniel Fignolé. 

Pestel rata sa plus grande opportunité de se lancer quand Daniel Fignolé fut contraint à l’exil. En bon enfant de la zone, il poserait quand même certaines actions concrètes qui auraient pu  enclencher son développement telles que la percée du tronçon de route kafou zaboka Pestel, desenclavement de la commune, construction de places publiques. La participation présumée de Guy Philippe dans le coup d’état raté le 17 Décembre 2001 contre lui,  fit qu’ Aristide a lui aussi éteint ses projecteurs sur Pestel. Une chose que nous digérons mal à cette date. 


Sous l’administration de Préval, Pestel fut taxée de zone rouge. Les ONG furent déconseillées d’y mettre les pieds : des projets qui ne verront jamais le jour! Des fonds communaux furent mal canalisés. Préval voulait nous faire payer pour l’animosité de Guy Philippe envers lui. 

Ce fut le même cas de figure pendant le mandat de Joseph Michel Martelly. Il ne respecta aucune de ses promesses faites lors de sa campagne à Pestel. 

Aussi loin que je porte mon regard, et un petit voyage dans le passé jusqu’à Lysius Jeune Salomon (1879_1888) , confirmera que Pestel a été historiquement traitée en parent pauvre en dépit de ses rapports fructueux avec le général Louis Gilles. Il eut de telles attitudes vis-à- vis de nous parce qu’il voulait nous faire payer pour le mouvement insurrectionnel qui eut lieu contre lui dans la commune. 

Il m’importait de vous partager mes observations que Pestel a toujours eu « une cause à payer ». Est-ce parce que nous sommes des citoyens conséquents, indépendants et fiers? Je me demande quelle cause payons-nous encore. Poursuit-elle sa serie de  malédiction? Ne nous attendons pas a des changements spectaculaires et miraculeux à la fin du mandat du président Jovenel Moïse? Préparons notre propre contrat social pour un changement de paradigme!.James St Germain Sociologue, professeur de philosophie

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