15 octobre 2026
Martissant – «Martyr’sang» : l’Etat haïtien récolte ce qu’il a semé
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Martissant – «Martyr’sang» : l’Etat haïtien récolte ce qu’il a semé

Martissant et autres sèment « Martyr’sang »  pour sa survie, l’Etat haïtien récolte ce qu’il a semé

Point de vue citoyen sur le banditisme grandissant en Haïti…

28 novembre 1985 : Assassinat de trois (3) écoliers aux Gonaïves
29 novembre 1987 : Massacre d’électeurs à la ruelle vaillant (14 morts officiellement)
1er et 13 novembre 2018: massacre de la saline (71 morts selon le rapport de la RNDDH)
4 novembre 2019… : Massacre à Bélair (14 morts, 21 maisons incendiées… selon RNDDH)
24 avril 2019 : Massacre de carrefour-feuille (8 morts et 12 blessés selon Fondasyon Je KLere)
Etc…

Mardi 12 mai 2020 ((rezonodwes.com))– Au fond, nous nous appuyons sur trois éléments pour produire notre réflexion sur ce sujet :

Primo, ces groupes armées se trouvent le plus souvent dans les quartiers populaires souvent appelés zone de non droit, et très souvent, logés dans des bidonvilles en périphérie des villes.

Secundo, dans les zones où les groupes armées naissent, croissent, s’établissent, et s’éteignent, même les services de base sont quasi-inexistants.

Et enfin, ces zones sont souvent surpeuplées (Surpopulation). En effet, il y a toujours dans ces zones, une augmentation préoccupante du nombre de personnes qui y habitent.

L’Etat haïtien récolte ce qu’il a semé 

Des yeux simples pour des phénomènes simples, des yeux complexes pour des phénomènes complexes.

Donc, de part de sa complexité, l’insécurité grandissante dans le pays nécessite des yeux complexes pour le regarder, l’aborder dans un sens ou autre, avec beaucoup plus d’intelligence.

C’est pourquoi, ce serait peut être mieux d’éviter, nous tous, d’allumer tous nos projecteurs sur les conséquences tout en ignorant les véritables causes. Ainsi, nous serions, sans doute, en mesure de poser les bonnes questions capables de nous diriger vers de bonnes pistes de solution :

Pourquoi presque toutes les opérations (stratégies) de l’Etat haïtien se révèlent toujours inefficaces voire vouées à l’échec dès le départ ?

En fait, les groupes armés (bandit pour certains, et, victimes du système pour d’autre) que l’on identifie partout dans le pays, opérant quotidiennement et semant la terreur dans leurs zones d’influence ne sont autres que le résultat de nos politiques deux poids deux mesures.

En effet, l’Etat haïtien qui devrait être partout et le même pour tous a raté malheureusement sa vocation. Sa vocation d’arbitre, de régulateur, sa mission d’assurer le bien-être de tous ses citoyens.

Mais, il crée les inégalités et l’insécurité par sa vision simpliste des choses, par son anomalie de la vision sur le futur, par sa façon d’organiser les élections (prendre et conserver le pouvoir), par sa façon d’élaborer, d’orienter ses politiques publiques. (nèganwopajwennmenmsèvisaknèganba, nèglavilpajwennmenmsèvisaknègandeyò) ; tout est réglé, discuté, négocié au niveau central sans prendre en compte les besoins au niveau local.

Indiscutablement, cette situation frustrante générée par l’Etat, mis en place par tout un système (voyez bien le fossé entre les riches et les pauvres ici) crée une inégalité criante : une minorité détient la majorité, pour ne pas dire, presque toute la richesse du pays.

Cela s’accompagne également d’une concentration de plus en plus grande du pouvoir politique, de la capacité d’influencer les élites, les décisions voire les élections.

Ce niveau d’inégalité crée des obstacles à l’éducation, au bon fonctionnement de notre démocratie et rend le pays de plus en plus instable, avec une situation d’insécurité (alimentaire, sociale, banditisme, etc… ).

En réalité, l’Etat haïtien récolte ce qu’il a semé. Il a préféré semer, pendant plusieurs décennies, l’inégalité, en retour, il récolte des groupes armés, probablement, l’unique moyen d’assurer son renouvellement.

Véritable handicap à la croissance et réel frein au développement, les inégalités générées par l’Etat haïtien, créent Martissant et autres pour semer « Martyr ’sang ».

Cette affirmation est justifiés lorsque l’on essaie de savoir d’où viennent ces armes de haut calibre qu’utilisent ces gens vulnérables, qui peinent à manger à leur faim? Des armes et des munitions dont ne dispose même pas la Police Nationale d’Haïti (PNH) ? Où est passé le contrôle des frontières ?»

En définitive, demander à cet Etat de freiner les groupes armés, c’est comme demander aux planteurs blancs, de Saint Domingue, de cautionner les idées révolutionnaires des esclaves.

Alors, dans le combat effréné contre le banditisme en Haïti, ne serait-il pas plus intelligent d’essayer de combattre les laboratoires produisant ces groupes armés au lieu de s’attaquer uniquement à leurs produits qui, après transformation, fabrication ou construction, ont été distribués partout sur le territoire?

Recherche et rédaction : Jérôme CLERVAL

Sources :

  • Bourcier Nicolas,« Haïti : retour à la Saline, Théâtre d’un massacre à huis clos », le monde, Janvier 2020
  • https://www.haitilibre.com/docs/minujusth_hcdh_rapport_la_saline.pdf
  • Newdescarl SAINT FLEUR, « Au banditisme légale, des solutions sociétales ? », Le nouvelliste, 7 mai 2019
  • Rapport RNDDH, « Massacre au Bel-Air : Banalisation du droit à la vie par les autorités » 17 Décembre 2017/No6,20 pages

3 Comments

  • Endijèn 13 mai 2020

    À part un témoin historique, je suis parmi la poignée de compatriotes qui se trouvent dans le camp d’Haiti. Il est préférable d’affirmer la société haitienne récolte ce qu’elle a semé. Dans un article pareil, même dans un Profond Sommeil, vous ne devriez pas oublier de mettre au premier plan les Saligauds du secteur dit démocratique. Attention, ici, je fais pas allusion au groupe de pression « secteur démocratique et populaire » qui voulait l’avènement de Privert II… Allah merci!

    Parmi les dates, il est de bon ton de mentionner le MASSACRE de la Scierie, Saint-Marc (le 11 février 2004). Il ne peut-être inclus dans ce parquet: etc. Pour parodier la bible des autres, « malheur à celui par qui le scandale arrive. » Au nom de la policière Marie Christine JEUNE, je vous fais grâce de la rencontre des 34 quartiers/gangs au Palais national à l’apparition Nan Lib/informel du SSP (voir un livre de l’historien Michel Soukar).

    À la nomination comme sénateur du présumé assassin de la Scierie par l’un des croquemorts (li mèt kontinye wout li, youn anmwens!) du moment, une bonne partie de la société haitienne restait sans rien dire. Un peu plus tard, elle allait récidiver en acceptant de gaieté de coeur l’avènement du présumé assassin à la première magistrature suprême de l’État. Sous l’oeil vigilant des « analfabèt pa bèt, » les linges sales se lavaient en famille. La ruée vers l’or… Hier encore, sur les ondes de radio Caraibes, le journaliste Emmanuel Jean-François n’hésitait pas à s’en prendre aux pilleurs et profiteurs de cette période (2016-2017), tout en ayant soin de citer des noms.

    Comme le présumé tueur à gages Jean Wilner LALANE, Me Hugues Saint-Pierre avait trouvé la mort dans des circonstances non encore élucidées. Massacre la Scierie Vs Massacre la Saline.
    En procédant de cette manière, on laissera le chemin du « Shithole » avec facilité. Mwen gen dwa reve.

    • Jérôme CLERVAL 14 mai 2020

      Exelent commentaire, nous avons tous le droit de rever et de croire. L’autre Haiti est en train de se pointer. Ne voyez vous pas que les masques se fassent disparaitre de manière progressive. Cette volonté de creer des zones beaucoup plus vulnerables qu’un’autre se fait sentir et se fait remarquer. L’Etat Haitien ne peut survivre qu’en creant le chaos, la peur et qu’en se deguisant en « boucher ». Il faut un chambardement ici. Nous sommes du coté de ceux qui croient en un Haiti libre et prospère.

  • Delano Morel 13 mai 2020

    Il est question de l’irresponsabilité de l’Etat face au massacre qui se sont perpétrés durant ces trois décennies qui ont suivi la chute de la dictature des Duvalier. Mais on n’a pas fait mention de la complicité des autorités en place sur les méfaits qui ne se limitent pas seulement aux multiples crimes et massacres mais qui concernent surtout la transformation de la commune de Port-au-Prince, Capitale de la République d’Haïti en un territoire incontrôlable, tout ça a une histoire, et cette histoire est tellement bien racontée ds le livre de l’Architecte – urbaniste Albert Mangonese ayant pour titre: En toute urbanité, il y a les publication des cahiers du forum libre du jeudi, on trouve un numéro sur Port-au-Prince, un sur les zones de non – droits. Des documents qui auraient pu contribuer à étoffer cet article.
    Kenbe la !

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