Un bandit reste un bandit ! Qu’il soit proche du pouvoir ou de l’opposition il est un acteur de terreur qui s’exprime par la violence aveugle et gratuite et se réalise par la désolation sociale qu’il crée par ses actes. Il doit être traité de manière similaire dans n’importe quel pays du monde
Par : Vitalème ACCÈUS
Vendredi 17 avril 2020 ((rezonodwes.com))– L’annonce faite par le Premier Ministre de facto cette semaine, des contacts avec les bandits de Village de Dieu en vue de négociations, a eu un retentissement médiatique important. Cette nouvelle stratégie des autorités haïtiennes laisse pour le moins sceptique. La négociation avec les groupes armés de Village de Dieu peut présenter des risques. Il peut s’en dégager une certaine légitimation institutionnelle des groupes avec une idéologie extrémiste remettant en cause même l’Etat Haïtien, pilier de la République.
L’initiative du premier ministre visant à négocier avec les bandits est aussi hasardeuse qu’improductive et, surtout, encourage la persistance dans la terreur. Le jour même de l’annonce des négociations du Premier Ministre de facto avec le groupe gangs du village de Dieu , au moins une dizaine de personnes ont été tuées et plusieurs personnes blessées à Martissant . Les bandits de la zone de Bolosse et de « Gran ravin » ont attaqué la 4e avenue Bolosse, fief d’un autre gang rival appelé « Baz pilat ».
En outre, négocier avec les bandits sous-entend proposer des contreparties ; Quelles contreparties peuvent être proposées ? Que peuvent demander les bandits ?
Selon les informations,les bandits n’ont plus accès à l’eau et à l’électricité depuis quelques jours et cela semble les nuire considérablement . La négociation du Premier Ministre defacto avec les bandits est ainsi perçue comme un moyen d’obtenir des contreparties. C’est exactement comme la négociation avec les kidnappeurs , à la base de la multiplication de ce phénomène.
N’importe quelle personne avisée verrait dans cette possibilité l’opportunité de prendre la population pour des canards sauvages en érigeant les gangs armés comme des leaders communautaires , ayant comme signature des actes violents et de kidnapping pour ensuite monnayer une reddition contre des faveurs indues. Le Premier Ministre defacto, doit éviter de mettre son doigt dans cet engrenage qui a fait et fait encore pleurer des familles dans les quartiers populaires.
En réalité, la proposition de négocier avec les bandits est l’exemple même de la fausse bonne idée. Elle est dangereuse en soi et injustifiable. Elle pourra difficilement aboutir compte tenu de la position des principaux concernés.
Un bandit reste un bandit ! Qu’il soit proche du pouvoir ou de l’opposition il est un acteur de terreur qui s’exprime par la violence aveugle et gratuite et se réalise par la désolation sociale qu’il crée par ses actes. Il doit être traité de manière similaire dans n’importe quel pays du monde.
En revanche, combattre les bandits , notamment ceux qui dirigent les gangs armés , ne veut pas dire assimiler à eux tous les jeunes désœuvrés enrôlés, souvent à leur corps défendant. La majorité de ces jeunes ne sont pas des fous furieux, loin de là ! De nombreux rapports indiquent pertinemment que certains parmi eux se sont engagés pour avoir une rémunération, d’autres par peur de représailles, pour protéger leurs familles ou, simplement, pour être considérés et avoir quelques faveurs au sein de leur communauté. Il convient de traiter cette réalité et engager les voies et moyens permettant de retirer ces jeunes d’entre les griffes de marchands de morts fanatisés. De nombreuses actions doivent être envisagées dans cette perspective.
L’État Haïtien devrait éviter de se montrer trop faible dans les négociations avec ces groupes des gangs meurtriers. Le gouvernement defacto , la justice, la Police Nationale d’Haiti doivent également jouer leur partition en agissant pour obtenir la confiance des populations. Cela constitue la démarche idéale pour affaiblir la dynamique des bandits dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince en ce moment. Il n’est ni utile ni productif de se négocier avec des gangs armés dans ce contexte en Haïti .
Vitalème ACCÈUS
E-mail : acceus2009@gmail.com

