14 octobre 2026
Coronavirus – Haïti : Le jour du malheur nous attend
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Coronavirus – Haïti : Le jour du malheur nous attend

par Bidler Nelson

Jeudi 2 avril 2020 ((rezonodwes.com))– La vie s’inscrit dans un cycle de causes à effets. Il n’y a pas de formule magique. On ne fait que récolter ce qu’on a semé. On ne peut rien inventer là-dessus, car les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Ce n’est qu’une formule des lois naturelles. Il n’y a pas de pays sous-développés avec un taux de mortalité infantile moins élevé que des pays extrêmement riches, équipés d’un système sanitaire hyper sophistiqué comme on souhaiterait le croire.

L’espérance de vie des citoyens de chaque pays, se mesure d’abord et tout de même, sur les indices de développement humain. La vie est avant toute chose, là où il y a des autorités responsables, une prévision d’un plan d’action du vivre-ensemble et de bien vivre. Vous voyez ? Il n’y a pas de formule magique.

Alors que les compteurs du Covid-19 continuent fidèlement d’afficher des chiffres ronflants de décès, les autorités haïtiennes continuent plutôt de spéculer et de s’improviser sur la pandémie. On dirait que le pays, avec déjà seize (16) cas de coronavirus enregistrés sur tout le territoire national, n’est pas encore menacé. Face à cette crise sanitaire, la capacité de protéger ses citoyens s’impose. L’ignorance et l’arrogance nous mènent tout droit à notre propre destruction. Persister dans l’erreur de ne pas prendre de vraies mesures, voire éclairées et proportionnelles à la réalité haïtienne, s’avère diabolique.

Haïti  pourra dépasser par les évènements face à ce malheur pandémique. Plus de  2,5 millions de citoyens vivant avec moins d’1,23 dollar par jour, selon Banque Mondiale. Ces gens sont trop vulnérables pour être dans le confinement. Avec une ration alimentaire déjà faible,  une énorme insalubrité, et des pratiques culturelles trop attachantes des-uns envers les autres, le coronavirus annonce sur le pays des moments si douloureux et catastrophiques.  

Combien de porteurs-sains positifs au coronavirus égarés dans la nature, et qui représentent un grand danger dans la propagation du virus ? Les concernés n’ont jamais apporté de précision à cette pertinente question qui reste toujours sans réponse aucune. Le coronavirus ne mérite pas d’être sous-estimé. Sinon, ce sera bien une destruction massive conduisant le pays à sa fin.

Notre façon de gérer la pandémie laisse croire que nous sommes d’une autre planète, en nous comportant comme des non civilisés et non sensibilisés. Ce qui fait une mauvaise campagne de sensibilisation nous bombarde avec les conséquences suivantes : Les camionnettes sont toujours restées bourrées de passagers. Le 1m 50 n’est pas respecté. On porte un masque de protection au moins pendant deux jours. On se lave mal les mains. On n’est pas réellement confiné.

L’ignorance est le pire des maux  

Il y a plus de message de sensibilisation recommandant aux citoyens de se laver les mains que de les montrer comment le faire. Dans nos écrans tout comme à la radio, les journalistes nous conseillent de porter des masques, mais aucune explication sur comment les mettre. Une bonne campagne de sensibilisation se préoccuperait plutôt de montrer aux citoyens, comment se comporter face à une telle maladie qui a déjà laissé  sur son passage plusieurs milliers de morts.

Si l’Etat prenait au sérieux la pandémie, la population le prendrait aussi. Ce qui est certain. Mais, les décideurs interviennent dans les medias pour déblatérer, non pour parler des mesures qui ont été prises, ou le plan d’action qui assurera  la mise en application de ces mesures. Par ailleurs, l’absence de confiance du pouvoir en place qu’est trop décrié, contribue énormément à cette négligence que montre la population face à la pandémie du covid-19. Les citoyens sous-estiment alors la maladie, car ils insinuent que la vérité ne peut sortir de la bouche du président Jovenel Moïse, en annonçant justement des mesures fallacieuses et les premiers cas de coronavirus enregistrés en Haïti, deux semaines de cela.

Nous sommes donc nos choix

Si Cuba sauve des vies en aidant d’autres pays à remonter la barre, c’est parce que les autorités cubaines, malgré l’embargo,  avaient décidé d’investir dans la santé et l’éducation. Il en est de même pour nous les compatriotes haïtiens, si nous avons de grandes inquiétudes pour le coronavirus, c’est parce qu’on a aussi fait des choix. On investit dans des activités de débauches que celles de l’esprit. On investit dans la propagande que dans la technologie. On investit dans la manipulation que dans la science. La vie est pratique. Il n’y a pas de magie là-dessus. On récolte ce qu’on sème.

Et dans les prochains jours, le malheur sera bien dans nos murs

Pourtant, on sera en manque de tout. On sera en manque de matériels et de ressources humaines pour soigner les malades. Mais, c’est bien le choix qu’on a fait. On a choisi d’effondrer le pays. On sera en manque ce jour-là de nos frères et sœurs, car il sera trop tard. On sera en manque de leurs sourires, de leurs joies et de leurs voix. On sera en manque ce jour-là, de larmes pour pleurer nos deuils.

PS: En rédigeant cet article, je ne voulais faire peur à personne. Donc, je ne fais que nous prévenir du malheur qu’est si proche. « Se pa jou fey la tonbe nan dlo a li mi ».

Bidler Nelson
Journaliste Indépendant
bidlernelson@gmail.com 

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