Pour le chef du NEPAD, la lutte contre les flux financiers illicites s’inscrit dans un contexte de financement urgent des Objectifs de développement durable (ODD). ONU Info l’a rencontré
Lundi 2 mars 2020 ((rezonodwes.com))– Les estimations sont très larges. Les experts parlent de milliers de milliards de dollars qui échappent aux gouvernements et aux besoins de leur populations en raison de la corruption, de l’évasion et de l’optimisation fiscales, ou d’opérations de blanchiment.
Selon une étude du Fonds monétaire international (FMI), les transferts de bénéfices des entreprises via des paradis fiscaux – par des moyens légaux et illégaux – coûtent collectivement aux gouvernements entre 500 et 600 milliards de dollars par an en pertes d’impôts sur les sociétés. Une étude de 2011 de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estime à environ 1.600 milliards de dollars – soit 2,7% du PIB mondial – le blanchiment d’argent réalisé par des criminels.
« Les volumes sont considérables », reconnait le Nigérien Ibrahim Mayaki, qui a récemment été nommé co-président du Groupe de haut niveau sur la responsabilité, la transparence et l’intégrité financières internationales (FACTI) établi par l’Assemblée générale et le Conseil économique et social – deux des principaux organes des Nations Unies.
« On a un déficit considérable pour le financement du développement », a souligné M. Mayaki qui dirige actuellement le NEPAD – le nouveau partenariat pour l’Afrique. « Nous n’avons pas mobilisé suffisamment de ressources pour réaliser le Programme 2030 », a-t-il précisé dans un entretien accordé à ONU Info.
Lutter efficacement contre les flux financiers illicites afin de mieux financer les Objectifs développement durable (ODD). C’est la mission qui a été confiée à cet ancien Premier Ministre du Niger (1997-2000) et à 14 autres experts internationaux.
Les flux financiers illicites on des conséquences directes sur le développement et le bien-être des populations. « Ils alimentent le crime organisé, ou proviennent du crime organisé et peuvent alimenter le terrorisme », a dit M. Mayaki. « Ils détournent des ressources qui devraient aller à des besoins sociaux vers la corruption. Cela a un impact considérable sur les politiques de lutte contre la pauvreté », a-t-il ajouté. L’éradication de la pauvreté est le premier des 17 ODD que les Etats se sont engagés à réaliser d’ici 2030.

