13 octobre 2026
Lettre ouverte à Yannick Joseph
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Lettre ouverte à Yannick Joseph

Lettre ouverte à la commandante de police, Mme Yannick Joseph.

((rezonodwes.com))–

Paris le 8 mars 2020

Madame la commandante,

Depuis bientôt trois mois,  me voilà administratif qui vous observe à travers les réseaux sociaux.  En femme douboute et fière allure, vous portez les revendications de la quasi-totalité de vos collègues. Votre message est on en peut plus clair, la jouissances d’un droit constitutionnel ne se négocie pas. Et ainsi soit-il !

Permettez moi pour commencer  chère Madame, de vous adresser mes plus vives félicitations.En réalité, dans une société en totale déliquescence comme la société haïtienne, des femmes de votre calibre nous donnent l’espoir d’un lendemain qui chante.
Je vous tire mon chapeau !

Votre combat est décrié, je le sais.Vous êtes souvent vilipendée, malmenée, humiliée, je le sais tout autant.Cependant, nous sommes nombreux à épouser votre combat, votre cause.Nonobstant les obstacles dressés sur votre chemin, dites vous bien que vous menez le bon combat, un combat qui vous honore, qui honore la PNH, et à plus forte raison, honore la femme haïtienne, femme de tous nos combats.

Vous écrire ces quelques mots, est pour moi un devoir patriotique, un devoir citoyen.
À l’heure où notre pays oscille entre une dictature qui ne dit pas son nom et une autocratie à peine voilée, se taire, c’est se rendre complice par omission des pourfendeurs de nos rêves de prospérité, de liberté et d’égalité devant la loi. 

Depuis peu, vous avez cessé d’être pour le grand public haïtien et international, une simple curiosité, pour devenir cette grande Dame, une femme Douboute, digne héritière de Cetherine Flon, de Marie Christine Jeune voire, de Marie-Claire Heureuse. 
En vous écrivant cette lettre, Je souhaite sans embarge, vous apporter un soutien sincère et de surcroît, indéfectible.

Chère Yannick, dites vous bien que ce combat n’est plus seulement le vôtre ou, celui d’une tranche de l’institution policière mais, celui de tout un peuple. 

Soyez en certaine, et contrairement à ce que laissent entendre vos détracteurs, votre combat pour l’instauration d’un syndicat  au sein de la PNH trouve toute sa légitimité, non seulement dans la constitution de 1987, mais également, dans la loi du 29 novembre 1994 portant création de cette noble et indispensable institution. 

Dès lors, quand on sait que toutes les forces de police du monde sans distinction aucune, sont dotées d’associations syndicales, on est en droit de de se demander au nom de quel principe, de quelle règle, le pouvoir en place ose vous refuser l’exercice de ce droit sacré?Cette interdiction vient nous rappeler les heures les plus sombres de notre grande Histoire dressée aux portes de la légende. 

En effet, ni dans son esprit, ni dans sa lettre, notre constitution  ne fait interdiction aux policiers de se syndiquer. La preuve en est, des sept articles (art 269 à 271) de la constitution de 1987 traitant des forces de police, même pas un seul né vient poser les prémices d’une éventuelle interdiction. 

Du vieux continent, je mesure la peur qui est sans nul doute la vôtre, d’affronter votre hiérarchie et un gouvernement qui n’ont jamais voulu faire leurs, vos revendications ô combien légitimes. 

Chère Madame, j’ai bien peur que nos dirigeants ne vous réservent exactement le même sort que votre regrettée collègue, Marie Christine Jeune, Lâchement assassinée pour avoir refusé de négocier avec des bandits armés. Je vous appelle donc à la prudence ! 

Toutefois, quoiqu’il advienne, vous êtes déjà passée à la postérité. Désormais, votre histoire vous échappe. Elle se confond avec celle de notre grande nation. Une Histoire faite de grandeurs et de décadences mais rien, absolument rien n’est impossible à un peuple ayant fait 1804. Aux femmes douboutes de votre calibre, la patrie  sera à tout jamais reconnaissante.

Le comble, c’est qu’aucun de nos dirigeants n’ignore que nos forces de l’ordre travaillent dans des conditions les plus difficiles .Elles sont en manque de tout, manque d’encadrement, manque d’équipements, manque de considérations et avec en bonus, un salaire de misère, incapable de répondre à leurs besoins les plus élémentaires. 

Certes, si certains policiers, en guise de protéger et servir nos concitoyens, les tyrannisent et les offensent, participent aux trafics de tout genre au lieu de les combattre, la grande majorité accomplit les missions qui sont les leurs avec honneur et mérite. 

L’homme de droit que je suis, contrairement à certains de mes confrères, ne peut cautionner sous aucun prétexte, l’entêtement du gouvernement de Monsieur Moïse de vous refuser la jouissance d’un droit protégé par notre construction et ce, en son article 35.3 lequel dispose : » La liberté syndicale est protégée. Tout travailleur du secteur privé et public peut intégrer le syndicat de son choix pour la défende exclusive de ses intérêts de travail. »

Faut-il, pour finir,  rappeler à nos dirigeants et leurs acolytes, que l’exercice de tout droit constitutionnel ne se marchande pas.Et à ce titre, aucun dirigeant ne peut en soumettre l’exercice à des conditions particulières ou préalables, non prévues par le texte  constitutionnel.

À ces mêmes confrères qui invoquent le règlement intérieur de la police nationale en appui au refus du pouvoir en place, qu’ils sachent une bonne fois pour toute, qu’aucune loi, qu’aucun décret, qu’aucun régulièrement intérieur, ne peut contredire la constitution. Il va ainsi du respect du principe bien connu de la hiérarchie des normes, posé par la constitution haïtienne.

Madame la commandante, votre combat est salutaire. Il vaut la peine d’être mené et soyez en certaine, la défaite de la légalité républicaine ne peut qu’être éphémère.
Vive la grande nation haïtienne, vive la République.

Me Isaac Raphaël Dieuphene

2 Comments

  • Jean Gregoire 11 mars 2020

    Pale franse pa di lespri ; le policier ainsi que le militaire est fait pour servir , et non creer ses propres ordres. Ce sont les citoyens qui paient son salaire , son devoir c’est obeir aux autorites superieures et non de se rebeller contre l’elu du peuple entier

    • Observateur 11 mars 2020

      Ou fin pale wi. Aysyen gen yon move rapport ak nosyon otorite. Yo toujou bezwen kreye enstabilite sou preteks yo fier , yo pa sousou elatriye. Pep sa fuckup mantalman.

      Leta sa map gade pa feb tankou yon sirik. Sinon, pa gen okenn mwayen pou moun te dako sa kap fet la. Nap toujou nan labou, nou pa respekte okenn enstitusyon. Nou menm di «  konstitusyon se papye »

      Peyi a pa gen lot pwoblem ke pwoblem *leadership nan tout nivo. Neg kap ouvri pot barye a non selman pap fe travay li, men li panse li ka bay Direkte a konsey.

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