13 octobre 2026
29 Mars 1987 – 30%
Actualités Société

29 Mars 1987 – 30%

L’article 17 alinéa 1 de la constitution établit le « quota » pour soi-disant émanciper la femme, mais en réalité, cette constitution établit un mécanisme pour que les hommes continuent à micro-manager la femme en vue de l’empêcher de s’intégrer complètement et pleinement dans la structure économique, sociale et politique du pays. A travers ce quota, le système inflige une punition aux femmes tout en boostant l’égo de l’homme en l’autorisant à intégrer au moins une femme dans leurs structures ; lesquelles femmes ils manipulent aisément en leur donnant un titre qu’elles ne sont pas autorisées à exhiber.

Mercredi 11 mars 2020 ((rezonodwes.com))– Le système établit le quota, mais il ne pas dit que les femmes doivent être placées à l’arrière-plan ou occuper des positions de troisième membre dans les cartels municipaux et des sections communales. Le quota fait plus de mal que de bien à l’égalité des sexes en Haïti au sens qu’il pérennise la discrimination des hommes contre les femmes et limite leurs opportunités de s’intégrer de plein gré dans la politique locale. Il fait injonction aux hommes d’accepter une quantité négligeable de 30% de femmes dans leurs organisations.

Donc, dans n’importe quelle structure étatique, la femme sera toujours en minorité et ne sera jamais en charge. Le quota ne résout pas le problème de discrimination contre la femme ou d’intégration de la femme, mais, plutôt formule une fausse solution pour détourner l’attention du public sur les vraies attitudes de l’homme haïtien par rapport à la femme ; l’homme haïtien qui a peur que la femme devienne en charge. Le quota facilite la discrimination et la violation des droits fondamentaux de la femme qui ne devrait pas considérée sur la base de son sexe, mais plutôt de son apport au développement économique de sa communauté. Le quota réduit la capacité des femmes à être citoyennes et même humaines, car le système les traite de la même façon elles étaient traitées au temps des systèmes féodaux.

C’est à cause du quota de 30% que 99% des Conseils Municipaux, des Conseils d’Administration des Sections Communales et des Administration des Sections Communales du pays ont des femmes comme troisième membre. Le quota est un message subliminal diffusant que les femmes ne sont bonnes que pour rester derrière les hommes et que les institutions haïtiennes ne peuvent être dirigées que par des hommes. Le quota pérennise la dominance masculine au sens que les hommes continuent d’être aux devantures des décisions concernant le futur du pays, la bonne marche de nos institutions et de nos familles. C’est aussi en vertu du quota que les hommes reçoivent beaucoup plus de nominations présidentielles que les femmes.

Le concept d’émancipation de la femme haïtienne est mal interprété. Plus d’un utilise ce concept pour clamer qu’avec l’émancipation, la femme devient ou est sur la route de devenir égale de l’homme. Cela ne peut être plus loin de la vérité. La femme était née fondamentalement égale de l’homme, mais l’homme faible, paresseux et jaloux l’a écarté des grandes prises de décisions. L’émancipation de la femme haïtienne donne le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes, encore une action qui prouve que la femme est si inférieure à l’homme qu’elle requiert une instance nationale pour valider sa simple existence.

Le système a établi le quota de 30% pour encourager la femme à prendre ses responsabilités en main, mais pas pour émanciper ou valoriser son droit, car dès le préambule de la constitution et renforcé par l’article 16, elle est citoyenne et, de fait autorisée, à participer dans toutes les décisions qui vont affecter la vie nationale. Toutefois, la mauvaise application de cet article limite les marges de manœuvre de la femme et continue de mettre l’homme en charge des destinées sociale, économique et politique de la femme.  

Le quota est institué pour encourager la femme à assumer ses responsabilités en tant que « citoyenne ». Il ne le force pas, si n’aime mieux, ne devrait pas le forcer à faire partie des organisations sans qu’elles ne fussent prêtes ou vouloir les intégrer. La majorité des femmes-maires n’a pas, jusqu’ici, manifesté l’idée de faire de la politique, voire intégrer les partis politiques ; elle a été manipulée par des hommes qui n’avaient autre choix que d’avoir une femme dans leur cartel.

C’est inconcevable qu’il existe une mesure constitutionnelle pour insérer la femme dans la machine politique pendant qu’il n’y existait aucune mesure qui la prévenait d’être une citoyenne ou de jouir de tous ses droits civiques et politiques.

Dr. Bobb RJJF Rousseau
Bobb RJJF Rousseau, PhD
Public Policy and Administration
Diaspora UniversiteThe Blog of Bobb RJJF Rousseau

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