13 septembre 2026
Vers la rigueur académique et l’augmentation du taux de soutenance de mémoires à l’Université d’Etat d’Haïti
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Vers la rigueur académique et l’augmentation du taux de soutenance de mémoires à l’Université d’Etat d’Haïti

Jeudi 6 février 2020 ((rezonodwes.com))– Les mémoires soumis par les étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti manquent de curiosité intellectuelle et de rigueur académique. Ils traitent des mêmes sujets et ne suivent pas la démarche proposée par leur faculté respective. Ils sont préparés par les mêmes professeurs qui vendent leurs services aux étudiants qui préfèrent acheter un mémoire tout fait au lieu de se lancer intègrement vers cette journée académique si digne d’intérêt.

Résultat : des mémoires sans portée intellectuelle soumis par des étudiants mal préparés et visés par des professeurs corrompus ou des mémoires qui facilitent l’épanouissement de licenciés médiocres et indisciplinés et de professionnels sans intégrité académique et sans loyauté raisonnable.

Parce que l’UEH n’a actuellement aucun système en place pour contrôler les moyens éthiques par lesquels les étudiants préparent et soumettent leur mémoire ; soumettre un mémoire en Haïti est plus une transaction financière qu’il est un travail académique. Des professeurs facturent les étudiants entre 25 000 gourdes à 100 000 gourdes pour l’achat d’un mémoire.

L’étudiant qui ne peut pas payer ou acheter un mémoire n’en soumette pas un, car un professeur qui n’a pas lui-même préparé un mémoire pour cet étudiant ne l’accompagnera pas dans sa journée. Les professeurs, directeurs de mémoire, par défaut ont un tiroir rempli de mémoires qu’ils recyclent chaque année pour revendre aux étudiants. Cette pratique a des impacts négatifs sur la croissance professionnelle et personnelle des étudiants. Elle est un acte contraire à l’éthique académique qui n’est pas aligné avec la mission de l’UEH d’influencer un changement social positif dans la communauté de recherche empirique, expérimentale ou scientifique.

Notons que le 30 octobre 2017, le conseil de l’UEH a adopté une résolution par laquelle il interdit aux professeurs affiliés à l’université d’exiger ou de recevoir toute forme de paiement ou de compensation financière des étudiants pour les accompagner dans la réalisation de leur mémoire. En fait, l’article 3 de cette résolution stipule que l’UEH prendra toutes les mesures nécessaires pour limiter cette pratique dans les facultés où elle se produit. Cette résolution reste la seule action, jusqu’à date, de l’UEH relative à l’accompagnement des étudiants durant la préparation de leur mémoire.

Néanmoins, cette résolution laisse un grand vide, car elle ne donne aucune alternative aux étudiants, plus spécifiquement, cette résolution n’établit pas un programme pédagogique, éthique et moral pour aider les étudiants à mener académiquement leur projet depuis la prémisse jusqu’à la défense orale par devant un jury formé par l’UEH elle-même au lieu par des professeurs marchants de mémoires qui s’assurent que leur étudiant reçoive au moins une bonne moyenne générale dès qu’ils peuvent régurgiter ou réciter par cœur le document, pour eux en la circonstance, préparé.

Pour augmenter la rigueur académique et accroitre le taux de soutenance de mémoires à l’UEH et pour réduire le taux de défense de mémoires démagogues, je propose l’addition d’une cinquième année d’étude et l’intégration ou le renforcement d’un conseil institutionnel au sein de l’UEH. La cinquième année se concentrerait uniquement sur la recherche pour aider l’étudiant à préparer son prospectus ou son avant-projet. La mission du conseil institutionnel serait de dresser un répertoire de professeurs compétents et experts dans des domaines spécifiques qui seraient autorisés à accompagner les étudiants et à faire partie du jury. Sa mission serait en outre de dresser un syllabus concentré sur la recherche, sur la préparation de mémoire et sur la défense orale. Le conseil institutionnel réglementerait, examinerait et fournirait des commentaires et de la documentation concernant les dimensions éthiques de chaque projet afin d’assurer sa conformité avec la législation haïtienne ainsi que les exigences universitaires.

En cinquième année, l’étudiant formerait son équipe de mémoire avec trois professeurs. Le premier serait responsable de l’orientation, la planification, l’acceptabilité et la rédaction rigoureuse du mémoire, le deuxième serait l’expert en méthodologie et le troisième serait responsable de vérifier si le mémoire satisfait les exigences requises par l’université. Tout mémoire serait soumis à un centre de vérification pour plagiat ou reproduction immorale. Après sa cinquième année, l’étudiant aurait six ans pour finir son mémoire.

Passé ce délai, il serait sanctionné par le conseil institutionnel et, ultimement, prohibé d’être ou de devenir un fonctionnaire de l’Etat ou d’effectuer des professions relatives à son éducation. Son équipe de mémoire lui accompagnerait jusqu’à la fin, car leur acceptation serait un contrat qui le lie avec l’étudiant pour six années. Notons que, tant qu’il travaillerait sur son mémoire, l’étudiant resterait un étudiant de la faculté en question, serait tenu de continuer à payer les frais annuels exigés par la faculté, ne participerait à aucune cérémonie de graduation et ne recevrait un diplôme, pas même un relevé de notes officiel, tant qu’il n’aurait pas soutenu ou défendu oralement son mémoire.

Ma proposition engendrerait des soutenances de mémoire qui démontreraient la capacité académique des étudiants à examiner, critiquer et synthétiser les connaissances et l’expérience, afin que de nouvelles idées puissent être testées; de meilleures pratiques identifiées, établies et vérifiées; et de concepts théoriques, pratiques ou politiques évalués et avancés. Les étudiants intégreraient leur programme d’étude dans une exploration approfondie d’un domaine d’intérêt qui aboutirait à l’achèvement de leur mémoire dans un délai spécifique ; lesquels mémoires ils compléteraient de manière indépendante, mais sous la direction de leur comité de mémoire.

Ma proposition permettrait à l’UEH de réglementer, superviser, revoir et contrôler la pratique de l’accompagnement des mémoires en Haïti tout en traquant le progrès des étudiants. L’université aurait une bonne maîtrise de professeurs qualifiés pour accompagner les étudiants qui recevraient des conseils appropriés et, ultimement, soumettraient des mémoires ayant beaucoup d’implications pour des changements sociaux positifs.

En tant qu’ ancien étudiant international qui a déjà soumis des thèses et une dissertation pour l’obtention respective de trois maîtrises et un doctorat, je me mets à la disposition du rectorat de l’UEH et des autres universités haïtiennes pour implanter ce programme pour lequel j’ai déjà écrit le projet et développé le syllabus.

Bobb RJJF Rousseau, PhD
Public Policy and Administration
Diaspora Universite

4 Comments

  • Milien yaya 6 février 2020

    C’est une très bonne proposition. Toutefois, est-ce qu’il ne faut pas augmenter d’abord le budget de l’université avant de la mettre en application?

  • Bobb Rousseau 6 février 2020

    Definitivement. Le budget sera augmente. Cette augmentation depend de l’etat, pas de l’auteur

  • Carly Dollin 6 février 2020

    Bobb Q Rousseau, C’est un sujet brulant que tu as aborde dans ce beau texte. Cette affaire de professeurs affairistes qui marchandent leurs services a des etudiants pour des travaux precaires en contrepartie est effectivement un desastre qu’il faut stopper. Probleme de conscience professionnel, d’ethique, de plagiat, de paresse, d’incitation a la mediocrite, ce desordre doit decidement cesser au sein de l’Universite. Je me penchais sur ce sujet a un certain moment aussi. Je voulais monter une batterie de professeurs pour y apporter notre contribution…. Compliments. C’est un sujet d’interet national. Par contre, je trouve que les mesures d’incitation pour la redaction des memoires en 5e Annee sont trop severes. Mais, c’est deja une bonne piste. J’aurais quelques suggestions que je partagerai avec toi en temps utiles. Kenbe ferme!

  • Davidson 9 février 2020

    Proposition nulle qui ajoute plus de difficultés à l’étudiant. En France la licence c’est 3 ans et pas de mémoire. En ayiti ya pas de bibliothèque a jour pas de budget passer 5 ans en licence pour finir aux chômage c’est la mort assurée. En outre en Haïti on étudie pour aller travailler donc cela devrait être une licence pro non orientée vers la recherche. C’est quoi cette merde?

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