Par Raphaël Dieuphene Isaac
Lundi 17 février 2020 ((rezonodwes.com))– Sous les yeux d’une communauté internationale sans nul doute complice, Haïti sombre lentement mais sûrement dans l’horreur.
Jamais, ces trente dernières années, nous n’avons atteint un niveau aussi chaotique. Si l’arrivée au pouvoir de l’actuel « président » avait suscité une vague d’espoir, trois ans après son arrivée à la magistrature suprême, son immobolisme, son incompétence et sa désinvolture dans la gestion de la chose publique ont fini par conduire notre pays vers l’abîme.
Désormais, la quasi-totalité du territoire national vit dans la peur. Chaque bout du territoire est occupé par des chefs de gangs avec souvent pour complices, des hommes politiques d’envergure qui les fournissent armes et munitions. L’heure est grave!
Corruption à grande échelle, gaspillage des deniers publics, magouilles en tout genre, manipulation de masse bref, ces ennemis jurés de l’Etat de droit ont été fièrement érigés en norme administratives par le pouvoir en place. Le comble, un décret présidentiel vient soustraire à tout contrôle la passation des marchés publics y compris les marchés portant sur l’exploitation de notre sous-sol.
Comme si cela ne suffisait pas, une vague sans précédent de kidnapping contre rançon a fait brusquement son apparition dans la capitale haïtienne. Si dans un premier temps, les autorités publiques étaient dans le déni, la médiatisation de la mort d’un jeune étudiant, porteur de rançon à un groupe de ravisseurs contre la libération de cinq otages a fini par forcer les autorités policières à admettre l’inadmissible à savoir : La balcanisation de notre territoire.
Face à cette vague d’insécurité, chacun va de sa condamnation. Quant aux soi-disant autorités policières et gouvernementales, ils se contentent juste de se cacher derrière leur petit droit. À les entendre, la faute revient toujours à l’auteur. Le pire, comme seule explication, cette vague d’insécurité nous dit-on, serait l’œuvre d’anciens parlementaires cherchant par tout moyen à faire tomber le pouvoir en place.
N’étant pas dans le secret des dieux, il m’est impossible de désigner à coup sûr les principaux responsables du chaos haïtien. Toutefois, à l’analyse, on peut sans ambages conclure que les autorités étatiques , à défaut d’être auteurs des actes de kidnapping,et d’assassinats que connaît la capitale haïtienne, en sont sans nul doute, complices par fourniture de moyens ou au mieux, par silence gardé.
Le grand peuple d’Haïti mérite mieux, beaucoup mieux que ses irresponsables aujourd’hui à sa tête. La complicité des pays dits amis d’Haïti et en premier lieu, des États-Unis d’Amérique en est pour beaucoup dans le cataclysme actuellement en cours dans mon pays.La résilience de ce grand peuple avait comme par magie, mis en déroute la grande armée de l’époque à savoir : L’armée Napoléonienne.
Ainsi fut son apparition la première République noire de l’histoire !
À plus forte raison, cette même résilience finira par refaire l’Histoire. Cette fois-ci, non pas contre des ennemis extérieurs mais, contre ceux là mêmes qui devaient avec détermination, achevé l’épopée commencée il y a de cela 216 ans.Sa place dans le concert des nations, Haïti finira tôt ou tard par la retrouver. Et ce, avec ou sans aval de ses ennemis tant intérieurs qu’extérieurs.
Seul maître de son horloge, le grand peuple d’Haïti finira tôt ou tard par se débarrasser de ses désormais encombrants dirigeants, incompétents, corrompus, manipulateurs on ne peut plus. Yon jou, lap jou.
Par Raphaël Dieuphene Isaac.
Conseiller en Gestion du Patrimoine.
Avocat à la Cour.


6 Comments