13 octobre 2026
Du système du désordre en ordre en Haïti
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Du système du désordre en ordre en Haïti

par ARISTILDE Deslande

Vendredi 28 février 2020 ((rezonodwes.com))– Il est clair et évident que l’ordre ne vient pas du désordre, mais aussitôt que celui-ci disparaît celui-là apparaît et requiert un certain ordre pour exister et continuer à exister comme le fait tout ce qui existe. La patrie est victime de la chronicité du parfait ordre du désordre. Ce système bien conçu par tous les éléments de cet ensemble que nous formons, nous transcende et devient le créateur par lequel nous pouvons exister pendant que nous sommes constamment fou dans des luttes perdues d’avance contre un homme et jamais contre une idéologie.

René Descartes dans un extrait de son discours sur la méthode nous dit: <<car, soit que je veille ou que je dorme, deux et trois joints ensemble formeront toujours le nombre de cinq, et le carré n’aura jamais plus de quatre côtés ; et il ne semble pas possible que des vérités si claires et si apparentes puissent être soupçonnées d’aucune fausseté ou d’incertitude.>> cet extrait d’une des méditations du philosophe joint avec cet autre extrait du livre de Charles de Secondat de Montesquieu <<De l’esprit des lois>> : <<Les lois, dans la signification la plus étendue, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses; et, dans ce sens, tous les êtres ont leurs lois, la divinité a ses lois, le monde matériel a ses lois, les intelligences supérieures à l’homme ont leurs lois, les bêtes ont leurs lois, l’homme a ses lois.>> nous servent de support pour démontrer que c’est une vérité absolue le fait de dire que le désordre est très bien structuré dans notre État. Une structure existe par des lois et meurt quand il ne peut plus les observer.

La question serait: << Qui a légiféré pour que cette structure contingente qui est le système du désordre en ordre, parvienne à exister?>> si elle est l’oeuvre d’un homme (comme dans notre culture animiste nous sommes toujours en quête d’un bouc émissaire)soit les autres sont moins humain, ou cet homme est un surhomme.

Si elle est l’oeuvre d’un puissant système, soit qu’il n’y a jamais eu un autre capable de le détruire ou soit par ignorance ou par impuissance, nous nous sommes conformés à ses règles. De toute façon, nous devenons la résultante du système car nous nous reconnaissons en lui comme composants. Paul Klee disait que « Le génie, c’est l’erreur dans le système. » Le notre reste parfait car aucun extraordinaire(Génie) n’a jamais défié l’ordinaire. Il faut un génie comme désordre dans ce désordre en ordre que nous avons comme système.

C’est quoi le système du désordre en ordre en Haïti ?

<<Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental, avec un produit intérieur brut (PIB) par habitant de 870 $ en 2018 et un indice de développement humain le classant 168 sur 189 pays cette même année. Selon l’indice de capital humain, un enfant né aujourd’hui en Haïti a un potentiel à l’âge adulte évalué à 45% de ce qu’il aurait pu avoir s’il avait bénéficié d’une éducation et d’une santé complètes. Plus de 6 millions d’Haïtiens vivent en-dessous du seuil de pauvreté avec moins de 2.41 $ par jour, et plus de 2.5 millions sont tombés en-dessous du seuil de pauvreté extrême, ayant moins de 1.23 $ par jour.>>¹selon Transparency International nous occupons la place 161 ème sur 180 pays dans l’index des perceptions de la corruption en 2018.²

Le désordre c’est la façon dont nous venons de décrire notre pays objectivement selon les faits dans le précédent paragraphe. C’est ce qui est à la place de l’ordre. C’est le mal, ce qui nous empêche d’être le meilleur que nous devrions être comme État. Le système lui, c’est ce plan que nous nous faisons et ces moyens que nous nous proposons d’employer pour réussir à créer le désordre. C’est un mécanisme idéologique. Contrairement à la perception populaire, il n’est pas un homme ni un groupe d’homme en Haïti. Le système du désordre en ordre du pays est le fruit de ses entrailles. L’esclave ou le maître ne peut s’absenter en parlant de système esclavagiste, l’absence de l’un de ces éléments rend automatiquement l’esclavage impossible. D’une façon ou d’une autre nous sommes des acteurs de ce système.

À travers son idéologie qui est écrit nulle part mais qui s’adapte bien à chaque évolution de la nation, l’ordre du désordre prédomine. Il s’applique avec des éléments clés qui s’insinuent facilement dans notre société. Il est là dès la conception du pays. Il est ces choses si fondamentales que nous ne disposons jamais de temps, de sagesse et de courage d’en discuter en tant que peuple. Il est cet ennemi que nous ne prenons jamais le temps d’identifier mais que nous voulons à tout prix éliminer. Il est ces détails qui deviennent les maillons d’une grande chaîne. 

La doctrine du système du désordre en ordre est caractérisée par six piliers:

1. Vivre comme un peuple raciste envers nous même. 

D’une part nous sommes fascinés par une vision ethnique noire et blanche du monde, il n’existe que deux couleurs pour nous et nous ne parvenons pas à nous accepter comme un peuple au point de vue ethnique; d’autre part, nous avons presque déifié ceux que nous appelons <<Le Blanc>>.

2. Ne pas manifester la volonté de vivre ensemble.

Le peuple est considéré comme un groupe de personne manifestant la volonté de vivre ensemble. Mais, nous nous méfions. Nous sommes souvent à la recherche d’une réussite personnelle au détriment de celle collective qui serait elle aussi personnelle. Nous primons toute forme d’acculturation juste pour nous prouver que nous sommes différents de nous même. Dans la majorité des cas pour nous, un haïtien est la pire chose qui puisse arriver à un autre. Nous finissons souvent par nous ressembler en autant vouloir montrer que nous ne nous ressemblons pas.

3. L’absence d’un projet de société

Nous ne nous sommes jamais doté d’un véritable projet de société. Nous vivons sans vision, sans objectif, sans mission et sans but commune. La société va aveuglement là où le système du désordre en ordre le veut.

4. L’animisme

Nous ne voulons jamais accepter le fait que nous sommes souvent victime de nos irresponsabilités. Si ce n’est pas Dieu c’est le diable et si ce n’est ni l’un ni l’autre, c’est <<le blanc>>.

5. La résilience

<< Pito nou lèd nou la>> et <<Bouche nen pou bwè dlo santi>>, ces deux fameux proverbes traduisent notre Capacité à absorber n’importe quelle perturbation, et à nous réorganiser, et à continuer de fonctionner de la même manière qu’avant.

6. Problème de leadership 

Nous sommes en quête d’un leader depuis la mort de l’Empereur J.J Dessalinnes qui puisse nous conduire vers une vision collective contraire à celle que nous avons mais, jusqu’à date nous ne sommes tombés(1) que sur de faux espoir. Le pays est divisé en miette et chacun devient le leader de son Haïti.

Comment renverser le système du désordre en ordre d’Haïti?

Dans la vie, soit on accepte les choses, soit on les abandonne, soit on les change. Cependant, on ne peut pas changer ce qu’on ne comprend pas. Il faut au préalable identifier le sujet à changer comme quelque chose qui doit l’être. Mais, comme l’avait dit Albert Einstein: <<Un problème créé ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu’il a été créé.>> Nous ne pouvons pas peindre du blanc sur du blanc et espérer un éventuel contraste. Nous avons toute une littérature (Historique, sociologique, politique, économique, etc.)nationale et internationale qui peut nous aider á identifier de manière bien définit le Système du désordre en ordre dont nous sommes sous l’emprise.

Ce système n’a que pour acteur principal(Maître ou esclave) des haïtiens et rien que des haïtiens. Il peut être profitable à certains (Pays) pendant qu’il nous est préjudiciable et qu’ils en profitent pour l’encourager. Ce malheur des uns (Haïti) qui arrange bien ces autres (pays ). Mais, c’est toujours nous les principaux protagonistes de l’état de l’État. De fait, il faut trouver l’ennemi réel, et celui-ci n’est pas physique.

Nous devons comprendre que nous ne pouvons combattre l’esprit que par l’esprit. L’idéologie de ce système n’est pas physique, c’est tout l’acheminement d’un grand travail psychologique que nous avons accepté et considéré comme bien sans même avoir une connaissance réelle de son existence. Nous devons nous en défaire pour suivre un autre. <<La plus grande révolution de notre génération est que les êtres humains, en changeant les attitudes intérieures de leur esprit, peuvent changer les aspects extérieurs de leur vie.>>³ 

Changer le système n’est pas un travail qui peut se faire aussi facilement comme certains le prétendent. Il faudrait la participation active d’une frange de l’élite intellectuelle (les intellectuels d’ici et de la diaspora)avec une autre frange constituée de citoyens capables de servir d’influenceurs à la grande majorité.

Les peuples n’ont jamais pensé aucune révolution, leurs leaders le font; ils identifient ce qui doit être changer après, ils expliquent pourquoi il faut le changement puis, ils expliquent comment ils vont procéder ensuite, ils vivent une vie d’influence sincère relative à leur cause. Les peuples ne font que se laisser convaincre ou pas par ses leaders. Ce ne sera jamais au peuple (La foule) de changer cette vision qui nous transcende et fait de nous ce que nous sommes. 

ARISTILDE Deslande

Sources:
1- https://www.banquemondiale.org/fr/country/haiti/overview 4 novembre 2019
2- https://www.transparency.org/country/HTI4 novembre 2019
3- Marylin Ferguson. Les enfants du verseau, trad. Guy Beney, p.38

3 Comments

  • Endijèn 29 février 2020

    C’est une très bonne analyse! Mais, il est à demander comment repérer ces MOUN TOUT BON dans le pays, la diaspora et de les mettre ensemble pour venir à bout de “l’ordre du désordre.” Connaissant les Haitiens (les impacts de l’esclavage et de la colonisation), dès la mise en place, il faut qu’il y ait des garde-fous, j’allais dire des “death squads.” Pa gen plezantri nan fè peyi!
    Vous aviez mentionné, “Il est cet ennemi que nous ne prenons jamais le temps nous d’identifier mais que voulons à tout prix éliminer.” Au cours de “cette transition qui n’en finit pas,” les Ennemis d’un autre pays se trouvent parmi nous. Au sein du FNCD, l’histoire a prouvé seul le camarade Tuneb Delpé était sincère. En 1994, il n’avait pas suivi les autres vauriens. Il restait conséquent avec lui-même et il attendait comme votre serviteur les malandrins nan kat falfou tintin. Ils travaillaient angranjan pour ce que nous vivons…
    Contrairement à la quasi-totalité des autres, Delpé avait une famille, il attachait à son idéologie et il n’était pas un raté dans sa profession. En voulant s’en prendre au système, il faut éviter de marcher sur les traces d’un Gérard Pierre Charles… et William Smart.
    C’est dommage, les compatriotes Jean Léopold Dominique, Brignol Lindor, Jacques Roche, Francois Latour…., Mireille Durocher Bertin et Antoine Leroy, ne peuvent pas apprécier votre papier. Les ratés et ti twouve ont souvent ont leurs propres agendas. Des alliés du « système du désordre » qui étaient tapis dans l’ombre. Les États unis et le Venezuela demandent de ne pas illustrer.

  • Andre 2 mars 2020

    Je cherche a comprendre votre commentaire et j’avoue que j’ai failli entierement. Mais voyant le nom de Gerard Piere Charles mentionner et pas forcement comme le bon exemple, selon ma comprehension, je me force de vous demander pourquoi faudrait-il eviter de suivre ses traces (M pa konn misye reyelman men m souvan tande yo site nonl kom moun lot mooun ta ka swiv pito)?

    • Endijèn 26 mars 2020

      @ Andre
      Allah merci! Au moins mon “contradicteur” avait compris une partie de mes commentaires. Les compatriotes qui sont formés politiquement et idéologiquement dans ma génération ne sont jamais tendres envers Gérard Pierre Charles. Dans un article dans le quotidien Le Nouvelliste, Sauveur Pierre Étienne (associé du candidat Jude Célestin), le fils spirituel de Gérard Pierre Charles voyait en lui un scientifique. Loin de là! Sous aucun prétexte, un Scientifique ne pouvait pas s’associer à des ratés dans tous les domaines. Sòti nan pè rate tonbe nan agwonòm rate. Nan kondisyon sa a, li pa tap ka pòte bon nouvel pou peyi a. Cette réflexion est aussi Valable pour tous les intellectuels qui avaient servi de près ou de loin dans les administrations Lavalas (marassa Aristide/Préval et le présumé assassin Privert) et PHTK. Les nommés Martelly… et Jovenel sont les fils légitimes de Gérard Pierre Charles et de l’OPL (Organisation Politique Lavalas). Le fait de changer d’emballage ne veut rien dire dans la mesure où le Produit reste intact. Chèche konnen fè istorik yo.

      Au cours des trente-quatre ans de “Shithole,” seul le professeur Leslie François Manigat et son Équipe, ont laissé leurs empreintes sur les compatriotes conscients de ma génération.

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