12 octobre 2026
L’île aux plus de 1000 stations de radio, pourra t-elle corriger les distorsions dans l’utilisation de la bande 88-108 Mhz ?
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L’île aux plus de 1000 stations de radio, pourra t-elle corriger les distorsions dans l’utilisation de la bande 88-108 Mhz ?

Hispaniola , l’île aux plus de 1000 stations de radiodiffusion, pourra t-elle corriger les distorsions dans l’utilisation de la bande 88-108 Mhz ?

Dimanche 12 janvier 2020 ((rezonodwes.com))– La République Dominicaine, selon les informations disponibles sur le site internet du Régulateur Télécom dominicain,  Indotel, compte plus de 381 stations de radiodiffusion régulièrement enregistrées, soit  235 dans la bande 88-108 Mhz et 146 dans la bande réservée aux stations de radio diffusant en modulation d’amplitude (AM). Cette situation a poussé le Journal dominicain Hoy à se demander si , dans ce domaine, la République Dominicaine n’est pas digne de figurer dans le livre du Guiness des records ?

La République d’Haïti qui partage l’île Hispaniola avec nos voisins de l’Est compte, selon les informations présentées par les responsables de l’Organisme chargé de la régulation du secteur, Conatel, en 2016,  347 stations de radiodiffusion sonore illégales et 350 stations régulièrement enregistrées ( les stations de radio illégales sont aussi nombreuses que celles régulièrement       enregistrées).

Des deux côtés de l’île Hispaniola, les différents acteurs ont compris l’importance, le role et le pouvoir d’une station de radio au sein de la population. Certains ont décidé d’utiliser tous les moyens, toutes les subterfuges et manipulations pour s’assurer le contrôle d’un maximum nombre de fréquence de radiodiffusion dans la bande FM, créant ainsi à la fois une apparente saturation de la bande, des problèmes de concentration économique, un déséquilibre dans l’accès à une information libre  et menaçant également la liberté d’expression et la pluralité de l’informations.

D’autres, plus audacieux, ne s’embarassant pas de details , achètent carrément leur émetteur  FM et exploitent des fréquences dans la bande 88-108 Mhz dans la plus parfaite illégalité.

Cette gestion et utilisation  problématiques de la bande de fréquence réservée au service de radiodiffusion sonore des deux côtés de l’île sont à l’origine de préoccupations légitimes de la part des Régulateurs haïtien et dominicain, car elles peuvent donner lieu à toute sorte de dérives et avoir des conséquences fâcheuses  pour le développement de ce service au bénéfice des deux populations.

Les Dominicains semblent avoir compris la dimension du problème

Les Dominicains , eux, semblent en être conscients. Ils ont décidé de suspendre provisoirement  la délivrance d’autorisations d’utilisation des fréquences dans les services publics de radiodiffusion sonore à l’échelle nationale et d’engager , avec l’appui de l’Association des Radios en République Dominicaine (ADORA)(1) et  l’Union Internationale des Télécommunications, une réflexion sur la question devant aboutir aux réformes nécessaires dans ce secteur d’activité.

En effet,  l’Institut dominicain des télécommunications, par l’intermédiaire de son Conseil directeur, a publié la résolution n ° 056-18 qui prévoit la suspension de l’octroi de licences pour la fourniture du service public de radiodiffusion sonore en fréquence modulée (FM) et en amplitude modulée (AM), pour une période de douze (12) mois, renouvelable..

Cette résolution a été adoptée dans le but de disposer de mécanismes  permettant aux dominicains de procéder a  une  » purification correcte  »  du spectre radioélectrique,

Le Conseil d’administration d’INDOTEL pour l’adoption de la décision susmentionnée a reçu le soutien et les conseils de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et des études internes réalisées par le personnel de l’institution.

La résolution du Conseil, organe chargé de définir les orientations et critères de politique publique à suivre par Indotel, donne à l’organe exécutif de Indotel lla mission de miettre en œuvre un plan de travail pour la correction des distorsions existantes dans le domaine du spectre radioélectrique, notamment en ce qui concerne le fonctionnement du service de radiodiffusion sonore dans la gamme de fréquences 88-108 MHz., destiné au service de radiodiffusion sonore en fréquence modulée (FM) et dans la bande 535 – 1705 kHz, attribué au service de radiodiffusion sonore en amplitude modulée ( AM).

La portée de cette suspension est nationale et comprend les demandes d’autorisation en cours auprès dudit organisme de réglementation; Elle s’applique également à tous les mécanismes d’attribution prévus dans le cadre juridique et réglementaire qui impliquent l’utilisation du spectre radioélectrique pour la fourniture d’un service public de radiodiffusion sonore.

L’association des médias dominicains soutient la mesure

Le conseil d’administration de l’Association dominicaine des radiodiffuseurs (ADORA) a exprimé son soutien à la résolution 056-1 publiée par l’Institut dominicain des télécommunications (Indotel), qui suspend l’octroi de nouvelles licences pour les stations à fréquence modulée (FM) et Amplitude modulée (AM).

Rosa Olga Medrano, présidente d’Adora, a déclaré que c’était une mesure saine pour l’industrie de la radio en République dominicaine, « car depuis des années nous sommes confrontés à des irrégularités dans l’utilisation du spectre radio, en particulier avec les diffuseurs illégaux ».

Le représentant des radiodiffuseurs de la République Dominicaine a ajouté que cette disposition devrait conduire à la gestion du spectre et engager un processus de supervision et de fermeture de toutes les stations qui violent les lois qui régissent l’industrie.

« Notre rôle sera d’assurer le respect de cette disposition, en espérant que ce sera le début d’un travail juste et nécessaire pour le bien de la radio dominicaine, qui joue un rôle fondamental dans le développement de notre pays », a déclaré Medrano.

Pour prendre cette mesure, Indotel a eu le soutien et les conseils de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et des études internes réalisées par le personnel de l’institution.

L’Indotel a proposé une évaluation en particulier pour tout ce qui concerne le fonctionnement du service de radiodiffusion sonore dans la gamme de fréquences 88-108 MHz., Destiné au service de radiodiffusion sonore en fréquence modulée (FM) et dans la bande 535-1705 kHz , attribuée au service de radiodiffusion sonore à amplitude modulée (AM).

En est-il de même en Haïti ?

En Haiti ce qui semble être à l’ordre du jour  au niveau du spectre des fréquences radioélectriques réservé au service de radiodiffusion sonore, c’est une réduction de moitié de l’espacement en fréquence entre les stations de radiodiffusion à Port-au-Prince sur la bande FM.

En effet cet espacement a été ramené à 200 Khz ( les dominicains  sont encore à un espacement de 400 Khz) . Ce qui permet de multiplier par deux le nombre de stations de radiodiffusion sur la bande 88-108 Mhz..

Cependant cela n’est pas sans effet sur la qualité des servIces offerts, car les problèmes d’interférences ont augmenté dans certaines zones de Port-au-Prince à là fois au niveau de la radiodiffusion  que dans d’autres services de communication.

Il faut noter également , à propos des problèmes d’interférence, selon la carte d’interférence établie par les techniciens dominicains, environ 80 stations de radio haïtiennes s’immiscent dans les communautés du côté dominicain de la bande frontalière, créant une situation complexe et très difficile à résoudre.

Les Dominicains ont porté plainte contre Haïti à l’UIT

Dans le cadre de l’étude d’une proposition de résolution préparée par le député Manuel Miguel Florián Terrero en relation avec ce problème d’interférence dans la zone frontalière, la Commission permanente des médias de la Chambre des Députés de la République Dominicaine a rencontré , il y a quelques mois, les responsables de Indotel et a  entendu également entendu l’opinion de techniciens   et des cadres de l’Association dominicaine des radiodiffuseurs (ADORA).

En réponse  aux préoccupations des députés, le président d’Indotel a reconnu la gravité du problème et a déclaré que l’institution avait déjà établi une carte complète de la zone touchée par l’ingérence haïtienne et avait porté plainte par devant l’Organisation internationale des télécommunications ( UIT), tout en travaillant avec le régulateur haïtien CONATEL, à la recherche d’une solution.

Le responsable a expliqué que l’institution de régulation dominicaine cherchait un accord officiel avec son homologue haïtien sur tout ce qui avait trait à la gestion des fréquences radio et des signaux téléphoniques dans la zone frontalière, et relançait et mettait à jour un mémorandum d’accord signé par les deux parties dans le pays.

De même, Guillén Bello, Président de Indotel,  a annoncé que le CONATEL devrait envoyer un rapport sur les progrès accomplis dans les efforts qu’il déploie pour répondre à la demande d’Indotel. Elpidio Báez a demandé qu’une copie du rapport envoyé par les autorités haïtiennes lui soit envoyée.

 Plus de 80 stations haïtiennes , selon nos voisins de l’Est, interfèrent avec les stations dominicaines de la région du Sud, pénétrant à San José de Ocoa, un cas qui a été détecté par le Président de la République, Danilo Medina, lors d’un voyage dans la région. La Commission Des communications permanentes de la Chambre des députés enquêtent sur le cas et tentent d’aider le gouvernement haïtien a prendre toutes les mesures afin d’abaisser l’intensité de ces signaux.

Trop tôt pour savoir, mais la réforme s’impose

Bref à ce stade de ce grand et brûlant dossier , il est encore trop tôt pour savoir si les dominicains arriveront à   assainir l’utilisation de la bande de fréquence 88-108 Mhz sur leur territoire ou si , de leur côté, les haitiens sont intéressés à le faire.

.On ignore également quelles suites l’Union Internationale des Télécommunications(UIT) donnera à la plainte formelle de la République Dominicaine contre la République d’Haïti relativement aux problèmes d’interférences dans les villes frontalières .

 Ce qui est certain , la République d’Haïti et la République Dominicaine devront, toutes les deux, travailler à réforme le secteur de la radiodiffusion des deux côtés de l’île, car même avec un PIB dix fois supérieur à celui d’Haïti, plus de 1000 stations de radiodiffusion sonore pour une population globale de 22 millions d’habitants sur 76.000 Km2 demeurent une grande exception.

Montaigne Marcelin

11 janvier 2020

(1)L’Association dominicaine des radiodiffuseurs, Inc. (ADORA) a été fondée le 23 juillet 1964, lors d’une assemblée constitutive tenue au Embassy Club de l’Ambassador Hotel, avec l’aide de la plupart des sociétés de radiodiffusion existantes, à l’époque, l’ensemble du territoire national.

Son premier conseil d’administration a été formé comme suit:

Pedro Pablo Bonilla P.
Président

José A. Brea Peña
Vice-président

Roque Candelario Llenas
Trésorier

Pedro Justiniano Polanco
Secrétaire

Rafael Cordero Puello
Vocal

Manuel Jorge Arias
Vocal

Le 25 novembre 1968, par décret n ° 3047 du pouvoir exécutif, l’ADORA acquiert son statut juridique.

Au cours de la période 1966-1978, le pays a connu des moments d’incertitude et de harcèlement des médias, en particulier la radio, jouer ADORA jouent un rôle stellaire dans la défense des libertés publiques et en particulier la LIBERTÉ D’EXPRESSION, période dans lequel ADORA, a été baptisé par le président de l’époque comme: « LA PUISSANTE ADORA. »

Dans les années 80, la première modification statutaire a eu lieu, les principaux changements étant la création de trois vice-présidences par région dans lesquelles l’ADORA, le Secrétariat général et le Secrétariat adjoint ont été divisés pour faciliter leur croissance

Fin 1996, début 1997, l’Office national du droit d’auteur approuve la Société générale des auteurs, compositeurs et éditeurs dominicains (SGACEDOM), le premier taux de tarification pour l’utilisation de la musique dans la République, Une décision qui ouvre un processus de négociation entre la SGACEDOM et l’ADORA, qui culmine avec un accord entre l’ADORA et la SGACEDOM, à travers lequel les diffuseurs membres de l’ADORA bénéficieront d’un TARIF SPÉCIAL. Des années plus tard, la SOCIÉTÉ DOMINICAINE DES PRODUCTEURS PHONOGRAPHIQUES voit le jour et des négociations ont également été engagées pour permettre aux membres de l’ADORA de bénéficier d’un tarif privilégié pour l’utilisation de la musique.

ADORA, a évolué en fonction des exigences et des besoins du secteur de la diffusion, en 1998, c’est à lui de jouer un rôle stellaire avec la modification de l’ancienne loi 118 des télécommunications, laissant la place à la loi 153-98 ou loi générale des télécommunications , ayant formé une équipe de radiodiffuseurs qui a collaboré avec les techniciens de la Banque interaméricaine de développement et ceux de l’Union internationale des télécommunications pour préparer l’avant-projet de loi générale sur les télécommunications et ses règlements.

Ce processus a commencé à la fin de 1996 et a culminé le 28 mai 1998 avec la promulgation de la loi 153-98 et de ses règlements.

En 2014, la participation de l’association est essentielle pour que les députés ne votent pas un projet de loi visant à imposer des quotas de musique aux stations du pays.

ADORA, a toujours combattu pour la défense des intérêts du secteur de la radiodiffusion, depuis sa création jusqu’à ce jour.

crédit photo Radio Télé Pacific

1 Comment

  • Regard Perçant 12 janvier 2020

    Quel nom de colonisé que celui d’Hispaniola pour un média haïtien parlant de notre île! Rezonodwès, veuillez enlever ce sale nom de l’article.

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