« Jovenel et Martine Moise entretiennent des relations avec des gangs armés « , extrait d’un exposé de la situation donné à July Chang du Dpt. d’Etat par des officiels haïtiens, dont Patrice Dumont

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Moins d’une semaine après que le ministre des Affaires Etrangères, Edmond Bocchit et le président Jovenel Moise eurent invité deux de leurs « amis » à l’OEA, sans mandat du Conseil Permanent, dans une vaine tentative de venir désacraliser le rapport de la Cour des Comptes, lequel indexe le chef de l’Etat comme l’un des présumés auteurs et ou complices dans la dilapidation des $4.3 milliards de fonds de Petro Caribe, une importante rencontre a lieu à l’Ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince, en présence d’un haut cadre du Département d’Etat.

L’Ambassadrice Michele Sison, pour discuter de la crise qui perdure, a élargi le champ des discussions en invitant deux Sénateurs de la République, deux Maires et un Secrétaire général de parti à venir à la rencontre de Mme Chang, Principale Assistante Secrétaire d’État adjointe pour l’Hémisphère Ouest au Département d’État américain.

Au titre de « 
Mémoire du Sénateur Patrice Dumont« , rédigé par l’élu de l’Ouest lui-même, la Nation haïtienne apprend mardi soir que l’envoyée du Département d’Etat a été directement informée sans personne interposée que « Déjà au moment où il était candidat, Jovenel Moïse était inculpé par la justice haïtienne pour blanchiment d’argent » [..] et que  » le président a organisé ou fait organiser la violation du territoire national par voie aérienne, par sept hommes armés, cinq de nationalité américaine, un Serbe et un Russe, ce faisant, le président a mis la sécurité nationale en danger ».

A noter que l’ambassadeur Kenneth Merten, qui se passe de toute présentation en Haïti, est l’assistant de Juy Chang

« Le président et sa femme sont en collusion dans l’Affaire Dermalog pour abuser l’État dans un contrat de service de 27 millions de dollars » mémoire du Sénateur Patrice Dumont

Mardi 25 juin 2019 ((rezonodwes.com))–Mémoire du Sénateur Patrice Dumont

par Patrice Dumont

Sujet : Réunion d’échanges sur la crise haïtienne de 2019

Amphitryons : July Chang, Principale Assistante Secrétaire d’État adjointe pour l’Hémisphère Ouest au Département d’État américain et Michele Sison Ambassadeure des États-Unis

Invités : un Secrétaire Général de parti, deux maires, deux Sénateurs dont le signataire

Lieu : Ambassade des États-Unis d’Amérique à Port-au-Prince

Date : 24 juin 2019

A- Contexte et Antécédent

Le vendredi 7 décembre 2018, en la résidence de l’Ambassadeure des États-Unis, et à l’invitation de celle-ci, j’avais rencontré l’Ambassadeur Kenneth Merten en mission en Haïti après la flambée des manifestations anti-Jovenel Moïse les 17 octobre et 18 novembre. Face à la demande massive de démission du Président, l’émissaire américain avait rétorqué dans la presse, et cela résume sa mission : « Aux États-Unis, nous allons aux élections pour choisir nos leaders ».

Question centrale : organisation d’un dialogue inter-haitien ?

Du côté haïtien, avaient aussi participé à cette réunion, mes collègues sénateurs Nènèl Cassy, Évalière Beauplan, Ronald Larèche, le Député Abel Descollines. L’Ambassadeure Michele Sison et le conseiller Todd Sargent du côté américain. La question centrale était de savoir sous quelle médiation organiser un dialogue inter-haïtien en vue de trouver une issue à la crise politique ?

J’avais proposé que des secteurs revendicatifs, associatifs et politiques soient invités à désigner des personnalités consensuelles et de renommée internationale. Et j’avais mis en garde M. Merten de croire que cette crise du début du mois de juillet 2018 était superficielle. De ce fait, lui ou un autre émissaire américain risquerait de revenir en Haïti tous les trois à six prochains mois pour les mêmes causes.

B- Évolution de la crise et de ma position

Il faut que le président démissionne car il est épinglé par 3 rapports établis par des institutions d’Etat

De fait, Madame Chang, vous voici en Haïti, six mois et 17 jours après votre assistant Kenneth Merten. Entretemps, la crise s’est aggravée. La nation dans ses expressions collectives les plus diverses, et en nombre significatif, n’est plus à la phase de dialogue que, d’ailleurs, le président Moïse a bousillée par toutes sortes de manœuvres. La nation demande la démission du président, et moi avec lui. Il faut que le président démissionne pour les fautes suivantes :

  • Paupérisation généralisée à cause de la corruption
  • Territoire et frontières non contrôlés au bénéfice de la contrebande et trafic de drogue
  • Déjà au moment où il était candidat, Jovenel Moïse était inculpé par la justice haïtienne pour blanchiment d’argent
  • le président est impliqué dans le scandale Petro Caribe, épinglé par trois rapports d’État
  • le président a versé dans le déni et la projection en tentant d’étouffer ce vaste crime de corruption Petro Caribe et en rejetant la responsabilité sur d’autres, crime pourtant avéré par trois rapports d’État
  • Le président et sa femme sont en collusion dans l’Affaire Dermalog pour abuser l’État dans un contrat de service de 27 millions de dollars
  • Le président avait usurpé un titre académique : Ingénieur, pour obtenir des contrats de l’État
  • Le président a organisé ou fait organiser la violation du territoire national par voie aérienne, par sept hommes armés, cinq de nationalité américaine, un Serbe et un Russe, ce faisant, le président a mis la sécurité nationale en danger
  • Ces hommes armés, qui étaient arrêtés par des policiers consciencieux, courageux, professionnels, patriotes, ont été arrachés de la Police par le Ministre de la Justice, Roudy Aly, ont été remis à l’Ambassadeure américaine sans avoir été jugés, ont été conduits comme des officiels à l’aéroport

En tentant de reconduire Monsieur Aly comme Ministre, le Président a confirmé que non seulement il a organisé la violation du territoire mais encore a fait obstruction à la justice

  • Le président et sa femme entretiennent des relations avec des gangs armés
  • Le massacre de la Saline (26 morts) a été commis par des hommes à la solde du gouvernement.

C- Fondement de la crise et ses perspectives

Jovenel Moïse ne peut pas remonter la pente

Les émeutes des 6, 7, 8 juillet 2018 ont été le déclencheur de la crise de décomposition du système collectif haïtien qui maintient la pauvreté et les inégalités inadmissibles depuis des lustres. Le problème est profond. L’évidence des vols de Petrocaribe et les fautes politiques de Jovenel Moïse ont facilité sa résurgence. Quoi qu’on fasse, vu l’endémie de la corruption renforcée comme jamais en Haïti, la confiance est rompue. Les manifestations de plus en plus massives deviendront de plus en plus violentes.

Ainsi, le Core Group et les émissaires américains, de même que les démocrates haïtiens convaincus, auront beau recommander le respect des mandats, appeler à arrêter les violences tous les trois ou six mois, rien ne semble indiquer que Jovenel Moïse puisse remonter la pente.

La demande générale de démission du président Jovenel Moïse n’est ni anticonstitutionnelle ni anti-démocratique.

Certes, le jeu politique d’une majorité parlementaire entêtée a entraîné l’insuffisance des moyens juridiques pouvant ouvrir la voie de la destitution telle que les articles 93 et 97 le prévoient. Le peuple est dans l’obligation de redresser les torts lui-même. L’on voit bien que l’Histoire de mon pays est tout aussi glorieuse que douloureuse. Son présent a pour devoir d’éviter la pitié et la répugnance, pour ses masses comme pour ses élites. C’est ce présent que Monsieur Moïse a avili. Heureusement, le vent si frais de la morale publique qui obtient les démissions de Chef d’État et de Gouvernement corrompus dans beaucoup de pays de notre hémisphère et ailleurs souffle aussi sur le visage de la jeunesse fervente d’Haïti.

Haïti veut sortir des mauvaises places des listes de Transparency International. Ce travail, nous ne pouvons pas l’accomplir avec des leaders qui n’ont de souci que de s’enrichir par le vol du bien public. Ils devront bien convenir d’être pénitents. En fait, les patriotes honnêtes et progressistes d’Haïti ont à cœur de résoudre ce problème conjoncturel, mais sont bien obligés de porter leur regard au loin. Nous devons, nous, restructurer notre pays. Dommage que le cycle des élections, au-delà du cadre constitutionnel, semble ne donner ni le temps ni les moyens de se colleter résolument à la réforme, voire à l’éradication des mécanismes de production de la pauvreté massive de nos citoyens et ceux qui font que notre environnement est délabré !

Le new deal de la morale publique

Ainsi, la communauté internationale a l’occasion d’accompagner le peuple haïtien dans un projet national de modernisation de l’État, de stabilisation et de développement du pays. Il s’agit là d’un new deal auquel je vous convie, vous du Corps Group, vous spécialement les Américains. Évidemment, pour que ce new deal avec les amis, étrangers, mais de vrais amis, soit valide, est nécessaire un new deal entre les Haïtiens.

C’est ce new deal de la morale publique contre le vol et les crimes de sang, donc pour son bonheur, que le peuple haïtien a commencé à écrire les 6, 7, 8 juillet 2018 et qui se trouve à un carrefour important où il attend la solidarité des autres.

Sénateur Patrice DUMONT

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