Petro Caribe : les manifestants jettent Jovenel Moise « symboliquement déchu » dans les poubelles de l’histoire

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Un journaliste de Signal FM blessé par balle, lors des manifestations du dimanche ; un autre journaliste Emmanuel Jean-François affirme que « des menaces de mort planent sur sa personne » ; le président Jovenel Moise semblerait avoir déployé toutes ses dernières forces pour s’accrocher au pouvoir en n’épargnant la vie de personne quand dans les rues des attroupements viennent à se former pour le dénoncer comme l’un des présumés dilapidateurs de fonds de Petro Caribe.

Les demandes répétées de la démission du Chef de l’État et la réalisation du procès Petro Caribe ont retenti dans la foule des manifestants. Ce dimanche, à Port-au-Prince, des rues étaient tendues. Aux Cayes, les funérailles symboliques de Jovenel Moise ont été chantées. Aux Gonaives, le 31 janvier 1986, les funérailles symboliques du régime militairo-macoute des Duvalier ont été également chantées pour la 1ere fois en Haïti depuis 1957

Dimanche 16 juin 2019 ((rezonodwes.com))–Dimanche dès l’aube, les premiers rassemblements, sous la direction du Collectif des Familles des prisonniers de 2004 et des Fans de Radio Sans Fin (RSF), défilaient dans certaines rues de Port-au-Prince. Les participants, révoltés par l’assassinat le 10 Juin dernier du journaliste Rospide Pétion, en silence ont réclamé justice et réparation pour la famille de la victime. La marche a chuté dans les parages du Ministère de la Justice et de la Sécurité publique.

Au Champs de Mars, des groupuscules des manifestants renforcés par des militants des quartiers difficiles de la capitale affluaient les lieux. À quelques pas de la Place de la Constitution, des bandes à pied font résonner des tambours et des vaccines en prévision de la marche pour forcer Jovenel Moise à la démission pour restaurer la valeur intrinsèque de la présidence en Haïti.

‘’ Le Président Jovenel Moise doit être conscient qu’il est indigne de continuer à diriger le pays’’, scandait un manifestant drapé des couleurs nationales russes.

Des manifestants ont parcouru Carrefour Aéroport, Delmas pour rejoindre le Centre-Ville de Port-au-Prince. À la Rue Pavée, des débordements ont contraint les agents du CIMO à faire usage de gaz lacrymogène et de projectiles en caoutchouc pour disperser la foule. Au bilan, 3 personnes ont été touchées dont Reynald Petit-Frère, un journaliste de Radio Signal.

‘’Ils ont pointé leurs armes sur nous. Et je me suis identifié comme journaliste. Cela ne l’ont pas empêché de tirer en horizontale’’, restituait Reynald Petit-Frère dont la vie ne sera pas en danger après avoir été atteint de deux projectiles. Des agents de CIMO ont fait revenir à la mémoire les comportements abusifs des anciens soldats des FAD’H qui tiraient à hauteur d’homme sur des civils non armés. Cette institution est aujourd’hui à l’état latent n’est d’aucune utilité au pays depuis sa reconstitution le 18 novembre 2017.

Jovenel Moise, symboliquement déchu

Aux Cayes, la mobilisation contre le pouvoir en place prend de l’ascendance. Pourtant, c’est dans la Métropole du Sud, quasi détruite en décembre 2010 par des fanatiques de Michel Martelly, que le régime Tèt Kalé s’est hissé sur le pavé. Dimanche, des images devenues virales sur les réseaux sociaux exposent un cercueil porté en triomphe par des manifestants très mécontents contre des stratagèmes utilisés par M. Moise pour extorquer des millions de Petro Caribe..

‘’Les funérailles symboliques du Chef de l’État, Jovenel Moise ont été chantées. On ne reconnaît plus son pouvoir« , ont lancé des protestataires sudistes qui veulent au plus vite le jeter dans les poubelles de l’histoire, car, selon eux, « il devait être au-dessus de tout soupçon« .

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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