14 septembre 2026
Kerlens Tilus : la jeunesse est la troisième voie
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Kerlens Tilus : la jeunesse est la troisième voie

« Haiti renaît de ses cendres de pneus brûlés sur les barricades » par Kerlens Tilus

Dimanche 3 mars 2019 ((rezonodwes.com))– Je suis chrétien évangélique. Je suis né dans le protestantisme, j’ai fait toute mes études dans une école catholique.

Je suis endoctriné dans le christianisme et je compte y rester. C’est ma foi en Dieu et son fils Jésus-Christ qui me permet d’affronter la vie quotidienne. Quand j’étais enfant, j’étais maladif et les médecins qui me soignaient prédisaient que je n’allais pas voir mes douze ans. Aujourd’hui, j’ai 42 ans.

Ils disaient d’autre part même quand j’arrive à passer le cap de douze ans, je serai un retardé mental. Je n’ai nullement besoin de dire à quelqu’un que je ne suis pas un retardé mental. La vie me sourit et je remercie à Dieu de sa présence dans ma vie et du fait qu’il me guide pas à pas. Quand on est né haïtien, on est sous le poids d’un lourd fardeau.

J’ai lu deux textes hier, l’un de Gaspard Dorélien. Je vois le désespoir dans l’âme de ces deux jeunes, mais je leur dis de ne pas mettre foi en l’homme, de river leur regard sur Dieu. La crise que l’on vit en Haiti est une crise d’hommes et de femmes honnêtes, sincères et craignant Dieu. Comme le dit mon ami Evintz Brillant, depuis la mort de l’Empereur Jean Jacques Dessalines, fondateur de la patrie haïtienne le 17 Octobre 1806, Haiti est dirigé par des adultérins. Un adultérin sur le plan spirituel est un citoyen qui travaille au détriment de son pays ; il est un instrument du diable.

Depuis 2012, je parle de troisième voie puisque je ne me retrouve ni dans le mouvement lavalas ni le néo-duvaliérisme (PHTK). J’essaie de forger dans ma tête une autre voie, à savoir ce que pourrait être Haiti avec des hommes et femmes formés, performants, honnêtes, sincères et craignant Dieu. Tous mes lecteurs peuvent remarquer que je parle toujours de la jeunesse dans mes textes.

C’est un choix délibéré et je ne le dis pas pour rallier derrière moi des jeunes, mais parce que je crois que les jeunes sont l’avenir de ce pays et la seule planche de salut d’Haiti à côté de la diaspora. Je crois fermement que le dilemme haitien est un problème spirituel. En parlant de spirituel, je dirai que les Haitiens n’ont pas l’amour du prochain, n’aiment pas le pays et sont ennemis de la vérité. Si quelqu’un n’aime pas son pays, comment peut-il aimer son frère, car c’est le pays qui doit bien fonctionner pour que le frère puisse vivre en toute quiétude.

De par nature je suis un optimiste. Je ne suis pas de ses chrétiens qui parlent de miracles à tout bout de champ, bien que je sais que le miracle existe. Je crois que Dieu a donné un cerveau à chaque être humain et l’intelligence, il revient à l’homme d’utiliser ses outils à bon escient pour créer un environnement dans lequel il fait bon vivre. Je crois que la même intelligence que le Chinois, le Français, le Japonais, le Canadien, l’Américain a, nous Haitiens, l’avons aussi. Mais ceux qui fait la différence entre nous et les autres, est qu’ils aiment leur pays et ils comprennent la nécessité du vivre ensemble.

Un docteur en électromécanique a cherché à m’insulter la semaine dernière pour me dire que j’écris depuis des années, à quoi cela sert réellement quand je pouvais faire de l’argent pour aider Haiti et mettre la main à la pâte. Je n’ai rien répondu sachant que ce type même avec un doctorat n’arrive pas à saisir l’impact de l’écriture et de la pensée sur la psyché de l’être humain. Je crois qu’on peut amener un individu à penser autrement à force de répéter une idée. Je répète souvent la même idée dans un texte. Certains le trouvent ennuyeux, mais je sais comme éducateur que la répétition est un bon instrument pour l’apprentissage. Chaque année, j’écris sur les mêmes thèmes et les mêmes sujets. Je sais qu’un jour j’arriverai à mobiliser des milliers de jeunes et pourquoi pas des dizaines de milliers. J’ai toujours voulu être une voix sûre dans ma communauté. Je suis loin d’Haiti, mais avec l’internet, j’ai l’impression que je n’avais jamais laissé Haiti. Je vis la réalité au quotidien, je respire Haiti, mon cœur et mon âme sont en Haiti. J’aime tant ce pays qui m’a vu naître et grandir.

Quand je grandissais en Haiti, il y avait toujours des troubles politiques, mais la vie n’était pas aussi dure. J’ai passé douze années dans le scoutisme qui a formé mon caractère et qui m’a permis d’apprendre à aimer mon pays et à servir Dieu. Le scout est un bon patriote qui a pour devise Dieu, l’Eglise et sa patrie. De jour en jour, je veux vivre une vie consacrée pour Dieu, pour mon pays et mon église (je ne parle pas d’église physique ou d’église locale) ; mais l’ensemble des croyants.

Je raconte toutes ces choses aux jeunes, c’est pour leur dire que nous ne venons pas du néant comme bien de gens le disent. Nous sommes créés à l’image de Dieu. Il ne s’agit pas d’évolution, mais il s’agit de création. Jusqu’à présent les scientifiques pro-évolution n’arrivent pas à étayer leur thèse pour convaincre. S’il s’agissait d’évolution, les hommes auraient déjà créé des humains et l’on vivrait infiniment. Bien que la science dit que c’est possible et que dans moins de cinquante ans, ce peut être une réalité, nous attendons avec impatience leur invention. Dans la vie, rien n’est simple. Ce qui est matériel a son correspondant dans le monde immatériel. Tout ce qui est en bas est en haut également. Je veux dire à la jeunesse de mon pays, malgré que l’espoir flétrit dans leur cœur et dans leur âme qu’il faut oser espérer.

A 42 ans, j’ai beaucoup vu et j’ai beaucoup appris. Je connais la plupart des acteurs en Haiti qui sont dans la même tranche d’âge que moi. Pour la majorité d’entre eux, ce sont des gens qui sont nés dans la pauvreté ou dans la classe moyenne et qui avait des manques. Certains ont grandi avec des frustrations et étaient même aigris parce qu’ils ne pouvaient pas manger à leur fin, se vêtir et fréquenter certains milieux, avoir certains amis et se faire accepter. Aujourd’hui, ce sont ces hommes qui sont au pouvoir en Haiti. Nous comprenons bien que nous ne pouvons pas avancer avec des aigris et des parvenus au pouvoir. On peut être frustré et on a le droit d’être frustré. L’essentiel c’est de ne pas laisser cette frustration se transformer en haine. Du moment que l’on est haineux par rapport à tout, on perd le focus et l’on ne va pas nulle part. Il y a des mechants que je n’aime pas et que je hais même, mais j’apprends toujours à ne pas laisser la haine m’envahir et guider mes actions.

Je veux dire aux jeunes de ce pays que les opportunités sont minimes et qu’il faut frayer leur propre voie. Quand tu réussis, tu ne dois pas détruire l’échelle que tu as gravi pour empêcher un autre de monter. Je partage tout ce que j’ai avec mon prochain : mes livres, mes connaissances, ma bonne humeur, mon argent ; et cela me fait du bien. J’ai grandi dans une famille où l’on m’a inculquées des valeurs nobles. Il faut aimer son prochain, il faut avoir le sens du partage. Je ne suis pas égoïste et je ne ramène pas tout à moi. Mais je n’aime pas que l’on me rabaisse ou marche sur mes pieds. Je ne vais permettre à qui que ce soit de m’insulter. Je suis capable de me défendre. Un homme qui choisit de m’attaquer même en privé, tu te fais un sérieux ennemi. Ma plume est mon arme de combat et je sais bien l’utiliser. Ma première activité rentable, je l’ai montée avec des oncles à Saint-Marc. Bien que je vivais à Port-au-Prince, mais je me rendais souvent à la ville natale de mes parents pour superviser le business. A l’université, je n’avais pas de problème d’argent parce que j’étais déjà un entrepreneur. Et, il y a des gens qui me demandaient assez souvent d’où vient cet argent que je dépense et partage. Il faut partager mes chers jeunes. Même quand tu n’as pas d’argent, il faut partager tes connaissances. Plus on partage, plus on s’améliore, plus on créé des opportunités pour soi. Mes meilleurs amis dans la vie sont des personnes que j’ai aidées soit par le support moral, soit par un coup de main dans une activité intellectuelle, soit par une aide financière.

Je dis que la jeunesse est la troisième voie et je pèse mes mots. Dans un pays où il y a au moins quatre millions de jeunes en âge de voter, ils peuvent à eux seuls chambarder ce système « peze souse ». Voilà pourquoi on sème la division au niveau de la jeunesse. Je connais des gens comme moi qui veulent faire le réseautage, réunir des jeunes, les encourager à produire, à monter des coopératives, à les aider à monter des entreprises. Mais, crois-moi, tu ne vas pas trouver des gens pour te supporter financièrement. Il faut du temps pour lire, pour penser et pour ecrire. J’ai un don naturel. J’écris tous mes textes en deux heures de temps ou deux heures de temps et demi, cela dépend du sujet. Il n’y a pas de mécènes en Haiti et dans la diaspora. Porque la personne t’aide, il doit exercer un certain contrôle sur toi. Si tu écris, il doit avoir la latitude de te censurer. Cela ne marche pas ainsi avec moi. Je suis maître de ma pensée et je n’écris pas pour faire plaisir à quiconque. J’écris ce qui est vrai et tout ce que je dis peut être prouvé. J’encourage les jeunes à ne pas trop s’impliquer dans la politique pas avant qu’il arrive à subvenir à leurs besoins matériels de façon indépendante. La politique est un business en soi en Haiti. Les éléments de la classe moyenne n’entrent pas en politique pour servir le pays, pour améliorer les conditions de vie du peuple. On entre en politique en Haiti pour brasser et pour devenir riche. Cela n’a pas toujours été ainsi. Il y a toujours eu des militants et des politiciens honnêtes dans ce pays. Mais, après 1986, la plupart des gens qui sont devenus politiciens sont des chenapans et des « chyen rigòl » qui mangent ou avalent tout sur leur passage.

Nous avons vu ce que la politicaillerie a fait à ce pays. Nous ne pouvons même pas nous entendre sur comment faire fonctionner le pays et sur comment rendre le pays stable. Des millions de jeunes sont sans emploi. Ceux qui parlent de la troisième voie doit comprendre qu’en ce présent moment, l’important c’est d’offrir des opportunités aux jeunes non dans une optique électorale, mais pour permettre à cette frange de la société d’avoir la capacité de vivre comme des « moun mounisés, Henock Franklin ». Le mouvement lavalas a bel et bien échoué, même quand l’opposition radicale essaie de le ranimer. Le PHTK va d’échec en échec. Martelly et son équipe de bandits légaux a dilapidé une grande partie des fonds Petrocaribe sans rien faire. Jovenel Moise n’a pas la garantie qu’il terminera son mandat même avec le support du Core Groupe, spécialement des Américains. Les jeunes doivent définir eux-mêmes la troisième voie, ils doivent lui donner un contenu, dégager un discours fluide et même monter un programme. Qu’est-ce-qui empêche à des jeunes dans tous les secteurs de la vie nationale : églises, universités, fonction publique, secteur privé, paysannerie, chômeurs de se regrouper d’abord dans les communes, au niveau des villes, par département et ensuite au niveau national pour monter un noyau pour activer cette force somnolente. Il faut de l’argent pour entreprendre de telles démarches. Voilà pourquoi aujourd’hui, les jeunes leaders charismatiques doivent utiliser leurs méninges pour trouver des gens qui peuvent parrainer un mouvement de rassemblement et d’unité.

On pouvait bien mobiliser les jeunes avec de faibles moyens, mais il n’y a pas encore la conscience et la volonté de changer les choses. Malheureusement, la plupart des jeunes en âge de voter ne sont pas éduqués, donc ils sont vulnérables et il est difficile de les vendre un discours prometteur. Il revient aux jeunes universitaires et professionnels de mener ce combat. Si l’on considère les jeunes de la manière que l’on considère les éléments de la classe moyenne, on peut dire qu’il n’y a pas d’espoir. Ce qui est bien c’est que certains jeunes sont encore vierges dans la pensée et sont innocents. Ils peuvent être facilement endoctrinés. Maintenant, c’est aux meneurs de concevoir la doctrine. C’est un travail qu’une dizaine d’intellectuels peut faire. Et grâce à la magie de l’internet et des réseaux sociaux, on peut en une année mener une campagne pour disséminer cette doctrine et ce discours de changement. Ce qui me donne espoir est que dans quelques années, on n’entendra plus parler des acteurs qui foutent le bordel aujourd’hui. Du moment qu’ils perdent leur financement de la classe d’affaires, ils vont se calmer. Voilà pourquoi j’encourage les hommes d’affaires à entrer dans la politique et à épauler des jeunes crédibles et capables. Un homme d’affaires m’a expliqué qu’en 2005, il avait rencontré un jeune GNBiste qui était le fer de lance de ce mouvement qui avait de belles idées. En 2019, non seulement, il est multimillionnaire, mais il arrive à corrompre un grand nombre de gens. Ce n’est pas de ces jeunes dont nous parlons ni le profil de jeunes qu’on veut promouvoir.

Je m’adresse particulièrement aux jeunes qui ont fait de bonnes études et qui se disent qu’ils doivent sortir du trou et avoir une place de choix dans la société. Il ne faut pas oublier quand tout va mal autour de toi, tu paies les pots cassés. Si tu décides de vivre en Haiti et de lutter, tu dois faire de ton mieux pour faire entendre ta voix et bien vouloir participer au changement. La troisième voie n’appartient à personne comme je l’ai montré dans un précédent article. Cette voie est une alternative par rapport à d’autres voies qui sont cahoteuses et impraticables. Si nous ne voulons pas nous regrouper, nous allons continuer à être dominés par les ignorants, les abolotchos et les corrompus. Aime ton prochain et aimer encore plus ceux qui vous aiment en toute sincérité. Un jeune leader doit avoir des mentors qui peuvent le guider, l’orienter et même lui fournir une assistance financière, car on a besoin de l’argent pour faire avancer les bonnes idées. Tenez bon, chers jeunes. Il y a beaucoup d’appelés comme dit la Bible, mais peu d’élus. La lutte pour le leadership de la jeunesse va cesser. Très bientôt, nous connaitrons les leaders naturels. Non pas ceux que les forces économiques, la classe politique et le palais national cherchent à nous imposer. C’est l’Eternel qui va permettre aux bien-pensants de se regrouper et faire un front comment pour combattre les thuriféraires et permettre aux professionnels de faire ce qui doit être fait pour relever ce pays de l’ornière du marasme. J’y crois fermement et je prie avec foi afin qu’un jour je puisse retourner vivre dans mon pays et contribuer à sa grandeur. Le pari sera gagné, il faut tout simplement avoir foi en la Nouvelle Haiti, et foi en la Providence. Que les jeunes puissent avoir confiance qu’ils sont le principal pilier de la société haitienne et qu’aucun changement ne peut être opéré sans eux. Et qu’ils ont la clairvoyance pour reconnaitre ceux qui sont dans leurs intérêts et qui tiennent à eux. Vive la jeunesse haitienne, la troisième voie.

N.B Ce texte est adressé à ceux qui sont appelés à opérer un changement positif dans le pays, les vrais acteurs.

Kerlens Tilus   03/02/2019

Snel76_2000@yahoo.com

Tel : 631-639-0844

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