Message aux autorités haïtiennes, après sept 7 jours de manifestations non-stop

Jeudi 14 février 2019 ((rezonodwes.com))– Cette semaine restera certainement dans les annales comme l’une des plus cruciales de l’histoire du peuple Haïti .Elle peut marquer le début d’une véritable réconciliation et la fin du calvaire que vit, depuis des années, la population haïtienne.

Elle peut aussi être synonyme de la perte de tout espoir de règlement dans les courts et moyens termes du conflit qui fait rage au pays et d’une perpétuation, que dis-je, d’une aggravation d’un désastre ayant déjà atteint des proportions hors du commun.

C’est dire combien est lourde la responsabilité qui pèse sur les épaules de tous les dirigeants et de tous les acteurs qui aiment passionnément le pays. Je m’adresse évidemment au Gouvernement, parce qu’en tant qu’autorité nationalement et internationalement reconnue, il tient entre ses mains la destinée du pays et a, comme tel, un rôle particulier à jouer dans la résolution de cette crise qui sombre le pays.

Mais je m’adresse aussi aux partis et dirigeants politiques de toutes obédiences, à la société civile, aux dignitaires religieux, aux jeunes, aux femmes et hommes qui comme moi ont reçu ce pays en héritage , car chacun et chacune d’entre nous a un rôle à jouer, une responsabilité à assumer.La paix, la réconciliation, le dialogue, supposent l’implication de tous.

Aujourd’hui, face à cette lamentable situation, le  peuple Haïti se voit dans l’obligation de tourner son regard vers vous. Vous le président et vous le Premier Ministre. Il a aussi les oreilles tendues à vous, il veut entendre un mot de vous. Après tant de tentatives de règlement avortées et d’espoirs déçus, il attend de vous un sursaut, un ressaisissement, un acte qui puisse le convaincre que son sort vous préoccupe réellement.

La communauté internationale a, elle aussi, le regard tourné vers vous. Face à cette crise politique qui est aussi triste qu’alarmante, des appels ont fusé de toutes parts, vous implorant de mettre enfin de côté les intérêts partisans et égoïstes, de prendre la pleine mesure du désastre qui afflige le  pays et le peuple, pour être à la hauteur de ce qui se joue: rien de moins que la survie de Haïti en tant que Pays et communauté humaine.

Ces espoirs ne peuvent être déçus. Ils ne doivent pas être déçus. La population ne le comprendra  pas; elle  ne vous pardonnera pas de laisser ainsi passer l’opportunité unique qu’offre ce moment décisif de revitalisation. Il est d’urgent de faire montre de volonté pour clore le triste et tragique chapitre que constitue la situation actuelle. Permettez que j’invoque la mémoire de l’icône mondiale <<Nelson Mandela>> qui a placé la réconciliation nationale en Afrique du Sud au centre de son action politique en tant que Président.

Il n’est point besoin de s’étaler sur les sacrifices qu’il a consentis, les privations qu’il s’est imposées, pour faire triompher la cause de la justice dans son pays. Il a subi dans sa chair l’iniquité et l’inhumanité du système d’apartheid.Mais cela n’a fait que renforcer son engagement en faveur de la réconciliation. Il comprit, plus que tout autre, qu’une nation ne peut être forte qu’unie, et que ceux qui gouvernent ont une responsabilité particulière à cet égard.

Il est une citation de Mandela que je voudrais partager avec vous. Dans son autobiographie  <<Un long chemin vers la liberté, il a dit que la liberté ne consiste pas seulement à se libérer du joug de la domination, mais aussi à se comporter d’une manière qui respecte et renforce la liberté des autres >>. Haïti a conquis son indépendance au terme d’une longue lutte. Celle-ci fut sanglante et cruelle. Les souffrances dont elle s’est accompagnée sont indicibles. L’indépendance devait marquer une nouvelle ère, la fin de la violence, le début de la prospérité pour un pays abondamment doté en ressources naturelles et bénéficiant de la bienveillance de toutes ses filles et de tous ses fils.

À la mal gouvernance qui a caractérisé les premiers pas de l’indépendance est venue s’ajouter, des guerres intestines sans grandeur. Les atrocités commises dépassent l’entendement. Rares sont ceux qui y ont échappé. Elles ont induit un traumatisme dont les générations présentes et futures subiront l’impact de très nombreuses années durant. Chaque jour, de nouvelles atrocités sont commises, presque dans l’indifférence générale, tant l’inhumanité semble être devenue la norme en Haïti. L’économie du pays est littéralement en lambeaux.

Cette tragédie est une trahison.Trahison du combat pour la liberté et du martyre de nombreux Haïtiens. Trahison de l’aspiration à la paix et au bien-être qu’a fait naître l’indépendance. Trahison de l’attente de ceux-là qui ont soutenu la lutte pour l’indépendance, dans l’espoir que le sort du peuple en serait amélioré.Au cours de ces moments écoulées, de nombreuses opportunités se sont présentées pour mettre un terme à cette tragédie.

Mais ces occasions n’ont jamais été saisies. Et les raisons sont aussi simples que désolantes.Parce que la volonté politique a manqué.Parce que l’intérêt général a été relégué aux oubliettes au profit d’une lutte acharnée pour le pouvoir, conçu non comme l’exercice d’une responsabilité envers un peuple, mais comme l’accaparement des leviers de la souveraineté nationale pour servir des intérêts égoïstes.

Parce que des politiciens sans scrupule et des chefs de guerre dépourvus de toute éthique ont fait de l’identité, de l’appartenance ethnique, de la division, du rejet de l’autre un outil de choix pour assouvir leurs ambitions personnelles.Parce que la peur de l’autre, la haine de l’autre a fini par rompre tout lien social et pervertir les valeurs humaines les plus fondamentales.

Mais comme le dit si bien l’adage, il n’est jamais trop tard pour bien faire. La perche qui vous est tendue par la gravité de l’heure, pour mettre fin au désastre que vous avez infligé au  peuple doit être promptement et pleinement saisie. Trop de temps a été perdu. Et l’urgence est grande. Nous ne pouvons pas laisser passer ce moment crucial sans nous  engager solennellement et sincèrement à mettre un terme immédiat à la violence et à bâtir sur un tel socle pour accélérer la marche vers la paix et la réconciliation.Nous devons travailler pour faire cesser la violence, recréer le vouloir vivre ensemble et redonner un futur prometteur à notre pays.

Chers dirigeants de la première République Noire Indépendante, je vous en supplie je vous en supplie. Les jours à venir seront déterminants. Ils indiqueront si, après tant de sang inutilement versé et de souffrance extrêmes, les parties ont, enfin, décidé d’ouvrir une nouvelle page dans l’histoire tragique de leur jeune nation, ou si elles persistent dans l’aveuglement, le mépris de l’intérêt général et une fuite en avant criminelle.L’enjeu est immense. Il importe que chacun et chacune d’entre-nous ait une pleine conscience de ce qui se jouera dans les jours à venir.

On ne le dira jamais assez : il n’y a pas de solution militaire au conflit. Seuls le dialogue, la tolérance envers vos semblables, la générosité de cœur et la grandeur d’esprit sortiront notre pays du précipice dans lequel il se trouve.
Que le pays gagne !

Bredson Dieufort
citoyen Haïtien
Tel:WhatsApp 509 42907869/ »Appel 37237827
Ad-mail:bdieufort@yahoo.com

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