Au regard de la crise actuelle , certaines réflexions ont tout leur sens et toute leur importance. Comment peut-on parler de changement et de développement sans un minimum de conscience ? Peut-on construire dans la violence ? Quel est donc le poids des réseaux sociaux dans le cadre de la résolution et de l’aggravation des problèmes auxquels le pays fait face ? Des questions pour lesquelles des réponses ne devraient, évidemment , pas tarder à venir
par Wadson Désir
Le pays fonctionne à l’ère des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). En fait-on bon usage ? C’est cela qui préoccupe au plus haut point une catégorie d’haïtiens , car sur les réseaux sociaux , on traite de tous les sujets.
Qu’ils soient délicats et/ou sensibles , on les balance ; on les expose à la face du monde , ce qui, souvent , met à mal l’image du pays , aux yeux de nombreux étrangers qui , à ce niveau-là, ne comprennent pas le comportement, l’attitude des fils et filles de la Première République Noire Indépendante dans toute l’histoire de l’humanité. Certaines personnes le font par pure ignorance , d’autres choisissent cette option dans l’unique but de vilipender et d’orchestrer une campagne systématique de dénigrement vis-à-vis de leurs semblables.
On fabrique donc toutes sortes de nouvelles pour déstabiliser le pays sans se soucier des conséquences que cela pourrait donc entraîner. Facebook , WhatsApp , Instagram et Twitter font le bonheur des uns et le malheur des autres. Haiti en est la grande victime de l’insouciance d’une bonne frange de la société. On fait circuler des images dégradantes du pays , des canulars, des scènes d’horreur.
Tout ce qu’on trouve sur son chemin , on les met à l’affiche sans même tenir compte de la gravité de la chose. De tels agissements portent préjudices à la nation haïtienne à un moment où il est question de redémarrage du pays à tous les niveaux. Les réseaux sociaux font obstruction au travail des médias traditionnels. En un clic , on a accès à tout. On s’improvise reporter et présentateur. C’est du gâchis , purement et simplement.
Formation , déformation , Information , désinformation , intox , c’est le lot du quotidien d’un pays fonctionnant au rythme des nouvelles qui se propagent , à tort ou à raison , à la vitesse de l’éclair. On a du mal à contrôler cela et on ne peut pas s’en passer. L’utilisation à mauvais escient des réseaux sociaux empoisonnent , pourrissent la vie des gens , dans un sens ou dans un autre.
Ça nous tue , ça nous dérange et ça nous arrange en même temps mais ça dépend des objectifs dont on se fixe. On y expose sa vie privée parce qu’on veut faire voir à tout le monde qu’on n’a rien à cacher ; on mène la bonne vie. On fait un post sur un événement en Haiti parce qu’on veut que le monde entier soit au courant de ce qui se passe. On fait répandre une fausse nouvelle sur un citoyen parce qu’on ne l’aime pas pour des raisons personnelles, dans la plupart des cas.
L’effet dévastateur des réseaux sociaux touche tous les secteurs de la vie nationale ; l’Etat n’est pas épargné. Ça circule vite. Ne faudrait-il pas penser à légiférer dans ce cas précis ? Seul sur le territoire haïtien , on n’a aucun contrôle de ce qui se fait , de ce qui se dit sur les réseaux sociaux.
Il y a , aujourd’hui , un réel besoin de fixer les règles du jeu , de déterminer les responsabilités , pour ne plus continuer à nager dans l’incertitude et le désespoir et emprunter la voie de l’auto-destruction.


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