20 août 2026
Lettre ouverte de Wilton Vixamar à Michel-Ange Gédéon, Directeur Général de la PNH
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Lettre ouverte de Wilton Vixamar à Michel-Ange Gédéon, Directeur Général de la PNH

Lettre ouverte au Directeur Général de la PNH

Dimanche 4 novembre 2018 ((rezonodwes.com))–
Monsieur Michel-Ange Gédéon
En ses bureaux

Monsieur le Directeur,




Le 3 novembre dernier, nous avons pris connaissance, par voie de presse, d’un ensemble d’opérations répressives conjointement menées par des unités spécialisées de la PNH et des soldats jordaniens visant à rechercher un présume chef de gang.

Aucun citoyen conscient de l’impact de l’insécurité sur l’essor socio-économique de son pays et des grands défis auxquels se heurtent les autorités conséquentes ne sauraient réprouver des actions visant vraisemblablement à juguler ce fléau et ses corollaires.

Cependant, à moins je que m’abuse, les vidéos et les clichés déferlant sur les réseaux sociaux sembleraient faire état des interpellations massives sans distinction aucune, des contrôles identitaires abusifs, des différentes formes de violences ainsi que des incitations à la migration d’une population marginalisée et vermoulue qui connait toutes les affres de la mauvaise gouvernance ou de la déchéance sociale depuis des lustres.

De tels comportements basés sur des éléments de discrimination sociale portant atteinte à la dignité et à l’intégrité des mineurs, des femmes enceintes, des personnes du troisième âge ou des innocents victimes de l’indifférence des autorités constituent éloquemment une sorte de profilage sociale, et ne sauraient être acceptés même pour des raisons de sauvegarde de la paix et la sécurité publique.




Par ailleurs, la police nationale ne peut pas avoir deux poids et deux mesures. Car jusqu’à présent personne ne sait exactement les actions menées pour ramener par devant son juge naturel, le fugitif Yves Léonard, présumé bailleur du président de la République et ami intime du premier ministre pour les voies de fait et la tentative de meurtre à l’encontre de la mairesse de Tabarre, Nice Simon.

Au moment où la population haïtienne, toutes tendances confondues, tant à l’intérieur du pays que dans la diaspora exigent que tous les grands commis ayant commis des crimes économiques et financiers contre l’Etat haïtien dans le cadre de l’accord Pétro-caribe soient arrêtés, jugés et punis conformément à la loi, ces pratiques répressives, arbitraires et illégales sanctionnées par les droits humains peuvent bien être assimilées à une sorte de dissuasion.

La police ne peut pas avoir comme devise « Protéger et servir » et se permettre de causer autant de dommages moraux, psychologiques et physiques à des franges vulnérables d’une population exploitée, abusée cueillant à pleines mains toutes les ronces de la précarité sociale et économique de notre Haïti.

Monsieur le directeur, j’entends par cette lettre ouverte vous pousser à un exercice introspectif et consciencieux à moins que la PNH s’échappe de votre administration. Une telle situation vous obligerait toutefois d’avouer la vérité à la nation. Aussi longtemps, que vous ne faites pas une telle révélation, nous vous considérons péremptoirement comme directeur général de la PNH.




Pour finir, tout en vous demandant de surseoir à ces pratiques répressives démesurées et injustifiables, nous exhortons la libération ipso-facto de toutes les personnes interpellées injustement. Tout acte arbitraire, illégal et démesuré est contre-productif à la sauvegarde de la paix, de la sécurité et par conséquent à l’essor économique de la nation.

Il est temps que l’institution policière soit élevée à la hauteur des exigences de l’heure. C’est ici, le moment de poser le problème de la prolifération des gangs armés, de la détention illégale des armes à feu, la corruption, les crimes trans-nationaux, l’impunité et l’insécurité à un niveau plus élevé dans les grands débats au niveau du ministère de la justice et de la sécurité publique (MJSP) en vue de juguler cette problématique de manière appropriée.

Patriotiquement !

2018-11-04
Wilton Vixamar
vwilton2002@yahoo.fr

Photo de Wilton Vixamar.
Wilton Vixamar

3 Comments

  • Mario Caonabo 5 novembre 2018

    Reyalite a, verite absoli a sè ke gouvènman an, leta a an jeneral, boujwazi a, politisyen abolotcho yo epi de anbasad etranje se kòz fondamantal pwoliferasyon gang ame yo, ensekirite, enpinite, ak koripsyon jeneralize a. Se yo ki mete peyi a nan eta twou santi charongn la. Ou mande pou ministè lajistis ak sekirite piblik abòde kesyon sila yo. Yo pa kapab paske men yo transe nan gagòt yo tou. Tach istorik Pèp Ayisyen an jounen Jodi a se dechouke, derasinen, rache manyòk, ranvèse moun san konsyans, reyaksyonè, vòlò sila yo nan tout nivo ki alatèt peyi a.

  • paolapitti 5 novembre 2018

    Tres belle lettre, Monsieur Vixamar. VOus etes un vrai intellectuel, cependant vous avez oublie que la « personne  » a qui vous ecrivez, Mikerlange Gedeon, est en fait un primaire, un animal, un illetre, un vendu dont le seul souci est le bas ventre et les vols qui lui vaudront une richesse assuree. Voila a qui vous avez affaire.

  • Bert Monfiston 5 novembre 2018

    Dans d’autres circonstances, disons dans un pays normal, cette lettre aurait interpelé la conscience et ramené au bon sens et la reflexion son destinataire en particulier et lea dirigeants Haitiens en general. Dans ce pays, meme les bonnes actions suscitent le doute car elles s’inscrivent generalement dans le cadre de la politique de conservation du statut quo, de la politique anti petro-proces du gouvernement bananier et de l’obstruction flagrante a la justice et l’etat de droit.

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