Un grand nombre des 17 objectifs de l’Agenda 2030 seront pleinement atteints si la migration est prise en compte. Laisser les migrants en dehors de ces efforts gouvernementaux compromettrait les progrès accomplis dans la réalisation d’autres objectifs, en limitant la couverture et la durabilité des initiatives
Mercredi 28 novembre 2018 ((rezonodwes.com))– Les migrations constituent l’une des questions politiques, économiques, sociales et humanitaires les plus importantes des programmes nationaux, régionaux et mondiaux de ce siècle. Bien que cela semble être un problème, la vérité historique (et je recommande ici de lire le rapport Moving for Prosperity de la Banque Mondiale) est que la migration a été un puissant moteur de développement durable pour les pays d’origine, de transit et de destination, ainsi que pour les migrants. Comment alors faire en sorte que, dans le futur, la migration continue d’être un moteur du développement durable dans le monde ?
En 2015, les Nations Unies ont adopté l’Agenda 2030, un ensemble de 17 objectifs de développement durable (ODD) – déclinés en 169 cibles complémentaires – qui constituent une feuille de route pour amener notre planète vers un avenir plus durable sur le plan écologique et plus prospère pour ceux qui l’habitent.
Ces ODD incluent des cibles spécifiquement liées à la mobilité humaine, tels que faciliter la migration ordonnée, sûre, régulière et responsable des personnes grâce à l’application de politiques migratoires planifiées et bien gérées. Ainsi, la migration apparaît pour la première fois comme une question sur laquelle il faut agir, mais aussi comme un facilitateur clé du développement durable.
L’inclusion de la migration dans l’Agenda 2030 est très important, car les gouvernements du monde entier ont ainsi officiellement reconnu la contribution de la migration au développement durable.
Dans ce cadre, l’Organisation des Nations Unies pour les Migrations (OIM) s’efforce de faire en sorte que les objectifs liés à l’accès des migrants à leurs droits fassent partie des priorités des gouvernements, renforçant ainsi les capacités nationales et régionales pour la collecte, l’analyse et la diffusion de données migratoires.
Un grand nombre des 17 objectifs de l’Agenda 2030 seront pleinement atteints si la migration est prise en compte. Laisser les migrants en dehors de ces efforts gouvernementaux compromettrait les progrès accomplis dans la réalisation d’autres objectifs, en limitant la couverture et la durabilité des initiatives.
Il est encourageant de voir combien de gouvernements intègrent la migration dans la planification du développement local et national. La signature du Pacte Mondial pour une migration régulière, sécurisée et ordonnée, qui doit être signée par la grande majorité des pays membres des Nations Unies le 11 décembre à Marrakech, constitue un grand pas dans cette direction. Cependant, il reste encore beaucoup à faire.
Le lien entre la migration et les objectifs de développement durable va bien au-delà de la mise en œuvre de politiques de migration isolées et implique l’intégration de la migration dans différents secteurs de la gouvernance. Le renforcement de la cohérence entre les politiques de migration et de développement permettra de créer un cercle vertueux qui profitera à nos pays.
Marcelo Pisani,
Directeur Régional de l’OIM pour l’Amérique Centrale, l’Amérique du Nord et les Caraïbes

