En clair, cette campagne de la primature n’est pas un bon signe pour rassurer ni les ménages ni nos producteurs de la paysannerie haïtienne suite aux troubles politiques de la semaine dernière
Lundi 26 novembre 2018 ((rezonodwes.com))– Il n’existe pas de démagogie en économie mais de politique économique bidon et idiote! Cinquante mille (50 000) emplois dans l’assainissement, c’est le chiffre qu’avance la Primature du Notaire Jean-Henry Céant pour démarrer une grande campagne de création d’emplois.
Cette décision vient en réponse à l’aggravation des conditions socio-économiques que connaît le pays depuis ces deux dernières années. Quel Investissement public pour quel type d’emplois? Quel secteur porteur de l’économie? Quelle retombée sur la croissance? Quels revenus pour les ménages sur le court et à moyen terme?
On ne connaît pas encore les sommes disponibles pour investir dans un tel projet sensationnaliste au reflet d’une démagogie politique dont le but serait de calmer les nerfs de plus d’un. A ce qu’on sache, l’économie n’est pas du domaine de l’irrationalité ni du saupoudrage chimérique. Un investissement public reste et demeure un actif en comptabilité générale et cela représente un coût budgétaire qui aurait dû en toute logique servir pour agir sur les indicateurs macroéconomiques de production, de croissance et d’amélioration de la qualité de vie.
L’ assainissement n’est pas un secteur porteur de l’économie ni un domaine stratégique de développement économique. Créer une politique d’emplois autour du ramassage de déchets n’est que le reflet d’une bureaucratie injuste et moribonde de l’Etat central au détriment des collectivités, qui en toute logique devraient recevoir le support financier et logistique pour les opérations des services de voirie et la gestion des déchets en milieu urbain et rural.
En effet, nous avons besoin d’une grande campagne d’assainissement mais investir irrationnellement en négligeant l’agriculture et la production nationale en générale comme secteur d’activité prioritaire et générateur de croissance révèle une maladresse politique et managériale flagrante. Ces fonds pourraient être introduits sur le marché sous forme de crédits à taux préférentiels aux producteurs des produits de première nécessité comme le riz, le mais et le haricot.
Ils pourraient être également investis sous forme de subvention aux associations de coopératives agricoles pour l’amélioration de la chaîne de commercialisation des produits exportables comme le café, le vétiver et le cacao. Ces produits dont leur valeur ajoutée sur le marché international relancerait l’exportation, réduirait la balance commerciale déficitaire, ralentirait la pression du dollar sur notre gourde et contribuerait à une relative stabilité des prix sur le marché local.
En clair, cette campagne de la primature n’est pas un bon signe pour rassurer ni les ménages ni nos producteurs de la paysannerie Haïtienne suite aux troubles politiques de la semaine dernière. 50 000 emplois dans l’assainissement n’auront aucun impact direct à moyen terme sur l’économie et sur la qualité de vie des couches les plus vulnérables.
On aura beau faire de la démagogie politique pour satisfaire quelques clans partisans. Mais en réalité, ce marasme économique et social qui nécessite l’application de vraie politique économique réaliste et rationnelle est loin d’être un agenda gouvernemental concret ayant des politiques publiques viables et efficaces.
Gumais Jean-Jacques, AvMP
jjgumais@gmail.com

