Invitation lancée aux Nations-Unies par Jovenel Moise pour venir encourager un dialogue inter-haïtien ; échec au sommet ?
« Le président ne veut pas de dialogue, sinon il n’aurait pas choisi cinq inconnus pour former son Comité de facilitation du Dialogue », critique ouvertement Anthonal Mortimer
par Hervé Noël
Port-au-Prince, jeudi 4 avril 2019 ((rezonodwes.com))–Le Chef de l’État s’obstine à l’idée de ramener les acteurs politiques, ses plus farouches opposants à la table du dialogue. En sollicitant les bons offices du Secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, pour jouer le rôle de médiateur, Jovenel Moise consolide l’ingérence étrangère dans les affaires de la Respublicae à travers une initiative jugée mort-née par certains avisés.
Mercredi, devant le Conseil de sécurité des Nations-Unies, au sein duquel siège la République Dominicaine, Edmond Bocchit a réitéré « la demande du Président de la République d’inviter le numéro Un de l’Organisation des Nations-Unies à être partie prenante dans le processus de dialogue rêvé ». Cependant pour le directeur exécutif de la Plateforme de Plaidoyer pour un développement alternatif, la demande du Chef de l’État, Jovenel Moise, est « inopportune« .

‘’Le temps du dialogue est révolu. La crise de confiance s’installant entre les acteurs politiques haïtiens est profonde. Convoquer le secrétaire des Nations-Unies dans une telle démarche n’est pas propice’’, juge Camille Charlemers interrogé par Rezo Nòdwès.
Les considérations du co-directeur du Collectif Défenseurs Plus s’alignent sur un exercice pour la consommation médiatique. Pour Anthonal Mortimer, les actions engagées par le Président Jovenel Moise, contrastent avec sa volonté réelle d’entamer un vrai dialogue.
‘’Le président ne veut pas de dialogue. Le choix de cinq inconnus dans le Comité de facilitation du Dialogue qui ne peuvent se parler en sont les indicateurs. Le pays fonctionne sans budget, l’insécurité fait rage. Comment peut-on parler de dialogue dans un tel climat?’’, s’interroge Anthonal Mortimer.
Les prérequis pour engager un vrai dialogue sont encore absents, de l’avis du conseiller de la Génération du Changement global. ‘’L’opposition politique, la population ne se voient dans les initiatives de l’Exécutif. Il y a une crise de crédibilité envers l’instance onusienne. Il faut évaluer toutes les sensibilités pouvant influer le processus, analyse Pierre Robert Auguste, interrogé depuis la Cité de l’Indépendance.
En attendant la fin du mandat de la Mission des Nations-Unies pour l’Appui à la Justice (Minujusth) prévue pour le mois d’Octobre prochain, le pouvoir cherche également à faciliter une transition d’une mission politique à travers une instance onusienne de plus en plus décriée pour des scandales sexuels et la transmission de l’épidémie du choléra en Haïti.
Hervé Noël
veveoel@gmail.com


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