par Marc Donald Orphée
Mardi 19 mars 2019 ((rezonodwes.com))– Il faut avoir l’amour, le patriotisme, le dépassement de soi, la volonté et la force pour diriger une nation.
L’amour, comme force intérieure traite l’homme à son égale dimension, il permet aussi de voir son semblable. Le patriotisme, comme envie de servir le collectif; le dépassement de soi, comme sève d’agissement; la volonté, comme organisation et mise en perspectives des idées tirées d’un judicieux calcul.
L’amour est un génial orgueil, car il permet d’aimer et en même temps de tirer sa révérence quand tout s’écroule. Les indigènes, outre la volonté de sortir de l’esclavage, ont eu cet amour dans leurs projets manifestés d’indépendance.
Le patriotisme est la capacité de dire non à l’arbitraire au bénéfice de sa nation, c’est aussi se mettre au service des valeurs fondamentales sociales et œuvrer dans le sens de l’intérêt collectif. Rosalvo Bobo, Charlemagne Peralte, Amiral Kilick, Raymond Cabêche… ont été de vrais patriotes. Ils ont sacrifié leur vie pour une lutte nationale.
Le dépassement, c’est viser l’avenir en reléguant le passé. Mandela, en 1994, a fait quelque chose d’extraordinaire. Après deux siècles de domination blanche, les noirs ont pris le pouvoir.
Mandela a passé 27 ans en prison pour cette cause. En devenant président, il a pris son bourreau comme son vice président. Parce que, selon lui, le bourreau doit être aussi libéré de son étroitesse d’esprit et de son égoïsme.
La volonté est la maturité de se croire capable de servir. La volonté ne suffit, car elle peut se révéler aussi très dangereuse. Albert Camus a pensé que la volonté mal cadrée, mal ordonnée,mal agencée est pire que la méchanceté.
Nous perdons toutes ces facultés (la volonté, le dépassement…) dans la conduite des affaires de l’Etat et dans les mailles inextricables de nos assagissements quotidiens . Nous sommes devenus l’abîme. De nos jours, les vrais héros nationaux sont dans la littérature, dans la fiction, pas dans l’action.
Et le corps social haïtien disparaît.
James Marc Donald ORPHÉE


1 Comment