30 septembre 2026
Affaire PetroCaribe – Considérations juridiques sur les conclusions du Parquet! par Me Sonel Jean-François
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Affaire PetroCaribe – Considérations juridiques sur les conclusions du Parquet! par Me Sonel Jean-François

Me Sonel Jean-François, ancien Directeur Général de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) et ancien Juge d’instruction au Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, contrairement à Me Samuel Madistin de la Fondation Je Klere, estime que le procès de PetroCaribe a été bien engagé 

par Me Sonel Jean-François

Plus de deux mois après avoir reçu communication du dossier de l’enquête sur la dilapidation du fonds Petro Caribe pour son réquisitoire d’informer, le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince a retourné le dossier au Cabinet du Juge d’Instruction Paul PIERRE avec ses conclusions. A travers ses conclusions, Me. Ocnam Clame Daméus requiert le magistrat instructeur de surseoir à instruire, en attendant la décision de La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux administratif saisie par le Sénat de la République pour enquêter sur la gestion des anciens dignitaires épinglés dans les rapports des deux commissions sénatoriales présidées respectivement par les sénateurs Youri Latortue et Evallière Beauplan.




D’aucuns se questionnent sur l’attitude que doit avoir le cabinet d’instruction vis-à-vis de ces conclusions, lesquelles ne constituent pas un réquisitoire d’informer dans la forme classique. Que valent ces conclusions au regard du droit ? Le Juge d’Instruction est-il tenu de les accueillir et de surseoir à l’enquête ? Doit-il plutôt passer outre à la demande du parquet et poursuivre l’instruction de la cause ?

En réalité, l’acte de conclusions du Parquet peut être assimilé à un réquisitoire de non informer qui n’est pas prévu dans le droit positif haïtien ( par le code d’instruction criminelle). Conséquemment, la législation pénale haïtienne est muette quant à l’attitude que devrait avoir le juge d’instruction en pareil cas. Cependant, devant le silence de la loi, le juge doit trancher. Il devra se référer à la jurisprudence et à la doctrine, deux autres sources du droit.

Que disent la jurisprudence et la doctrine en cette matière ?
Dans son ouvrage titré ‘’ Le Juge d’Instruction, Théorie et Pratique de la Procédure’’, M. Chambon avance :’’ La faculté discrétionnaire accordée à la personne lésée par une infraction pénale, de mettre en mouvement l’action publique par sa plainte avec constitution de partie civile, est un moyen pour elle de vaincre l’inertie du ministère public. Cette plainte avec constitution de partie civile a les mêmes effets que le réquisitoire introductif et saisit le juge d’instruction avec la même force. Ce dernier est donc obligé d’instruire sur une telle plainte. (Le Juge d’Instruction, Théorie et Pratique de la Procédure, M. Chambon, p. 122)




Le professeur Jean Pradel, lui, va plus loin en soutenant dans son livre ’’ Procédure Pénale :’’ Lorsque la constitution de partie civile a lieu par voie d’action, elle entraîne en même temps la mise en mouvement de l’action publique…En conséquence, le juge d’instruction qui reçoit une telle plainte, et qui, on le sait, doit la communiquer au procureur de la République aux fins de réquisitions, est donc en principe tenu d’instruire, même si le réquisitoire conclut qu’il n’y a pas lieu de procéder à une information (Procédure Pénale, Jean PRADEL, 8eme édition, p.464)

La jurisprudence abonde dans le même sens. Dans un arrêt rendu le 28 mai 1925, la Cour de Cassation française a décidé ainsi qu’il suit : ‘’ Le juge d’instruction devait non seulement informer, malgré les réquisitions contraires du parquet, encore inculper la personne nommément visée dans la plainte’’.




Somme toute, le cas dont nous faisons allusion est réglé par la jurisprudence et la doctrine, deux sources du droit. Etant saisi par des plaintes avec constitution de partie civile, donc par voie d’action, le juge d’instruction désigné suite au déport du magistrat Paul PIERRE devra, au regard des considérations ci-dessus, poursuivre l’instruction de l’affaire, en dépit des conclusions du commissaire du gouvernement tendant au sursis de l’instruction.

Sonel Jean-François, Avocat
Ex-Juge d’Instruction au TPI de Port-au-Prince

3 Comments

  • Carl 12 novembre 2018

    Bravo Me Sorel!

    Ma question est de savoir: les références choisies par Me Sonel, concernent-elles Haïti?

  • Victoria Siete 12 novembre 2018

    Cher Maitre, soyez plus clair. Vous parlez de Cour de Cassation francaise, vous citez le droit francais, pourquoi ne citez vous pas des sources du droit haitien ? Que dit la legislation haitienne ? Soyez direct pour eviter toute confusion. Merci.

  • Patrick Princivil 12 novembre 2018

    Tout sé labouyi pou Chat!

    Nou pap jwenn jistis ak kolonn makou Chat sa yo; sak fè yo pat banou jistis dépi an 2008 la?

    Moise Jean Charles gen rézon.

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